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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 22:57

Sortie : avril 2012

Label : Hibernate

Genre : Drone, Ambient, Field Recordings

Note : 8/10

 

On n'en finit plus de parler de la mise en sommeil du label Boltfish de Wil Bolton, où il officie en tant que Cheju. Même si certaines releases étaient plus qu'appréciables, on ne va pas se plaindre de cette diversification, tant la musique du Sieur Bolton a pris une nouvelle ampleur depuis qu'il s'est mis au drone. Remarqué par des maisons sérieuses comme Hibernate, Time Released Sound et bientôt Home Normal, Wil ne s'est jamais montré aussi prolifique. Même si certains critiqueront le fait qu'il sort peut-être trop d'albums en si peu de temps, nous n'allons pas gâcher notre plaisir de le retrouver encore.

 

J'avais déjà été impressionné sur Quarry Blank (ici) et Time Lapse (ici), par la faculté troublante que possède le britannique pour capturer des instants beaux et statiques, et pour re-donner vie en musique à des moments qu'il a vécu ou à des paysages qu'il a contemplé. Under A Name That Hides Her, titre d'album puisé dans L'espace Littéraire de Maurice Blanchot, ne déroge pas à ce glorieux schéma qui a fait ses preuves, avec peut-être un aspect encore plus fragmenté, nostalgique et romantique que par le passé. Wil Bolton nous offre donc ici, une ballade qui trouve son chemin hors des sentiers de l'amnésie.

Sa guitare n'a probablement jamais été autant et si bien utilisée, noyée dans des field recordings de toute beauté. La saisissante impression que ses pérégrinations musicales furent suivis par les oiseaux amplifie cette dimension si contemplative et féerique. L'infusion, d'ondes et de textures en clair obscur, se diffuse dans les canaux auditifs comme un collyre réparateur.

Si ses voyages sont multiples dans leurs destinations, c'est définitivement lorsque il évoque la notion de déclin de lieux jadis splendides qui ont aujourd'hui céder au désert et à la désolation qu'il se montre le plus sensible et pertinent. Voilà pourquoi Dissolve et Passing, les deux derniers titres de l'oeuvre, revêtent des habits si particuliers et si saisissants. L'impression d'errer dans les High Lands d'Ecosse ou au milieu des ruines d'une forteresse galloise. Mais même quand il trace une tonalité peut-être moins occidentale (dans la texture du moins) sur Clearing, des lignes croisées sur le céleste et atmosphérique Skyview ou des tranchées plus contrastées et un poil plus sombres sur Blackpoint (et sa mystérieuse source éternelle), il parvient à transmettre autant de visions et de reliefs musicaux. 

Il y a dans l'approche de la musique de Wil quelque chose de divinement affectueux. Comme lorsque on constate l'humilité essentielle d'un réalisateur filmant ses acteurs dans leurs moments les plus humains, Wil évoque des sites et des lieux pour effectuer un hommage, comme un devoir de mémoire. Souvenons nous de son précédent Quarry Bank, et du regard aimant et nostalgique qu'il portait sur ce que fut l'industrie textile des West Midlands. Cette tendresse et cette nostalgie sont encore là, même si la teneur est peut-être encore plus personelle et un peu plus abstraite.

 

Avec Under A Name That Hides Her, Wil Bolton nous rappelle qu'il fut également un enfant de Liverpool dans les années 80 et pendant l'épopée des groupes à guitares. Le définitif caractère humain et charnel qu'il transmet à son drone fait de sa musique un bienfait, pour l'âme et le corps. Mais parce qu'il est pressé à 200 exemplaires par Hibernate, tout le monde ne pourra en profiter. La patience n'est donc pas toujours une vertu.

 

http://www.fluid-radio.co.uk/wp-content/uploads/2012/05/cover1.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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