Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 14:29

Sortie : juin 2011

Label : Ad Noiseam

Genre : Thrash metal, death metal, drum&bass, dubstep, hip-hop, reggae, stoner, doom, mashup, breakbeat, dub, dance-hall, indus, noise postcore...

Note : 7,5/10

 

… n’en jetez plus ! Les lecteurs réguliers de Chroniques savent qu’un des rares labels qui a pour inamovible profession de foi de faire cohabiter tous ces genres en un seul style innommable s’appelle Ad Noiseam, écurie abritant des formations déjà cultes ou formidablement prometteuses, telles que Bong-Ra, The Kilimanjaro Darkjazz Ensemble, Igorrr, ou bien Niveau Zero, DJ Hidden, Matta, etc. Le label de Nicolas Chevreux livre son dernier coup d’éclat avec ce Sound of Hell, premier LP du groupe Wormskull. Ce mini all-stars band est principalement composé de trois lurons, mais semble reposer sur le génie malade du Hollandais Jason Köhnen, déjà à la tête desdits Bong-Ra et Kilimanjaro Darkjazz Ensemble. Il n’en est pas moins accompagné ici de Mike Redman, MC régulier pour Bong-Ra et producteur du mésestimé breakcore de Deformer, ainsi que de Balazs Pandi, affichant deux récentes collaborations avec l’inénarrable Japonais Merzbow, et qui s’occupe ici des programmations drums.

 

Un track semble particulièrement refléter l’esprit de ce Sound of Hell : le bien nommé Deformer Style. Tout s’y résume. Le morceau commence par un plan doom bientôt accompagné par un flow hip-hop désincarné et des gimmicks du genre (ces mecs scratchent sur du doom, il faut le savoir !), le tout allant s’intensifiant jusqu’à déboucher sur une drum&bass déchaînée couverte par les riffs lents et guturaux des guitares doom. Promis, il y a sur ce morceau de quoi provoquer un AVC à n’importe quel puriste de metal, hip-hop ou techno ! Tout le disque est pourtant construit ainsi, en enchevêtrements adroits de styles radicalement opposés, avec un soin et une audace remarquables.

Ce qui surprend finalement le plus dans ce télescopage d’influences, c’est l’emploi de cette batterie absolument omniprésente, et dont on ne saurait dire s’il s’agit d’une batterie réellement enregistrée puis trafiquée et overdubée, ou bien d’une drumbox au son volontairement kitsch. Mais le tour de force est de parvenir à rendre avec des plans batterie typés metal absolument tous les genres rythmiques présents sur la galette. Et croyez-moi, réaliser de façon crédible un dubstep rageur avec une batterie qui sonne metal, c’est costaud !

Si les flows successifs du MC peuvent parfois laisser perplexe (notamment sur Deadlocks), il ne faut pas négliger la dose d’humour et de kitsch présente tout le long du disque. Samples de films, du Zapping de Canal+, bruits de pistolets lasers pour enfants, gimmicks débiles typés drum&bass cachetonnée (Stereokillah) ou tout simplement court délire breakbeat, Wormskull ne laisse que rarement votre oreille décrocher, en l’attirant par un ensemble foisonnant de trouvailles sonores de plus ou moins bon goût, mais toujours assez attractives.

Si la plupart des compos sont basées sur des parties metal qui rappellent volontiers des classiques du thrash (on jurerait que le morceau Do it ! sample un riff du cultissime Raining Blood de Slayer), du death (à la Obituary, mais mélangé à du son dance-hall et drum&bass (!) sur Ori Ede), ou d’un stoner/doom que ne renieraient pas Electric Wizard (Nosebleed, Downer, Corpsefucker), certains titres lorgnent avec inspiration vers d’autres horizons. Ainsi de Woody Strode, reprise dubstep/doom hallucinée du classique d’Ennio Morricone Man with the Harmonica, ou de l’éponyme Wormskull traversé de violentes envolées de guitare postcore noisy du plus bel effet.

 

L’exercice du patchwork musical est toujours extrêmement risqué, car l’équilibre entre des genres si hétérogènes relève d’un art occulte. Wormskull, à n’en pas douter, recherche la pierre philosophale, et si ce disque n’offre pas encore l’alchimie tant attendue de l’eau en Guinness, nul doute cependant que les recherches n’avancent à grands pas ! Pour les amateurs ouverts de curiosités contemporaines.

 

http://images.junostatic.com/full/CS1771747-02A-BIG.jpg

par Pingouin Anonyme

Partager cet article

Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article

commentaires

Back 04/08/2011 15:06


Excellente surprise que cet album qui maintiens un bon punch du début à la fin !