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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 01:33

Sortie : avril 2012

Label : Nomadic Kids Republic

Genre : Folk, Minimal, Ambient, Field Recordings

Note : 8,5/10

 

Avec presque un album sorti tous les ans depuis 2006, The Green Kingdom navigue dans des eaux pures mais malgré tout confidentielles. Il est amusant d'apprendre que Mike Cottone vient de Detroit, tant sa musique semble opposée à une vie citadine. Ses productions électro-acoustiques avaient jusqu'alors fait la fierté et le bonheur de labels tels que SEM, Own Records et Smallfish. Jusqu'à ce qu'un certain Ian Hawgood, à la tête de l'extraordinaire label Home Normal et de sa jeune "filiale" Nomadic Kids Republic, ne vienne lui proposer une toute nouvelle exposition. J'avais moi-même chroniqué son Twig & Twine à l'automne 2009, mais la simple et rapide lecture de cette ancienne chronique me fait trop honte pour que j'ose communiquer aujourd'hui son lien. Egress est sorti le mois dernier, les exemplaires physiques n'ont presque pas eu besoin de promotion pour pratiquement tous s'écouler. Normal vous dirais-je, Egress est dans son genre, le meilleur album que j'ai eu l'occasion d'écouter cette année.

 

Qu'est ce que le minimalisme, au delà de cette étiquette parmi les autres qui permet à l'auditeur de se repérer ? C'est pour certains artistes (des vrais) une contrainte. Celle de devoir être évocateur avec peu et de parfois se laisser aller à l'essentiel en oubliant le superflu. Si certains ont érigé le minimalisme en tête de proue d'ambitions artistiques pseudo-contemporaines, d'autres refusent d'opposer le trop et le pas assez, rappelant à tout ce beau petit monde que la musique existe avant tout pour être écoutée par un plus grand nombre de curieux.

Fin de cette parenthèse qui n'apportera, je vous l'accorde, strictement rien à la chronique, mais qui soulignera comme il se doit, le tour de force tranquille réalisé ici par The Green Kingdom. Car Egress est un album de musiques électro-acoustiques qui sait transmettre tellement avec si peu. Nul besoin d'être doté d'un background impressionnant en la matière, pour succomber face à tant d'élégance et de simplicité. Il est donc accessible au plus grand nombre. Il suffit d'avoir un coeur et une installation hi-fi ou un casque pas trop dégueu, pour en faire le compagnon idéal à emmener sur une île déserte. Les plus jusqu'au-boutistes auront peut-être envie de se la jouer retraite Into the Wild, de quitter les bureaux oppressants pour aller se reposer à l'ombre d'arbres millénaires et vivre du fruit de leur chasse et de leur pêche. Rassurons d'ores et déjà les plus sceptiques, Egress n'est pas un album qu'on écoute chez Truffaut et n'a pas été playlisté par les communicants de chez Nature et Découvertes.

Les majestueux crins de Emerald Perspective nous transportent immédiatement vers des territoires calmes at apaisants. L'ambient, comme les drones et les field recordings, participent forcément à rendre ce soundscaping si immersif. Celui qui pose les oreilles et les pieds au creux de ces sentiers accueillants sera donc attentif au moindre boulversement, enveloppé dès les premières secondes d'écoute vers un microcosme auditif où la volupté et l'enchantement sont les seuls guides. Je ne reviendrais pas sur ma pseudo-thèse au sujet du minimalisme, mais mon dieu, comment est-il possible de témoigner d'autant de richesse avec un tel simple saupoudrage.

Je vous épargnerais mes visions ô combien personnelles, de farfadets rieurs courant à travers les touffes et les bosquets, de ce sentiment d'être enfermé dans une bulle de savon tel un narrateur omniscient des secrets d'une forêt chimérique. La catharsis, dépourvue de toute substance dramatique est pourtant bien là. Cachée derrière ce pur et troublant sens de l'esthétisme.

Signalons d'ores et déjà que les titres Woolgathering et Butterstorm sont des indispensables du genre. L'enchantement est de mise, surtout quant le deuxième cité lorgne du côté d'une folktronica savoureuse et fragmentée. Sur le premier, les accords simples de la gratte, associées à ce contraste dans les textures, entre le vert clair et le vert foncé, entre l'opaque, le nébuleux et le cristallin, ravivent les sentiments déchus des années de l'enfance ou à moindre échéance, d'une période où l'insouciance était de mise. Dans un genre aussi ondulé et plein de réverbérations limpides, l'excellent Rusticlub s'en tire plus qu'à bon compte, mais son caractère plus immédiat sur le versant émotionnel l'empêchera de prétendre au même niveau d'excellence. Idem pour la courte encordée homéopatique de The Caves of Summerisle.

C'est donc avec un plaisir encore plus grand qu'on accueillera les drones plus lourds et l'atmosphère plus embrumée de l'excellent Gray Waves, avant que notre nouvelle et virtuelle clairière préférée puisse prétendre à une jachère méritée sous un tapis neigeux, lors du morceau final au titre extrêmement bien choisi.

 

The Green Kingdom livre avec Egress son album le plus abouti et le plus remarquable. Il est encore temps de se le procurer via certains mailorders. Inutile de vous rappeler tout le bien que je pense de Home Normal et de Nomadic Kids Republic. Voici un album qui apporte la paix et le repos. Conseillons le donc à ceux qui souhaiteraient soigner leur éternel sentiment d'insécurité.

 

http://www.fluid-radio.co.uk/wp-content/uploads/2012/05/cover6.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

TechNono 14/06/2012 00:17

Les extraits que j'ai pu écouter sont vraiment agréables et donnent envie, malheureusement il y a déjà rupture de stock.... Ça fait mal...