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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 14:16

Sortie : novembre 2010

Label : Hibernate Recordings

Genre : Ambient, Drone

Note : 8/10

 

Nos plus fidèles lecteurs et les mélomanes de bon goût en général, auront peut-être reconnu derrière ce nom véritable, Wil Bolton, le side project du génial Cheju. Oui Cheju. Celui qui dirige d'une main de maître avec son comparse Mint la maison britannique Boltfish. Celui qui a pondu de splendides albums d'IDM ou d'électronica organique comme Broken Waves ou Waiting For Tomorrow. Sans délaisser la maison Boltfish, il a choisi de sortir ce très ambient et très drone Time Lapse sur le label trop rare mais référent en la matière : Hibernate Recordings. Cet album s'annonçant forcément comme son oeuvre la plus personnelle, nous nous devions de vous en livrer notre humble témoignage.

 

Time Lapse est un album magnifique. Derrière son artwork à la fois austère et bucolique se cache un potentiel émotionnel rare. Le terme introspectif, bien trop souvent fourvoyé et placé un peu partout, trouve ici toute sa signification. Même si jamais rien n'est dérangeant dans cet album, force est de constater que Wil Bolton livre ici sa part la plus sombre et la plus mélancolique. Le sublime Falling Away d'ouverture illustre la percée du soleil aux premières heures de l'aube. Rassurant et chaud, il évoque des dégradés que seules les aurores boréales recèlent. A l'opposé de ça, l'exceptionnel Collapsed Chimes fait figure de miroir givré et déformant, mettant dos à dos les doutes et les certitudes de celui qui pensait contempler sa propre noblesse. Simplement bouleversant. Les textures s'électrisent sur Corrosion, avec ses cordes et ses drones enveloppant. Puis vient Slate, fresque qui représente le mieux l'ambivalence du disque. Entre ombre et lumière, on est plongé dans un coma végétatif vers une forêt mystérieuse et inquiétante où le moindre sursaut fait office de stigmate sur le ressenti. Qu'on fasse taire ce corbeau, son croassement est inquisiteur. Si Substation, Nylon et Mureung sont fait du même bois et de semblables field recordings, ils n'atteignent pas les sommets des titres précédemment cités. Et encore moins du spectral et brumeux Closures & Delays de fermeture, chef d'oeuvre du genre que peu de mots sont aptes à décrire.

 

Au creux d'un cristal carillonnant ou observant le flux et le reflux sur une plage déserte, le spleen est partout. De même qu'une permanente ambivalence dans les émotions transmises. Le sieur Bolton a probablement été puiser au plus profond de lui même et de son inconscient pour retranscrire une oeuvre comme celle-ci : fiévreuse et ô combien personnelle. On imagine bien, comme l'acteur peinant à sortir d'un rôle difficile, Wil Boton encore transi et imprégné par cette troublante composition. A écouter seul et dans le noir.

 

http://www.staticsound.net/content/pictures/Time%20Lapse.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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