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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 16:55

Sortie : septembre 2010

Label : Ant-Zen

Genre : Tribal, Ambient

Note : 7,5/10

 

Le projet Tzolk'in naquit en 2004 sur le label marseillais Divine Comedy. Unis par leur goût pour le dark-ambient, l'industriel et l'IDM, le belge Empusae (Nicolas Van Meirhaeghe) et le français Flint Glass (Gwenn Trémorin) décident de tenter de retranscrire en musique leur intérêt mutuel pour les cultures mésoaméricaines et tous les fantasmes qui les entourent. Le premier album éponyme et Haab' (paru chez Ant-Zen en 2008) s'intéressaient plus particulièrement à la civilisation maya et à son mystérieux calendrier. Les deux acolytes remettent le couvert ces jours-ci, toujours sur  Ant-Zen, avec ce Tonatiuh, nous immergeant cette fois-ci en plein coeur de la civilisation aztèque.

 

Le modus operandi reste le même, Empusae se concentrant toujours sur la démarche de "soundscaping" tandis que Flint Glass s'affaire à composer les rythmiques. Avec deux pareilles pointures, on a pas de mal à se laisser envelopper pleinement par le projet. Les visions chimériques sont légions : temple en pleine jungle, cérémonial de solstice, sacrifice en l'honneur du dieu soleil... Même si certains historiens contestent le goût de Quetzacoatl pour les sacrifices humains et l'anthropophagie, on a sévèrement tendance à y croire à l'écoute des sublimes et terrifiants Mictlantecuhtli et Tezcatlipoca. On est presque tentés d'oublier tout ce que l'on pensait savoir à propos des musiques électroniques tribales et industrielles tant les deux compères parviennent à donner une vision terriblement réaliste à l'ensemble de l'oeuvre. L'union entre les rythmes compressés et des percussions martiales aux sonorités bien plus naturelles est plus que bluffant. On a presque envie de refaire l'histoire, imaginant Hernan Cortès se faire rôtir le cul par Moctezuma et ses troupes tandis que le dieu Quetzacoatl se fend la poire sur son radeau de serpents en pensant à comment se venger de Tezcatlipoca, qui est censé l'avoir contraint à l'exil. Bref, je vais tenter d'éviter de me prendre pour le Eric Zemmour de la civilisation aztèque en revenant à la musique... magnifique et terrifiante. Malgré la puissance et la charge monolithique de l'album, le duo ne perd jamais la maîtrise du sujet. On est donc jamais laissé sur le bord de la route par quelques sursauts inégaux. Leur complémentarité est aussi désarmante que le contenu, comme en atteste le merveilleux, subtilement dérangeant et onirique Nanahuatzin de fin. Seul bémol néanmoins, une immersion trop volontaire dans cette oeuvre peut vous amener à sacrifier de petits animaux innocents sur l'autel voué aux dieux des musiques électroniques underground.

 

Projet passionnant, ambitieux mais terriblement dangereux, Tzolk'in est une oeuvre dense et mystique dans sa globalité. Au delà de la démarche noble et alternative, le résultat musical est une réussite absolue dont nul ne ressortira indemne. Une vraie tuerie.

 

http://c3.ac-images.myspacecdn.com/images02/119/l_5b82f8c96ae94f998ca53729833c442a.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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