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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 09:24

Sortie : juin 2011

Label : ant-zen

Genre : Rythmic Noise, Tribal, Industrial

Note : 7,5/10

 

Comment ne pas se pencher sur This Morn' Omina, projet collectif qui affole en ce moment même les charts alternatifs allemands et d'Europe de l'est. Mika Goedrijk (l'auteur l'année dernière du très bon mais un peu old-school Looking Glass-World) avait pris les commandes du projet seul. On se souvient plus particulièrement de la trilogie Hegira. Puis, Nicolas Van Meirhaeghe (Empusae, Tzolk'in, Sal-Ocin, etc.) l'a rejoint à peu près à l'époque du ralliement à ant-zen. Si l'arrivée de Nicolas a permis à Goedrijk de se démarquer un peu d'influences telles que Klinik ou Muslimgauze, et de lui céder une partie rythmique non négligeable, la recette appliquée demeure la même depuis un petit moment. L'unification des forces opposantes vient clore la trilogie Nyan. Alors que l'on constate la présence d'un nouveau membre en la personne de Karolus Lerocq, il arrive qu'un certain Spike rejoigne le duo en live, pour assumer une partie batterie plus naturelle.

 

Je l'ai déjà dit plusieurs fois. Le rythmic noise a sur moi des effets laxatifs non négligeables. Plus sérieusement, disons que ce genre associé à l'indus souffre des même dérives kilométriques que l'ensemble des musiques répétitives. Mais voilà, ça plaît. Il n'y a qu'à se rendre ne serait-ce qu'une fois au Maschinenfest pour s'en rendre compte. Il est vrai qu'en live, cette musique peut générer des danses et des transes collectives mémorables. Mais passons, car cantonner This Morn' Omina à ce genre serait réducteur face au travail (même répétitif) accompli. Car voilà, les rythmes et les ambiances du duo fleurent bon la bête traquée. La proie c'est l'auditeur, transposé en plein coeur de cérémonies amérindiennes offrant des sacrifices humain aux Dieux, ou vers l'époque glorieuse et enfumée des rituels haschischins. Certes, Sal-Ocin avait déjà fait ce genre de trucs en compagnie de Flint Glass au sein de Tzolk'in, mais jamais avec une dimension rythmique aussi marquée. Ici, les boites à rythmes cohabitent avec des percussions variées et plus... "biologiques". Voilà, en caricaturant un peu toute la force de ce projet : cette puissante et physique cohabitation des différentes strates rythmiques. Ponctuées ça et là de samples horrifiants et tribaux, elles s'associent à des interventions vocales furtives mais frontales, annonçant la montée de la transe frénétique. On croirait même en l'intervention du vilain pas beau Ra du Stargate de 1994 sur Naphal. Même dans la répétition hypnotique, le trio manie les fausses pistes angoissantes avec un talent certain. Il se permet même d'intégrer des pistes plus downtempo qui ne perdent pourtant jamais rien de leur potentiel mystique (Oahspe, l'intro de Iboga, The Sixth Order, etc.) et parfois même des plages où les atmosphères suggérées prennent un ascendant mérité sur le diktat rytmique. Si l'ensemble peut être envisagé comme une expérience initiatique et psychédélique pour le soldat chevronné de l'indus, les oreilles plus tendres préféreront dissocier Tanasukh, Nevi'im, Trimurti/Trefoil ou le superbe enchaînement final entre Nigunnum et Tawhid d'un ensemble trop éreintant.

 

Le succès actuel de This Morn'Omina ne surprendra que ceux qui ne croyaient pas en un revival de l'indus auprés de la jeune génération qui n'a pas connu ses prophètes. N'étant pas fan de ce genre de sons à la base, si ce n'est les travaux de Tzolk'in, de Iszoloscope ou des présents This Morn'Omina, je ne crierais pas à l'indispensabilité du concept, mais recommanderais vivement aux curieux et courageux d'assister à leur prochaine représentation au Maschinenfest. Là, ça devrait prendre une dimension toute autre. A recommander malgré tout, aux inconditionnels du genre.

 

http://ergor.org/V2/images_big/105494.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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