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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 23:37

Sortie : Février 2012

Label : Playtracks

Genre : Downtempo, Deep House minimaliste

Note : 8/10

 

C'est avec Thomas Bachner signant son premier album sur Playtracks, que s'achève les dépressions hivernales et l'embarras du choix entre des albums de House pourris et des albums de House pourris. L'année musicale est lancée. Fusionant un Jazz simplet et une House timide, l'allemand s'exprime dans un langage minimaliste, composé de signes plus que de paroles. Vivons cette House d'insociables, devenons sourds-muets. Plus besoin de prendre cet air grognon quand la fourmi nous force à danser. Et bien groovez maintenant ! Mais en silence.

 

Après quelques écoutes non concluantes ou aboutissant sur un : « Il n'y a pas autre chose à chroniquer cette semaine ? », l'album se révèle comme une femme ronde, exaltante après avoir fait abstraction de la définition consensuelle de beauté. Cessons les comparaisons autobiographiques et tournons-nous vers le réel dilemme que m'a posé l'album. J'ai tourné en rond, ne sachant pas quel sentiment attitrer au disque. Ni de la tristesse, ni de la joie se dégagent, mais plutôt un sentiment simple apaisant toutes idées politiques, perverses ou haineuses. J'ai l'impression de revenir à un stade asexué, où l’émerveillement s'opère sur le moindre petit bout de rien. La première part du gâteau, Lovely Morning enlace nos sens dans un morceau digne d'un Kuedo en Slowmotion. Dear bâtit un cabaret nocturne accueillant un big band composé uniquement d'insectes aux sourires cyniques et à l'esprit léger. Curre's eyes a résonné dans ma mémoire comme Bbydhyonchord sur le premier CD de Drukqs. J'ai affilié Colored aux Gorons issus de l'univers des Zelda. Et toutes ces images remontent à la surface, accompagnées de petits rires nostalgiques.

 

Les boucles rythmiques se répètent et se configurent progressivement, parallèlement à la mise en place de nappes sonores bien deep et impeccablement propres. Généralement, les très bons albums ont des morceaux n'étant que des variations d'une seule et même idée, évoquant la suite narrative du morceau précèdent. A l'inverse, l'album Human Too n'apprend rien. A l'entrée comme à la sortie, le ressenti est le même. Mais cette musique modeste trouve un juste milieu entre Jazz festif, Dance agressive et Ambient somnambule. Thomas c'est mon pote, et on a le même humour. D'un ton neutre, sans couleur, l'album sublime les journées de fainéantises partagées entre amis, acceptant l'alternance entre vide et intensité. "Pour moi, la situation idéale est de défendre quelqu’un que je sais coupable." C'est dans cette citation de l'avocat Thierry Levy que s'inscrit le mieux l'album selon moi. La musique de Thomas n'est pas tout à fait innocente et le musicien se fait avocat du diable. C'est quand on est bloqué dans l'hyperespace, entre dissonance et groove funky, que les valeurs morales s’emmêlent convergeant vers une véritable anarchie émotionnelle. 

 

Vous l'aurez conclu, je divague, ne sachant quel sentiment attacher à Human too. L'intelligence de l'album réside derrière une House enfantine dissimulant la profondeur des compositions de Jazz plus matures. L'alchimie est parfaite entre hiver et été. Le ressenti est ambigu. Né ainsi le printemps.

 

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Par Pneu Rouillé

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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