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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 11:08

Sortie : octobre 2011

Label : Kompakt

Genre : House aérienne

Note : 8/10

 

Une simple boucle peut vous rendre dingue, la répétition infinie d’un son vous agrippe alors et vous catapulte au-delà de la stratosphère afin de vous faire entreprendre l’éternité le temps d’un morceau. Ne cherchez pas, ne cherchez plus, Looping State Of Mind de The Field est plus efficace que n’importe quelle pilule du bonheur.

 

Le suédois Axel Willner avait déjà conquis le monde en 2007 via son From Here We Go Sublime avant de confirmer toutes les espérances placées en lui en 2009 avec Yesterday & Today (chronique ici). Sa recette pourrait paraître excessivement simple mais il n’en est rien. Pourtant, tout fonctionne toujours de la même manière : une boucle lancinante (à la guitare, au piano,…) se parant des artifices électroniques nécessaires à l’explosion (montée progressive, rythmique house, adjonction de drums,…). Mais le génie de The Field est de nous ouvrir les portes de la perception en prolongeant l’orgasme indéfiniment. Alors que n’importe quel producteur se contenterait d’une utilisation plate d’une boucle, lui préfère l’amener vers des territoires insoupçonnés. Pour cela, The Field mise pleinement sur la capacité de concentration de ses auditeurs. Il est impératif d’adhérer au fait que les morceaux s’étirent sur près de 10 minutes pour mieux arriver à leurs fins. A partir de ce moment là, ce n’est pas un voyage que vous entreprenez mais une odyssée.

La boucle s’empare de vous insidieusement, prend place dans votre esprit, se loge dans un coin avant de faire effet. Au bout de quelques minutes, l’abandon apparaît. Et alors que vous êtes dans une transe inévitable, le morceau décide de jouer avec vous, de prendre le large, d’ouvrir les fenêtres pour entrevoir le champ des possibles. Vous planez littéralement et vous ne voulez plus redescendre.

Même si on retrouve pleinement l’esprit des précédents travaux de The Field, on ne peut qu’adhérer à cette volonté de poursuite impossible. Pourquoi prendre la tangente alors que le mec a trouvé matière à extasier les foules ? Ce troisième album n’est rien d’autre qu’une fuite en avant, la sensation que The Field touche de près au but. Et la peur qu’il y arrive s’immisce car tel un fix trop fort, on craint de rester bloquer un jour sur un morceau, de ne plus pouvoir redescendre.

Looping State Of Mind n’a pas volé son titre. On passera sur l’hommage évident au N.Y. State Of Mind de Nas pour mieux se focaliser sur le looping. Car oui, la musique de The Field c’est un tour de montagnes russes uniquement composé de 360 vertigineux. Mais le vertige possède parfois des vertus insoupçonnées et on est loin, bien loin, de l’envie de vomir. Les loopings sont ici cotonneux et comme ralentis par une force occulte. Cette étrange sensation s’observe par un son résolument marqué par le krautrock et le shoegaze, par une volonté d’emplir l’espace sonore, de ne rien laisser s’échapper afin de scotcher l’auditeur, de le maintenir sous pression afin qu’il n’ait jamais envie d’aller voir ailleurs. Je ne m’arrêterai ainsi sur aucun morceau particulier (même si l’envie me démange) car l’album ne peut s’appréhender que dans sa globalité, l’édifice ne tenant qu’à partir du moment où l’on comprend que le looping est l’ossature permettant à l’album de prendre tout son sens. Les 7 morceaux de l’album ne font plus qu’un, se répondant inlassablement, ne cherchant pas à prendre l’ascendant l’un sur l’autre mais constituant au final un puzzle psychédélique en forme de cadavre exquis.

 

Si certains doutaient encore de l’immense talent de The Field, qu’ils aillent jeter une oreille à ce Looping State Of Mind. Ne dites pas qu’on ne vous avait pas prévenus. Le trip est imparable, l’efficacité immédiate. Votre cerveau va alors connecter de nouveaux neurones, vous transportant dans un monde où les frontières n’existent plus. La redescente sera longue, très longue mais le plaisir est tellement immense que vous ne pourrez que succomber.

 

http://images.junostatic.com/full/CS1820947-02A-BIG.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques
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commentaires

shadowbox 15/10/2011 15:21


It's Up There résume parfaitement l'album: beau et addictif

belle chro btw


Chroniques électroniques 15/10/2011 23:37



Et si l'on possède du bon matos hi-fi chez soi, le laché de basses à 1min20 est dément.