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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 16:36

Sortie : février 2012

Label : The Null Corporation

Genre : Metal indus, shoegaze, ambient

Note : 7,5/10

 

Plutôt que de s’aventurer aveuglément à chroniquer pareil opus de Trent Reznor et Atticus Ross, la légende de Nine Inch Nails, dont l’aura enveloppe intégralement cet OST du film Millenium de David Fincher, nous oblige à prendre quelques précautions historiques. Si les fans de toujours ont su regretter, non sans raison, l’époque qui se clôtura par la sortie de The Fragile en 1999, la fracture entre ces deux époques de la vie et de la musique de Reznor n’en fut pas moins définitive a posteriori, tant sur le plan esthétique que musicale et scénique. NIN, entité désormais vieille de vingt-quatre ans, ne pouvait incarner indéfiniment la violence schizophrénique de sa glorieuse adolescence.

 

Seuls deux albums de Reznor & Cie peuvent légitimement être pris comme point de comparaison avec cette OST : il s’agit naturellement de l’OST précédente de The Social Network, du même Fincher, et, moins évidemment, du magnique Ghost I-IV, pour son approche totalement instrumentale alors inédite pour Reznor (si l’on excepte, et nous l’excepterons volontiers, l’OST du jeu vidéo Quake).

Sans épiloguer sur la qualité du film lui-même (très moyenne), le fait que cet immense triple album de près de trois heures soit une OST ne peut pas être sans influence sur l’appréhension de la chose. Nous nous trouvons en face de rien moins que trente-neuf morceaux distincts, qui sonnent immédiatement à l’oreille habituée comme du pur NIN. Point d’excentricité de Reznor ici, c’est l’âme de NIN qui se reconnaît au travers des moindres notes, à chaque seconde, y compris sur cette reprise pour le moins inattendue de l’Immigrant Song de Led Zeppelin qui ouvre le premier disque, accompagnée au chant par une Karen O survoltée. OST oblige, un assez grand nombre de morceaux figurent de courtes plages, tour à tour tranquilles et anxiogènes, qui tout en remplissant leur rôle de sound-design du film lui-même, sont sans doute les morceaux les plus faibles de cet album . A ce titre, l'OST de The Social Network l’emportait en qualité dans les moments d’accalmie, en parvenant à installer des atmosphères plus riches et denses. Il y a, le long de ces courtes plages, un sentiment légitime de déjà-vu, mais encore de simplicité, qui lasse sur la (très) longue durée de l’album.

Cela étant, dès que Reznor & Ross assument un format plus standard dans les compos, celles-ci prennent un envol remarquable, qui rappellera volontiers les meilleurs morceaux de Ghost, avec de longues montées quasi shoegaze, des wall of sound balayant l'esprit de l'auditeur comme par de longues et puissantes bourrasques sonores, et encore et toujours ces claviers monomaniaques qui égrènent douloureusement de longues notes décharnées. L'adéquation de cette OST au film lui-même ne prête à aucune déception, car autant le film tire un scénario profondément appauvri sur une longueur marathonienne, autant la matérialité musicale colle assez parfaitement au rythme du flux des images. Il est vrai que le côté metal-indus de la musique de Reznor colle assez bien au personnage de Lisbeth Salander, et à tous ces fantasmes de l'ordinateur-roi, du cyber-activiste s'abîmant dans les affres de ses propres traumas.

 

Moins abouti formellement que The Social Network, cet OST n'en demeure pas moins meilleure à mon sens, ce défaut formaliste pouvant être imputé à la longueur invraisemblable de l'objet, difficile à écouter d'une seule traite, et donc à appréhender dans toute son unité. Les amateurs de NIN et notamment du Ghost seront fatalement ravis de retrouver un Reznor dépouillé de ses aspects les plus rock, et faisant retour sur la rage froide et désespérée qui fait tout son charme.

 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/1/2/0/0766929996021.jpg

par Pingouin Anonyme

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Christophe aka Mario Cavallero Jr 03/03/2012 18:49

Bien entendu, si j'oublie de vous tracer l'origine du lien, c'est ballot...
http://classementdesblogueurs.fr/WordPress3/2012/01/01/trent-reznor-atticus-ross-the-girl-with-the-dragon-tatoo/

Christophe aka Mario Cavallero Jr 03/03/2012 18:48

Je suis à la fois intéressé par la version de 3h, très Ghostienne, de la BO intégrale, mais je trouve également que le sampler 6 titres gratos est hyper bien fichu.

je l'ai même testé auprès d'amis qui ont cru en un album cohérent !.

Petite info de traçage (ne sachant utiliser les trackbacks...) : votre chronique a été pointée depuis la fiche album que j'ai faite sur le très collaboratif Classement des blogueurs. Cela permet de
faire connaître des albums et des blogueurs. Merci, et bien évidemment n'hésitez pas non plus à apportez vos suggestions, commentaires et autres notes d'albums sur le CDB.

YGJK 28/02/2012 22:44

C'est vrai que dernièrement il y a eu pas mal d'excellentes BO, je pense à celle de Another Earth (de Fall On Your Sword), Drive (je ne parle pas du morceau de kavinsky, mais de la BO en elle même
de Cliff Martinez), Contagion (également de Cliff Martinez), Hanna (des Chimical Brothers, qui n'est pas incroyable mais encourageante comparé à leurs sortis plus ou moins récentes) et j'ai beau ne
pas du tout accrocher aux sortis EdBanger, la Bo de Notre Jour Viendra (film que je n'ai pas du tout aimé en plus) de Sébastian (eurk) est vraiment intéressante.

Mais pour moi, la palme revient tout de même à celle de Reznor qui est vraiment impressionnante. hyper homogène tout long de ses 3H, pour moi elle surpasse celle de Social' . (Celle de Quake tourne
régulièrement encore aujourdhui chez moi !)