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22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 00:01

Sortie : février 2012

Label : Bureau B

Genre : Electro-acoustic, Electronica, Ambient, Shoegaze

Note : 8/10

 

Musicien de renom, Ulrich Schnauss est un compositeur allemand qui s'est illustré par des oeuvres d'électronica éthérée, mêlant l'ambient et le shoegaze. Marqué par Cocteau Twins, Tangerine Dream et My Bloody Valentine, il commence sa carrière à milieu des années 90's sous des alias tels que View To The Future et Ethereal 77. Il est aujourd'hui à son cinquième album parus sous son vrai nom, parmi lesquels des bijoux impondérables de l'ordre de A Strangely Isolated Place, sorti sur le label City Centre Office. Mark Peters est l'une des deux têtes pensantes du groupe de dream pop shoegazée Engineers, qui compte nul autre que ledit Ulrich aux claviers. Ce dernier, après un album en collaboration avec Jonas Munk, invite Peters à la guitare et à la basse, pour un Underrated Silence très attendu, sorti chez l'hambourgeois Bureau B

 

Cet album sonne comme une déclaration amoureuse à la nature, louant l'exaltation des sens que prodiguent les espaces vides et vastes, montagneux, végétaux et piquants. Il est en cela d'abord, infiniment romantique. Les premières incursions aux confins de Underrated Silence sont aussi déstabilisantes que l'odeur si fraîche de l'air lorsque l'on met plusieurs dizaines de kilomètres en soi et la ville. A titre de précision : je m'efforcerai de ne pas démultiplier dans cette chronique les métaphores botaniques, aériennes etc, probablement sans y parvenir. 

Pures et hautement oxygénées, les orchestrations sont la clef de voute de l'équilibre que questionnent les deux musiciens, le temps de 54,5 minutes. Confèrent un sentiment d'urgence doucement euphorique, les cordes de Peters s'entremêlent aux stratifications mélodiques construites par son compère et les constelle de cendres chatoyantes. Les beats, ténus mais sophistiqués, semblent enrobés d'une gangue de givre. L'identité et la passionnante finesse d'Ulrich Schnauss n'est en rien voilée. Les qualités individuelles de chacun siéent admirablement à celles de l'autre. S'éloignant -  un peu seulement - des tournures teintées de post-rock qui pouvaient caractériser les oeuvres de l'Allemand en solo, la musique des deux s'accorde sur des mélanges de compositions électro-acoustiques languissants, d'électronica et d'ambient charnel, teinté de nuances de pop sombre et avant-gardiste. Car les souffles qui hantent Underrated Silence ne correspondent en rien à de radieux alizés. Suggérant la mélancolie dans ce qu'elle a de plus vibrant, la douleur qui s'apaise pour l'instant d'après rejaillir, béante, mais aussi la douceur de sentiments plus humbles, le caractère émotionnel de l'album semble le premier fondement de sa nature romantique. Comment qualifier autrement l'introduction fleurant bon Boards Of Canada de Yesterday Didn't Exist, ses longues nappes absentes semées d'une grêle cristalline, et son évolution en complainte émaillée et crève-coeur ? Sans hasard, les morceaux qui m'épinglent le plus restent les plus noirs, bien que rien au sein de ce très beau disque ne semble intégralement désemparé. Les épanchements, pourtant plombés, du sublime Ekaterina se changent en lumineuse quiétude, une fois leur paroxysme atteint. Je demeure un brin moins sensible à une pièce telle que Rosen In Aspalt, qui m'évoque (argh) Beirut et consorts. Citons par ailleurs la grâce de l'intervention de Judith Beck sur Forgotten, son timbre de vestale désillusionnée et son jeu de guitare touchant et moelleux. Les mélodies d'Ulrich Schnauss et Mark Peters dégagent un je-ne-sais-quoi d'intemporel. Ainsi les dialogues instrumentaux des cordes et du piano de The Child Of The Pigeon le placent quelque part hors du temps.

 

S'il y a des silences sous-estimés, il y a des disques dans lesquels on ne se plongera pas assez. Ode aux espaces vides de nature humaine, Underrated Silence est un album fait de dédales organiques et d'émotions pures. La collaboration entre les deux musiciens a enfanté d'une très belle oeuvre, émouvante et recommandée. 

 

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par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Cornell 22/02/2012 19:41

Excellent