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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 11:35

Sortie : Février 2011

Label : Kranky

Genre : Ambient

Note : 8,5/10

 

En Novembre 1972, un groupe d’étudiants du MIT décide, sans fondement aucun, de balancer un piano du haut d’un immeuble, dans l’unique optique de pouvoir "voir". Les clichés et les vidéos se chargent d’immortaliser ce non-évènement radicalement spontané.

Des décennies plus tard, Tim Hecker se retrouve avec une simple photo de cette action entre les mains. L’instantané figeant le temps pour l’immortalité réveille alors le compositeur. L’idée de création sonore, de mobilité, s’installe à partir d’un déséquilibre suranné.

Le lecteur connaisseur de Tim Hecker ne peut en aucun cas s’étonner d’une telle démarche de sa part. Le Canadien a toujours eu besoin d’une révélation pour aboutir à la conception. Lui, le doctorant enseignant la "sound culture" à des universitaires cadrés, a besoin de s’émanciper à travers sa propre musique. Son Salut passe par l’élaboration de cathédrales ambients autant opaques qu’immersives. Sa musique n’a jamais eu pour vocation de satisfaire nos acquis mais plutôt de nous questionner sur la notion d’abstraction.

Ravedeath, 1972 ne se décortique pas, Ravedeath, 1972 se vit. Tout est bloc pour mieux brouiller les pistes. Celui qui viendra chercher une musique balisée, ne trouvera qu’un dédale insondable. Le maelström sonore de Ravedeath, 1972 n’est qu’un prétexte à l’implication physique de l’auditeur. Ecouter l’album, avec un niveau sonore vous rendant presque sourd, devient alors un lent voyage réclamant une puissante implication physique. Derrière le mur sonore, quelques notes tentent de percer. On est sûr de les avoir déjà entendues, mais quand ? Les bruits se croisent, la matière sonore devient alors cet espace du possible où chaque blanc devient une énigme et où le temps ne vous appartient plus.

En enregistrant son album dans une église islandaise, en compagnie de Ben Frost, Tim Hecker a implicitement joué la carte de l’immersion absolue. On est enveloppé par cet orgue vaporeux, semblant surgir d’un brouillard insondable. Tout fonctionne sur cette ambivalence voulant imposer une tempête lénifiante. On se prend alors à errer à travers les sons, à supprimer toute évaluation du temps. Pendant 50 minutes, on vit totalement à travers cette musique.

Ravedeath, 1972 est un album rare, une abstraction absolue aux multiples portes d’entrées et dont chaque écoute vous place dans un état jusque là inconnu. Sortir de l’album devient alors un défi, comme si tout s’était modulé autour de vous.

Finalement, l’idée de laisser un piano tomber depuis un immeuble devient bien plus qu’une simple performance au fort potentiel visuel artistique. Les étudiants du MIT l’ont bien compris et depuis 1972, chaque année, ils réitèrent l’opération. Comme si la répétition codifiée d’un geste symbolique allait leur permettre de retrouver ce déséquilibre passé. Tim Hecker est un observateur avisé. Son Ravedeath, 1972 n’est rien d’autre qu’une tentative de définir l’instabilité parfaite. Son allégorie touchant à la perfection.

 

http://www.reviler.org/wp-content/uploads/2011/02/tim-hecker-ravedeath-1972-review.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Pierre 22/02/2011 19:36


Disons plutôt qu'il repart de Fantasma Parastasie ; Harmony n'est pas à proprement parler une "réussite" (au delà du faite que le titre est "trop bon", je veux dire ; (quand t'appelle ton album
"Harmony In Ultraviolet", t'as plutôt intérêt à avoir plus que quelques notions de Magie, ce qui ne fut pas le cas)).

Par contre celui-là est magnifique, complètement déchiré, profond, simple, lumineux, reposant et, pour tout dire (si si j'y arrive), vicié ; il aurait pu l'appeler phénoménologie de la veulerie, il
a bien fait de ne pas le faire.


"Comme si la répétition codifiée d’un geste symbolique allait leur permettre de retrouver ce déséquilibre passé.", en théorie, cad ds l'absolue, c'est pourtant le cas.

Bonne chroniques (évidement c'est plus souvent le cas quand on ne fourni pas un travail de commande).

+


Chroniques électroniques 22/02/2011 20:02







none111 22/02/2011 18:27


Cet album est absolument excellent.... je trouve qu'il repart de harmony in ultraviolet pour viser peut etre plus introspectif... mais reellement jouissif, a ecouter fort avec les tripes, puis a
mediter...
et en plus the piano drop est quasiment un tube! mention speciale a in the fog II aussi...


Chroniques électroniques 22/02/2011 20:11



Avec les images du piano qui tombe, la musique de Tim Hecker flirte avec l'onirisme :


http://www.youtube.com/watch?v=EE9mT4JaW_0


 


Et on est d'accord sur le fait que ça s'écoute très fort.


 


B2B