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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 00:55

Sortie : avril 2012

Label : Denovali

Genre : Doom Jazz, Experimental

Note : 8/10

 

Versant plus doom et plus expérimental du Kilimanjaro Darkjazz Ensemble, The Mount Fuji Doomjazz Corporation est toujours emmené par Jason Kohnen (Bong-Ra) et son comparse Gideon Kiers. Si on ne compte plus les projets du blond dreadlocké (Wormskull, Death Storm...), on ne prend pas de grand risque en affirmant que celui qui nous occupe aujourd'hui est celui qui déchaîne le plus les passions, de par sa définitive vocation live et spontanée. Planet Mu, Ad Noiseam, puis enfin la crémerie plus que recommandable Denovali, autant de labels majeurs sur lesquels cette formation opaque et cosmopolite diffuse son free-doom-jazz narcotique. De même que pour TKDE, la place des intervenantes féminines est plus que prépondérante, même si le violoncelle de Nina Hitz est cette fois-ci absent. Avec en tête, le trombone de Hilary Jeffery, accompagné par la voix pure de Charlotte Cegarra et le violon de Sarah Anderson cher aux fans de Chrome Hoof. Enregistré en live à Moscou, le quatrième album de la formation, Egor, est disponible depuis un peu plus d'un mois chez Denovali.

 

On en connaît qui ont dû prendre sévèrement cher à Moscou. Assister à un concert comme celui-ci relève de l'expérience, sonique et psychédélique. Car ce qui impressionne toujours avant tout chez TMFDC, c'est l'état d'urgence qui s'expulse de leur musique, ainsi que cet éternel besoin de se mettre en danger, de sortir du confort du studio. Voilà pourquoi à l'heure même où j'écris ses quelques lignes, le combo continue de sillonner les routes de la Russie.

Il y a d'ailleurs dans Ergor des symboles qui ne tromperont pas la ferveur du peuple russe. Ainsi que des hommages directs à l'Europe de l'Est, dans la mélancolie des violons dignes de comptines dramatiques ashkenazes, qui auront l'intelligence et la bienséance de ne pas résonner comme des covers de Mein Yddishe Mame ou de la B.O de la Liste de Schindler.

Le groupe peut se permettre d'introduire son set en jouant à bas volume pendant près de dix minutes, plantant leur décor aussi plombant qu'orchestral. Puis, le trombone de miss Jeffery s'accentue jusqu'à affirmer la sentence, tandis que la voix de cantatrice de Dame Charlotte virevolte parmi les bidouillages hurlants de Sir Kiers. Pendant plus d'un quart d'heure, Lift Mashiny dévoilera dans toute sa progression les premiers contours de l'oeuvre.

Même si ça peut faire vomir certains puristes, la formation s'approche de plus en plus du jazz, même si l'enfermer dans cette noble mais trop hermétique case relève de la gageure. Alors oui comme dit un certain Nicolas de Berlin qui les connaît bien, "leur musique a gagné en consistance jazz ce qu'elle a perdu dans ses aspects les plus doom". Mais il y a toujours dans les fresques étalées, un reliquat post-rock, drone, ambient et même quelque chose qui vient du sound design. J'en veux pour preuve, les expérimentations toujours plus létales et franches de Gideon Kiers, qui sont définitivement avec la guitare de Eelco Bosman et les basses de Kohnen, les points d'armatures principaux de ce squelette complexe, beau et malade.

Voilà pourquoi, Stuchat' Kulakom Lestnitsa et Kosmonavt Rasputina (presque 40 minutes à eux deux) sont les pièces maîtresses de l'album. Parce qu'elles représentent cette synthèse brute et violente, aux confins de l'opéra post-rock et de la musique improvisée. La complémentarité des différents éléments est impressionnante, cette divine imbrication liante est la preuve des années passées à jouer ensemble et à écumer les scènes du monte entier. La fusion, voilà un mot qui ne veut depuis longtemps plus dire grand chose, mais qui apparaît définitivement comme le terme le plus adapté pour déterminer l'Ensemble. Ceux qui auront la bonne idée d'acquérir l'album n'auront certes pas de visuel associé, mais la retranscription du live est si bien réalisée que l'expérience psychédélique ne perdra que peu de sa substance. Et dieu sait que les albums live relèvent parfois de l'arnaque.

 

Savourons donc l'écrin ici offert (vendu en fait). Car même si le titre final connaît quelques longueurs, ses dernières mesures révèlent quelques surprises qui attestent que la musique du combo est définitivement à prendre au sérieux, même si eux ne semblent animés que par la passion et la spontanéité. Un groupe à voir en live avant ou après la mort.

 

the-mount-fuji-doomjazz-corporation-egor.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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