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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 18:17

Sortie : 26 mars 2011

Label : Chase Records

Genre : IDM, Dark Ambient, Breakcore

Note : 8/10

 

Chase Records est un netlabel français, basé à Saint-Etienne et dédié à la musique électronique dark et/ou violente, allant de l'ambient à l'indus hardcore, en passant par l'IDM ou le darkstep. Ce collectif malheureusement fort confidentiel attire aujourd'hui l'attention en sortant une compilation pour le moins singulière. Plus qu'une sélection de titres divers, Desolation représente un monstrueux pavé, comptant trois albums digitaux, dont chacun des titres tourne autour du thème de la désolation. C'est colossal, éreintant et franchement assez génial.

 

L'objet se divise en six chapitres, visant à décrire les différents stades de la dévastation. Après le calme précédant la tempête viennent les signes avant coureurs, auxquels succèdent la tourmente puis la destruction. Le néant et le nouveau monde achèvent le cycle. Autant être honnête, hormis FluiD, excellent producteur américain (interview ici), aucun des ces 30 noms ne m'est familier. L'excitation n'en est que plus grande à l'heure de plonger dans cette abyssale descente aux enfers. L'écoute d'une traite de cette compilation s'avère plus physique encore que celle du dernier double album de Lucidstatic (chroniqué ici). Desolation est un trip mortifère, trois heures durant lesquelles l'IDM moribonde se substitue au dark ambient le plus terrifiant, une parenthèse glaçante qui vous balance, à vous pauvre victime, des décharges de drum'n'bass mutante comme des gifles de rythmic noise chauffé à blanc.

Le disque 1, qui transcrit les prémices du tourment et de la ruine, est ahurissant de beauté. Etat de grâce où l'on feint de croire une dernière seconde à la clémence d'une foudre latente, cet épisode, suspendu entre deux eaux, se révèle superbement mis en musique. Ritournelle de Larsp, le titre d'ouverture, touche littéralement au sublime. IDM organique au beat froissé et lentement pulvérisé, cette introduction désenchantée est lacérée des sanglots d'un violoncelle déchirant. Le dubstep rampant et vicelard de Somtek et le Manwise de Babylon Disco (ne pas se fier au nom) sont d'une qualité tout aussi admirable. Légèrement sonné et la tête pleine d'une fumée épaisse, c'est Nano.strike qui nous assènera le premier direct du gauche. Son Humanity At Random déploie des sons écorchés et midtempo sur une première moitié, puis progresse vers un brouillard de noise tempétueux et assassin. Et ça c'était "Calm Before The Storm"», imaginez la suite.

"Early Warning Signs" est bâti de breakcore en fusion cellulaire, d'indus technoïde et de dubstep lourd et vrillé, qui n'a de joyeux wobble que ce que son nom peut présupposer. De La Strychnine Pour Taire Sa Désolation nous propose obligeamment Syndrôm. Comme c'est aimable. Mais on en aura besoin, car le pire est bel et bien à venir. N'étant que peu friande de power electronics et autre speedcore, le second album n'emportera pas ma préférence, mais force est de reconnaître qu'il y a de l'intelligence dans le pilonnage et des effets libérateurs à la désintégration. Papa Damballah de l'Italien Hyena est une parfaite tuerie par exemple, qui après avoir tapé consciencieusement pendant cinq minutes, lâche une d'n'b frénétique et jubilatoire. Wreck de Edgeist, par contre, frise l'inécoutable. La furie, la rage et le démantèlement perdurent ainsi pendant une heure, sur "The Tempest" et "Destruction". On pourrait croire que le plus harassant est passé. Que nenni. Le troisième disque, tissé de drone et de dark ambient, s'avère de loin le plus redoutable. Son premier acte, "Wastelands", est hanté par le spectre de Lustmord. Sur une trame blême et sépulcrale, réfutant toute idée de rythme ou de mélodie, s'élèvent des bruits de portes de cachots, de respiration hachée, de fenêtres qu'on explose et de pas de fuyards. Sincèrement, écouter Glacial Asylum de Synaptic Necropolis avant de s'endormir, est une des choses les plus traumatisantes au monde, et le meilleur moyen de faire les pires cauchemars (ce qui pour ma part, n'a pas loupé). Quant à "A New World", c'est à ce demander s'il est plus accueillant que le chaos l'on vient de quitter. La dévastation laisse des traces. Des langues de magma noir entachent les alentours, et il faut puiser dans les réserves d'humanité pour reconstruire, avancer, et tabasser, encore et encore. Chose que Nick R 61 et Wsicko, qui clôturent la compilation, font avec fureur et brio.

 

Il manque des mots pour décrire l'expérience que représente Desolation. Plus qu'un uppercut, qu'un parcours initiatique ou qu'un voyage sonore, cette compilation doit se vivre pour être comprise. Le monstre est d'ailleurs livré gratuitement par Chase Records sur leur site. Si l'ingestion n'est pas forcément aisée, la quantité de tueries absolues qui ressort de Desolation vaut tous les détours. Et lorsque, le coeur au bord des lèvres, on prend conscience de la profondeur du précipice, faire machine arrière est impossible. Ce serait trop facile.

 

R-2790855-1301169795

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

SEN 12/05/2011 09:16


Voilà une compil qui porte bien son nom... Le morceau de Mental D-struction du disc 2 fout littéralement la trique... Merci pour la découverte...


Benk2000 19/04/2011 14:59


Le "we have forgotten" de Arrhythmia sur le disque 2 est une tuerie.
Énorme comme compil mais à ne pas mettre entre toutes les mains sous peine d’être prit pour un barge ...


Chroniques électroniques 21/04/2011 16:11



Je suis on ne peut plus d'accord avec toi.



YyrkoOn 15/04/2011 19:50


Copieux et passionnant ! merci pour la decouverte.