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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 12:16

Sortie : 11 octobre 2011

Label : Kranky

Genre : Ambient, néo-classique

Note : 8/10

 

En sortant Ravedeath, 1972 en début d’année, Tim Hecker ne se doutait peut-être pas que l’accueil critique de son disque allait être aussi unanime. Le mec a sorti un album immense dont on ne cesse encore, des mois plus tard, de fouiller les moindres recoins. L’abstraction de Ravedeath, 1972 venait poser de nouveaux jalons dans la recherche sonore notamment dans le fait d’instaurer une instabilité permanente entre la puissance contenue des drones et l’impact progressif des nappes ambients. Mais une question restait en suspend ? Tim Hecker était parti d’une photographie représentant un piano en équilibre avant la chute (pour la petite histoire, vous passerez par la case lecture de la chronique de l’album, ici) et pourtant son album reléguait l’instrument en arrière-fond, le noyant sous un imposant maelstrom sonore. Pourquoi ?

La sorti de Dropped Pianos recentre ainsi le débat en proposant de se focaliser sur les chutes de Ravedeath, 1972. Mais de chutes il n’y en a pas. Non, la chute préfigurant le destin tragique du piano a déjà été consommé. Dropped Pianos serait plutôt l’album précédant de quelques minutes cette performance puisqu'ici le piano vit encore et semble savoir qu’il s’agit de ses derniers instants.

Se composant de 9 morceaux plutôt court (l’album dépassant à peine les 30 minutes), Dropped Pianos se révèle indispensable pour peu que l’on veuille mettre à jour les intentions de Ravedeath, 1972. Habituellement, ce type d’album, surfant sur le succès de son illustre père, n’a aucune valeur, mais ici ce n’est pas le cas, loin de là.

Le fait de pouvoir enfin entendre distinctement ce piano relève de la promesse tenue. Enfin, les clés nous sont livrées, enfin nous pouvons comprendre. Et pouvoir percevoir ce piano mourant est déchirant. Les notes s’étirent à l’infini, la gravité s’impose. Dropped Pianos n’est pas un album triste, c’est un album résigné. Comme si ce piano savait qu’il n’était plus nécessaire de lutter, qu’il fallait mieux accepter son destin tragique. Il en ressort des morceaux prodigieux de sentimentalité contenue. On a l’impression de vivre les derniers moments d’un monde tout en restant dans un état purement contemplatif (rappelant d’ailleurs le Melancholia de Lars Von Trier). Tim Hecker utilise avec parcimonie son ambient grésillante, ses drones tremblants pour uniquement se concentrer sur l’émotivité. Mais comme toujours avec lui, point de facilité. Le cheminement est avant tout personnel.

La découverte de ce Dropped Pianos risque fort d’émouvoir au plus haut point les fans de Ravedeath, 1972. Tim Hecker nous offre plus qu’un simple album de chute. Il s’agit du partenaire indispensable à son récent chef d’œuvre. Les deux albums ne font désormais plus qu’un, la boucle est bouclée, la mélancolie a définitivement pris l’ascendant.

 

http://www.ladepeche.fr/content/photo/biz/2011/09/27/cefd2d441a00df99555944270f7f1bd1_zoom.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Clement 25/10/2011 14:31


très belle album :)
Noubliez pas l'album de dusky sur anjunadeepp accessible mais bon


Rabbit 22/10/2011 23:44


Belles chutes, et belle chronique. Par contre il est très discutable que Tim Hecker ait posé les jalons de quoi que ce soit avec Ravedeath, vu qu'il y avait déjà eu Harmony In Ultraviolet 5 ans
avant qui reste à mon avis nettement plus abouti en ce qui concerne cette instabilité quasi sismique des drones (et en plus à l'époque il y avait de sacrées infrabasses pour sous-tendre tout ça).