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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 14:52

Sortie : juin 2010

Label : Def Jam

Genre : Rap

Note : 8

 

Une légende doit s'entretenir. Le groupe de Philadelphie n'a jamais manqué d'inspiration pour entretenir sa propre légende qu'il auto-proclame à longueur de concert et sur son site officiel. "The Legendary Roots Crew" dispense les albums avec générosité tout en maintenant un très haut niveau de qualité. Leur discographie peut être disséquée en termes de cycles, autour de l'intelligente rupture que constitue Phrenology en 2002, mais peut surtout s'apprécier de manière globale. A l'heure du neuvième album, le troisième pour l'écurie de légende Def Jam, où le MC Black Thought et le batteur Questlove sont-ils allés chercher de nouvelles cartouches ? Dans leur propre culture soul tout d'abord, puis dans leur sens innée de la mélodie. Kamal au clavier et Captain Kirk à la guitare et au chant ont également apporté leur touche. Le groupe est une famille qui accueille de plus en plus de proches à chaque sortie. Il y a quelques habitués devenus incontournables comme Dice Raw, P.O.R.N. ou Truck North et des invités plus ponctuels, notamment, pour ce How I Got Over, John Legend.

 

Les Roots débutent habituellement leurs albums et leurs concerts pied au plancher, les morceaux fusent et l'attention est captée automatiquement emportée par la fougue et la maîtrise. Après un Rising Down extrêmement dense, avec des instrus coup de poing parfois sombres, la bande a toutefois décidé de changer complètement de formule. L'intro se fait donc tout en douceur, les premiers titres déroulent leur soul tranquillement, même si les Américains ne savent se détacher d'une certaine intensité, liée à l'urgence du flow de leur leader et animateur. Derrière, Questlove cogne toujours autant et apporte sa science pour construire des productions imparables. L'attelage fait donc monter l'ambiance jusqu'au tube How I Got Over dont le refrain chanté garanti le succès. Et c'est là une des forces du combo, construire des hits sans se compromettre (de You Got Me à The Seed (2.0)), voire même verser dans un style proche du R'n'B sans tomber dans le mièvre. Ainsi The Day avec Blu, Phonte et Patty Crash apporte une petite respiration tandis que Joanna Newsom vient contrecarrer de sa voix légère la lourde rythmique de Right On. La jeune chanteuse ira sans doute rejoindre les nombreux artistes talentueux soutenus par les Roots au début de leur carrière, comme Erykah Badu, Jill Scott, Cody Chesnutt, etc. Les interventions de John Legend, plus proche de la fin de carrière que du début, sur Doin' It Again et The Fire sont quand à elles un peu moins utiles... Le disque monte peu à peu en puissance et la soul du début devient un rap plus dur dans lequel Black Thought règne toujours en maître.

Il manque la surprise ! Les musiciens de Philly n'ont pas passé un an à jouer dans le talk show de Jimmy Fallon (écoutez l'excellent Late Night With The Roots) pour ne resservir qu'une recette si classique, aussi réussie soit elle. Cela serait oublier leur talent d'innovateur qui réapparaît sur les deux derniers extraits. D'abord sur Web 20/20 (avec Peedi Peedi et Truck North) et son instru que ne renierait pas les figures du liquid hip-hop de la côte ouest puis sur Hustla (avec STS) où cohabitent une basse imposante et un curieux son de cornemuse. Vous n'avez pas encore tout compris que l'album s'arrête. Il faudra plusieurs écoutes pour en apprécier toute la richesse et les multiples saveurs au-delà de la claque que les Roots s'appliquent à donner à chacune de leurs sorties.

 

Ce How I Got Over n'atteint sans doute pas les sommets que constituent Things Fall Appart, Phrenology ou Game Theory, mais vient s'ajouter honorablement à l'irréprochable discographie des Américains. On peut leur reprocher parfois quelques facilités, mais les Roots avancent sans compromission tout en prenant le risque d'être prolifique. Assez rare pour être salué.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41icYALEa9L._SL500_AA300_.jpg

par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

ok_ram 07/09/2010 20:54


les roots vieillissent, nous aussi ça tombe bien :)

cet album ne révolutionnera pas l'histoire de la soul, mais c'est merveilleusement produit et balancé: personne ne résiste à la caisse claire qui ponctue le flow de walk alone.
c'est la BO de ma semaine (et quelle semaine !!!)


places concerts 29/06/2010 08:51


très bon groupe, à écouter et ré-écouter !


Dodochampion. 24/06/2010 23:35


Je n'aurais su mieux exprimer mon ressentiment sur ce dernier Roots, finalement tout aussi nuancé que le tien.

Je tenais toutefois à appuyer un peu ce côté soul bien plus robuste que sur n'importe quel autre de leurs albums. C'est lancinant, plus que sur n'importe quel album, les lyrics de Black Thought
parlent vraiment à l'auditeur : moins d'égo trip, plus de vécu, quitte à sacrifier pourtant effectivement un certaine notion de surprise que l'on avait pourtant l'habitude de retrouver chez eux. On
ne trahit ainsi pas l'homogénéité introduite par la tracklist, et c'est un peu manquer de risque c'est vrai.

L'album est toutefois suffisamment subtil et cohérent pour peu que l'on ne lâche pas aux toutes premières écoutes (trop de refrains chantés tue la cohérence d'un album Hip Hop, en faire un choix
systématique a bien failli me faire lâcher HIGO avant même de lui avoir laissé une chance), et doit sans mal j'imagine se défendre en concert.

Alors quoi ? Maintenant on aimerait avoir une vraie performance de The Roots à Paris, et pas en première partie de Kanye West, ou en tant que projet ou collaboration. On veut ?uestlove, Black
Thought, Captain Kirk et Kamal, c'est tout.


Chroniques électroniques 25/06/2010 11:39



A Paris il y eu un Zénith en 2003 pour la tournée Phrenology : une tuerie.


Bataclan 2006 pour la tournée Game Theory : tuerie en petite salle.


Et le jam incroyable de Rock En Seine 2008.


Et le groupe au complet inclu aussi le nouveau bassiste et F. Knucles aux percus.


Raph