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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 09:33

Sortie : 30 mars 2012

Label : Laybell

Genre : Abstract-electronica

Note : 7,5/10

 

Two Left Ears est un obscur combo français. Cette entité bicéphale, avec Mathieu Adamski (pour la partie électronique : machines et platines) et Mathieu Deprez (pour la partie instrumentale : contrebasse notamment) aux commandes, officie injustement dans l’ombre depuis une petite poignée d’années. Le précédent opus, Lazy Trace, avait déjà trouvé refuge aux creux de nos oreilles (chronique ici) et on attendait la sortie d’un nouvel album. C’est sur le mini label Laybell que sort *divAAAtion*, étrange et onirique album, oscillant avec facilité entre musique expérimentale et abstraction électronique (et disponible sur Bandcamp pour la modique somme de 5€).

*divAAAtion* concentre son pouvoir d’attraction sur à peine 30 minutes. Le duo ne s’embarrasse donc aucunement de préliminaires stériles. Dès les premiers instants, on est happé par cette atmosphère étrange, nous plaçant dans un état semi-comateux, où plus rien n’est palpable, où tout devient cotonneux et délectable. Marshamallow Lento e Largo impose par la lancinance sa rythmique alanguie. Tout en aspiration, le morceau se dérobe sous nos mains tant sa structure asymétrique empêche toute catégorisation. De lointaines voix fantomatiques viennent même nous provoquer dans nos songes.

On comprend dès lors que Two Left Ears excelle dans le travail des textures sonores. L’approche sensible de cet abstact-électronica fragile prend tout son sens lorsqu’un piano lointain vient rehausser une rythmique affranchie. *divAAAtion* peut alors déployer en toute grâce sa fragilité, sans avoir peur de fléchir en route.

Hormis une tentative de copulation manquée entre des sonorités 8-bit et une voix semblant sortir d’un énigmatique film des 60’s, JayDivas, rien n’est vraiment à jeter dans ce court périple. On retiendra le lumineux Meredith Palpite, s’appuyant sur une fine utilisation du sampling, rappelant le meilleur de Prefuse73, avant d’imposer un grésillement final accaparant tout l’espace sonore. De même, Fuori Tutto impressionne par sa dualité, confrontant avec intelligence une masse noise à de légères touches de field-recordings.

Sous sa carapace expérimentale opaque, *divAAAtion* est un album sensible et profondément humain. Two Left Ears continue ses recherches sonores aux services d’un abstract-électronica résolument poétique. Si vous avez besoin de réconfort, vous savez à quelle porte taper.

 

http://f0.bcbits.com/z/34/37/3437083688-1.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Rabbit 07/04/2012 15:06

A vrai dire j'aimais déjà beaucoup Lazy Trace qui témoignait d'une vraie singularité dans l'approche du glitch-hop mais cette fois le groupe a terminé d'inventer un langage qui lui est propre et
qu'on avait déjà vu prendre le dessus sur l'EP d'Extra Pekoe, une pure esthétique du collage mutant et de la sculpture sonore qui doit au moins autant à la musique concrète et au drone (voire au
classique contemporain, cf. les samples) qu'à l'abstract. Et en même temps quelque part dans l'esprit ça reste du hip-hop bien balancé, et finalement c'est ça le plus génial.

Rabbit 06/04/2012 22:34

Mince pas encore de commentaire pour ce petit chef-d'oeuvre qui malgré sa courte durée aurait bien mérité un point et demi de rab ? Bon, ben ça en fera toujours un.

Chroniques électroniques 07/04/2012 11:15



A ce point ?


Mais je reconnais tout de même que l'album est excellent et le travail sur le son remarquable.


 


B2B.