Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 20:54

Sortie : Janvier 2012

Label : Self-release

Genre : Dark Ambient, Drone, Electroacoustique, Field Recording

Note : 8,5/10

 

Cela fait bientôt deux mois que je traîne l'album d'Uncertain, ne sachant pas comment aborder une chronique d'un style que je connais très mal : l'Ambient.  Florian-Ayala Fauna est américain et réside en Californie. L'artiste se débrouille aussi dans l'art visuel, il dessine, peint et réalise des collages. Aether: musick for moths est le dernier volet de la trilogie entamée par Glass Fawns et suivi du second opus Seahorse (Abyssopelagic). Les trois sont en mode full gratos ou plutôt, pardon, au prix de votre choix sur Bandcamp. Les papillons de nuits sont au rendez-vous. L'oeuvre commence avec la métamorphose de la chenille en papillon et nous mène progressivement vers le destin tragique de cette vie éphémère. Les rayons de l'aube laissent entrevoir les quelques poussières restantes d'un voyage au bout de la nuit pourtant merveilleux.

 

Les compositions sont très dynamiques dans un genre qui manque parfois de mouvements. Des bruits, des collages, issus d'une source inconnue, rythment avec brio les compositions en mimant battements d'ailes et univers nocturnes. La notion de profondeur de champs s'applique aussi à cette fabuleuse musique happant l'écoute sur plusieurs plans, dans un espace empli de cette ambiance sonore cinématographique contemplative. L'ambient d'Uncertain dépayse relativement peu surtout pour ceux déjà assidus à ce genre d'expérience. Les sonorités organiques brèves sont croisées avec les synthés aériens, inarrêtables dans leurs courses. Où se situe la limite entre espoir et désespoir, entre ténèbre et lumière ? Il y a parfois quelques éclaircies, mais j'ai tenté l'expérience de l'album en pleine journée et croyez moi, c'était inintéressant en comparaison des écoutes obscures et somnolentes d'après minuit.

Chaque track exprime une partie différente de la routine de vie d'insecte. Ascending restera pour moi le morceau le plus envoûtant de l'album, englobant l'espace comme une musique en trois dimensions. J'ai cru pouvoir m'envoler 5 minutes, le temps de devenir con comme un papillon et de prendre pour cible la moindre source lumineuse. Cet album est tellement bien foutu qu'il vous rendra schizophrène. L'hypnotisme de la musique s’accorderait avec les images du cinéaste Béla Tarr dont Uncertain à l'air de beaucoup apprécier le travail. La musique illustre des paysages ravagés par la pauvreté et le désespoir humain où subsisteraient cependant des espèces animales d'une naïveté dont nous avons toujours été jaloux. J'ai envie de me barrer de la ville et de partir à la campagne pour revoir mes amis de la forêt. Quand je verrai ces éphémères voler sur mon chemin, je me rappellerai des sons de ta musique Florian.

 

Cet univers addictif célèbre la vie et la mort dans un chef d'oeuvre enivrant, riche et détaillé de Dark Ambient, suivant les traces d'un papillon de nuit étape par étape. La beauté de l'album tient à la crédibilité du concept parfaitement explicite et réussi. Il ne reste plus qu'à essayer de sauter du balcon, et de voir si les ailes qui ont poussées dans la nuit sont enfin aptes à être utilisées. Satisfait ou remboursé dirat-on, mais je vous rappelle que l'album est gratuit ici. Attention ! Aether: musick for moths crée de l'insomnie chez le patient. Préparez-vous à naître et mourir en une nuit.

 

http://f0.bcbits.com/z/23/42/2342629969-1.png

      par Pneu Rouillé

Partager cet article

Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article

commentaires

Industriality 09/04/2012 00:50

Je ne connaissais pas l'artiste, l'album est vraiment bon, surtout comme tu le précisais lors d'écoutes nocturnes.

Le morceau Nycteridae Rising m'a vraiment donné la chair de poule (dans le bon sens du terme)...

Merci pour tes superbes chroniques.

TechNono 08/04/2012 00:01

La douce noirceur de ce chef d’œuvre est hypnotisante (en écoutes nocturnes ;)).

Je suis complétement d' accord avec toi quand tu dis: "La beauté de l'album tient à la crédibilité du concept parfaitement explicite et réussi". Chaque titre donne vraiment une ligne directrice à
l'imaginaire de l' auditeur. Le rendu est très visuel.