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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 08:29

Sortie : 24 décembre 2010

Label : Raumklang Music

Genre : IDM, Dark Ambient, Indus, Noise

Note : 8/10

 

Raumklang Music. Si le nom de ce label n'est pas encore sur toutes les lèvres des férus d'IDM et de musiques électroniques expérimentales, ce n'est qu'une question de temps. Après l'auguste premier album d'ar.Muta (chroniqué ici), Raumklang publie le 24 décembre dernier la compilation Snowflakes. Le boss de la maison allemande, Dirk Geiger (interview ici), est allé trouver du beau monde chez Ant-Zen, Tympanik, Hymen Records, etc. qu'il mêle à des artistes de chez lui. Tapage, Anklebiter, Keef Baker, LPF12, Access To Arasaka, Lucidstatic, Nanoptiq, Klangstabil, ar.Muta, etc. sont les acteurs de ce monument sonore, à la gloire du glitch, de l'expérimentation, des ténèbres et des flocons.

 

Découvrir cette compilation dans la nuit du 24, fenêtres donnant sur des champs enneigés, est un choc difficilement délébile. Mais si elle fait référence à la blancheur poudrée de l'hiver, Snowflakes n'a pourtant rien d'immaculé. Aux tourbillons neigeux se confondent des nuées de poussières radioactives, l'air crépite en permanence de grésillements propres à s'embraser, et les nappes compactes et parasitées évoquent de vides paysages spatiaux, balayés par les vents stellaires. Des soundscapes enivrants, des balafres rythmiques et une poésie crépusculaire flottent et hantent l'entière compilation. L'auditeur, tétanisé, devient le jouet d'éléments qui le dépassent. Pris au coeur d'un orage magnétique, il observe les décors se succéder, plus imprévisibles et violemment sublimes les uns que les autres.

L'oeuvre s'ouvre sur une onirique ascension. Dans des panaches de fumée, on croirait voir dans le Gilb de Klangstabil l'ombre d'une mince fusée quittant la Terre. Puis, vient la plus belle chose qu'il m'ait été donner d'écouter depuis un sacré moment. Les mots font cruellement défaut pour décrire Unfold de Tapage. Il y est question de rythmes courbes et froissés, comme Tijs Ham sait si bien les construire, et de beauté pure, transperçante, réveillant d'inconscientes fêlures. Forcément lorsque Lucidstatic se pointe, le voyage prend une dimension plus écorchée. Abrasive tornade qui maltraite les vertèbres, All At Once plonge dans l'indus trempé de noise. Mais, à l'image de son Symbiont Underground (ici), c'est dans l'injection de (très) brèves phases d'ambient que Lucidstatic révèle son génie. Le brouillard crypté s'épaissit avec Svart1 (Der Schnitter), les nappes noisy s'étendent à n'en plus finir, et on a les yeux qui piquent. La troublante intervention de A Bleeding Star, autrement connu sous le nom d'Alex Goth, ne sera pas celle qui nous ramènera à la surface. Pièce de dark ambient littéralement hantée, While Blazed... (le titre fait une quinzaine de mots) est tissée de drones mouvants, et d'une brume électrique insondable, qu'une incorruptible guitare acoustique guide vers les bas-fonds. Et la fin laisse sincèrement présager une attaque extra-terrestre. Plus loin, l'immense Telestar d'Access To Arasaka joue de la harpe avec nos tripes, scintillant de noirs échos numériques, tandis que Hotaru Bay prodigue enfin quelques gouttes de lumière, avec le délicat et très beau Firefly Reject. Citons enfin l'épique Make It Better d'Anklebiter, le bouleversant In A Place Were Fear Resides de LPF12, ainsi que le remix de Dirk Geiger du Sealed Envelope d'Autoclav1.1, ensorcelant titre de clôture, parcouru de chuchotis plus qu'effrayants.

 

Le catalog sampler 2010 de Raumklang Music est un objet envoutant, instable, sidéral et sidérant. Une odyssée entre hiver terrestre et hyper espace. Compter dorénavant avec Raumklang paraît indispensable, et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, cette fulgurante compilation est livrée gratuitement, ici. Foncez, bordel.

 

snowflakes-cover-net.jpg

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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