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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 18:12

Sortie : 2 juin 2010

Label : In My Room

 

Parmi le cercle très fermé des dandys électroniques, le Danois Trentemoller cultive sa part de mystère. Certains se souviennent qu'il faisait de la house au milieu des années 1990 avant sa rencontre avec Steve Bug et son débauchage chez Poker Flat. La suite vous la connaissez, en tous cas vous devriez. En 2006, The Last Resort voyait le jour et se plaçait comme un des plus beaux albums électroniques de la décennie. Véritable écrin techno imbibé d'electronica, d'ambient et de cold wave, il fait partie de ces disques intemporels que toute platine qui se respecte réclame au moins une fois par semaine. Puis vinrent les Chronicles, compilation pas tout à fait aboutie de remixs et d'inédits qui recélait pourtant bon nombre de trésors. Mais c'est l'année dernière que le Danois surprend le plus en lâchant une playlist très rock sur la compilation Harbour Boat Trips (ici). Into The Great Wide Yonder s'annonce donc comme un album événement. Plus qu'une quinzaine de jours avant qu'il ne sorte sur In My Room.

 

Nombreux furent les surpris à l'écoute du lascif et sensuel Sycamore Feeling où la chanteuse Mary Fisker se fait un nom. Ce titre représente pourtant bien l'ensemble de l'album. On savait que le Danois était un fan de Mazzy Star et plus particulièrement de Hope Sandoval. Cette influence résonne ici comme une déclaration d'amour ou d'admiration. La fameuse compilation Harbour Boat Trips avait également témoigné du bon goût rock de Trentemoller. On retrouve cette démarche ici, avec un nombre important de guitares tendues chères à Ennio Morricone ou à Quentin Tarrantino (les sublimes Past The Beginning Of The End et Shades Of Marble). En multi-instrumentiste de talent, Anders a fait lui même tous les arrangements et a joué tous les instruments. Cet album infiniment bien produit, a entièrement été réalisé dans l'appartement de ce dernier. Lui qui voulait donner une dimension plus organique à sa musique, il réussit son pari, bien aidé par un matériel analogique parfois un brin vintage. Le côté électronica n'est pas complètement abandonné mais se cache souvent au second plan, noyé par la dimension noisy omniprésente. Très sombre, presque dramatique, il y a un côté brumeux et insondable dans cet opus. Qui ne serait pas désarmé par la troublante déclaration chantée sur ...Even Though You're With Another Girl, où les steel drums et les synthés rendent le titre un peu plus profond et grave. Trentemoller s'adjoint les services de Solveig Sandness et Josephine Philip, transfuges du groupe danois Darkness Falls. Le nombre de voix est donc important, mais ces dernières siéent parfaitement aux mélodies tristes, sauf sur Neverglade où le pourtant très joli songwriting de Fyfe Dangerfeld n'apporte pas grand chose. La fin du disque (Neverglade et Tide) est d'ailleurs assez décevante, et c'est le seul reproche qu'on peut faire à cet album littéralement envoûtant. Le côté noisy rock est assez intéressant, plus poussé sur le très expérimental, terrifiant et formidable Häxan, ou sur l'étrange et déroutant Silver Surfer, Ghost Rider Go!!!. Après un nombre d'écoutes important, je suis de plus en plus impressionné par la grande qualité des batteries et des cordes. Connu pour ses lives stratosphériques et hypnotiques, nul doute que Trentemoller saura transcender cette approche rock en concert.

 

En livrant un album à contre-pied de ce que tout le monde attendait, le Danois fait ici un pari risqué mais ô combien ambitieux. Celui qui s'était déjà éloigné de la scène house qui l'avait couronné roi au début des années 2000 choisit une fois de plus de sortir des sentiers battus. On ne l'en blâmera pas, car ce diamant noir, rock et romantique est extrêmement séduisant.

http://www.radiodeea.ro/phps/images/stories/2010/april_2010/the_great_wide_yonder_by_trentemoller.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

druet 13/08/2012 12:41

Avec ce disque, Anders Trentemoller signe un véritable opus de pure magie. Je lui ai publié un message de récompense sur twitter puisque je viens de connaitre cet artiste aux sonorités grandioses,
cinématographiques, chefs d'oeuvre d'entre-les-morts. Ecoutez Reworked- Remixes et vous serez d'accord avec moi. Une bonne dose de mélancolie, un travail délicat sur des sons, une mélodie
envoutante, tout est dans ses disques!

marion75010 02/07/2010 17:27


TRENTEMOLLER sera en concert lundi 18 octobre 2010 au Bataclan! :D


Thierry 02/06/2010 00:26


Je ne connais pas du tout sa discographie mais trouve néanmoins Into The Great Wide Yonder en tous points remarquables !
Très "cinématographique" en effet.


YyrkoOn 01/06/2010 14:54


Bonne chronique ; bonne release qui nécessitera quand même je le craint, pour être appréciée, de bien connaitre tout ce qu'il a fait avant parce que comme ça, à cru, ça vaut pas... "autant",
disons...). On est effectivement a fond, mais alors a fond, dans les cinématique de Morricone ou/et/mais plus de Tarratino (death proof --> à tout prendre, le meilleur film que j'ai jamais vu) :
j'aurais cependant aimé que cela le soit un peu moins (un peu, un tout petit peu parce que j'adore le pathos dans la théâtralité de nos deux compères ) : la c'est trop bipolaire pour être contrôlée
donc... un peu plus d'ethos aurait été le bien venu (façon de parler, on est pas chez la nrf que je sache...) (moins space rock et plus field rec en gros).


D'après mes calculs : ça prochaine release devrait être une tuerie

Bonus de ma réserve personnelle, parce que j'suis gentils ,... quand même un peu:)


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