Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 11:37

Sortie : 10 mai 2011

Label : XL Recordings

Genre : Hip-hop

Note : 7/10

 

"I’m a fuckin’ walkin’ paradox", telle est la première phrase de Tyler, The Creator dans son single Yonkers et tel est le constat que l’on peut établir aujourd’hui du collectif hip-hop Odd Future. Il y a un an, ces gamins de Los Angeles foutaient un énorme coup de pied au cul au rap. Ces mômes venaient de recycler à coups de burins l’esthétique hip-hop. Le nihilisme était leur credo, le no-future leur cheval de bataille et la gratuité leur propagande. La mixtape Radical fut moins une révélation que la mise en place d’un programme anarchiste (chronique ici). Un leader s’est alors imposé en la personne de Tyler, The Creator. Passé un premier album, Bastard, aussi brutal qu’une seringue grattée sur le bitume avant un fix, la hype s’est chargée du reste et par effet ricoché, c’est toute une presse lyophilisée qui s’est accaparée le crew. Les velléités mercantiles ont fait une sournoise apparition et le groupe a vite compris qu’il pouvait tenir le marché par les couilles. Ces gamins sont malins, ils savent comment entretenir leur aura : il suffit de continuer à foutre la merde pour entretenir le mythe.

 

Tyler signe donc avec XL pour un deuxième album, Goblin, attendu comme la consécration. Pour la première fois de la courte histoire d’OFWGKTA, un album est payant. L’attente est donc à double tranchant, l’erreur n’est pas permise à Tyler. Lui, dont le flow lent et plein d’assurance vaut surtout pour sa tonalité grave à faire trembler des murs capitonnés. Lui, dont les apparitions télévisées sont ce que le rap a connu de plus enthousiasmant depuis des lustres.

La peur de se retrouver face à un album docile était grande et puis dès les première mesures, on comprend que Tyler a eu carte blanche. Le Goblin ouvrant l’album est aussi glauque qu’une pute crackée dans un souterrain de downtown L.A., Yonkers poursuit cette entreprise de démolition par l’insoumission (le clip est d’une noirceur abyssale) avant que Radicals n’annonce l’armageddon. Le paroxysme oppressif est atteint en seulement trois morceaux. Le flow sombre de Tyler sert des paroles aussi glaçantes que proche du non-sens pour un son hip-hop minimaliste au possible. Les parents peuvent continuer de flipper à raison. Goblin rappelle que le hip-hop peut redevenir cette musique subversive visant une révolution par la maitrise des cerveaux.

Sans que la machine ne s’enraye on se rend alors compte que l’album s’étale sur près de 80 minutes. Quelques morceaux auraient pu passer à la trappe (ce foutu instru AU79 totalement inutile) et d’autres auraient mérité d’être raccourci. Mais Tyler a voulu faire participer ses potes avec en première ligne, un Hodgy Beats de plus en plus impressionnant à l’image de ce Sandwitches angoissant et permettant de confirmer la complémentarité entre les deux MC. Il suffit pour s’en convaincre de mater leur prestation live au Jimmy Fallon Show.

 

Goblin est un album de hip-hop dangereux. Pourvu que Tyler et sa bande d’Odd Future continuent de jouer ainsi avec le système. Tyler, The Creator a un potentiel incroyable. Si vous voulez comprendre à quoi correspond le no futur de 2011, écoutez Tyler et sa clique. S’ils continuent ainsi, en évitant les pièges de la matrice, nos lendemains risquent d’être bien crades.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/7/7a/Goblincover.jpg

par B2B

Partager cet article

Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article

commentaires

adrien 03/10/2011 22:49


Bon album ... à part Bitch Suck Dick où Tyler est à fond dans son trip misogyne ... et AU79 qui est inutile


Flatkick 24/05/2011 19:53


C'est en partie grâce à votre chronique que j'ai acquis cet album. De la noirceur dans les instrumentaux, un flow lent, un album aux lyrics glaçants, sombres. Que dire de ces 80 minutes passées à
écouter et lire ce manifeste schizophrène d'un teenager animé par la haine, haissant aussi ses contradictions. Mr TC dont on soupçonne l'identité assez vite emmène Tyler et ses personnalités
multiples à se raconter, à cracher son venin. Et oui tout cet album est un paradoxe, Tyler ou un de ses alter ego n'hésitera pas à se contredire constamment.

Je n'avais pas pris un telle claque venant du Hip-Hop depuis ma découverte de MF DOOM.

Oh une petite critique, AU79 est une instru géniale tout de même. Certes elle est assez hors sujet, mais dans un album aussi barré elle n'est pas si mal placée que ça.


Nouvelles tendances communicaton 12/05/2011 18:20


Mobb Deep c'est glauque, ça donne envie de s'égorger.
Mais j'étais mal assis, en fait c'est vrai que c'est quand même assez propre.
Je ne me pendrais pas ^^


SEN 12/05/2011 15:42


Oh putain merci pour cette chronique, c'est avec jubilation que je découvre "Tyler, the Creator" et cet extraordinaire album... Y'a certes quelques morceaux qui n'ont pas leur place dans cette
album, mais le reste surpasse tout ce que j'ai entendu en terme de hip hop ces dernières années...


YyrkoOn 12/05/2011 03:52


Malgres deux trois bouses, faut dire que c'est long aussi, surement trop comme tu l'as dis, j'adhere a 200%. Je réecouterais surement jamais cet album dans sa totalité, mais sur les meilleurs
morceaux, quand il est dedans, putain qu'est ce que c'est bon ! Minimaliste, glauque, glaçant ... surement en parti, mais surtout fun et impertinant. L'horreur est une parure, Black Sabbath
utilisait deja cette ficelle, mais la, la formule prend un mechant coup de frais. On est pas si loin des Beastie vintage ou des Wu Tang Kids, mais la génération Jack'ass est forcement moins
zen.
Mieux vaut Swagger que se pendre ^^