Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 01:50

Sortie : janvier 2012

Label : Signifier / Force Of Nature Productions

Genre : Glitch, Ambient, Field Recordings, Indus

Note : 7,5/10

 

Josh Colella a longtemps fait le bonheur de labels spécialisés dans l'indus et ses mutations, comme Hands Productions ou l'aujourd'hui silencieux DTA Records. Il s'affublait à l'époque du pseudonyme imprononçable de Scrap.edx. Le label Signifier, propriété de l'ancienne pensionnaire de Tympanik Shannon Malick, cherche un peu ses marques entre sa nostalgie EBM et son goût prononcé pour le rythmic noise. Il s'adjoint donc cette fois-ci à l'intéressante maison Force Of Nature pour mettre en avant les nouveaux et surprenants projets de Colella sous sa nouvelle enveloppe carapacée. La release est uniquement disponible en digital, in any format you could possibly desire, selon la cordiale formule sur-consommée.

 

The Carapace ne s'est pas fait chier à baptiser ses tracks. La seule précision de leurs dates de naissances étant sensée suffire. Mais cette désinvolture nonchalante et apparente pourrait finalement être bien plus réfléchie qu'il n'y paraît. Moments In Time ? Oui, mais de août 2009 à juin 2011.

Ce qui désarme en premier, c'est l'incontestable fluidité qui se dégage des constructions. Encore plus quand on sait que l'ensemble est essentiellement cousu de fields recordings customisés. A propos des fields recordings, le jeune débutant en la matière Lustmord précisait dans une récente interview (qu'on ne saurait plus vous recommander de lire ici) qu'ils étaient une matière non négligeable de sa musique mais que leur quête relevait de la chienlit pure et simple. On se souvient aussi des anecdotes relatées par Chris Watson, dans sa patiente et interminable traque d'on ne sait plus quel quadrupède pour saisir un court instant de son cri sauvage. Fin de parenthèse pour dire que The Carapace a sévèrement dû galérer dans la captation, encore plus ensuite pour les rendre aussi méconnaissables. Les mécanismes de déconstructions étant légions dans les sphères électronqiues et expérimentales, nous ne doutons pas que la raison de sa raison doit donc en avoir une qu'on ignore.

Deux ombres planent, et pas des moindres, au dessus de ces Moments In Time. Celle de Hecq tout d'abord. Colella s'est probablement plus qu'inspiré de toute la synthèse effectuée par le prodige allemand de chez Hymen Records. Son appréhesion du sound design bien sûr. Sa façon d'amener les coupures franches et massives dans l'épopée rythmique, et sa manière de faire imploser le beat comme une brindille de bois trop vert confortent dans cette éventuelle idée. Son bon goût pour les canevas ambient oniriques, stellaires et crépusculaires également. Plus particulièrement sur les très très réussis titres réalisés dans les derniers jours de décembre 2009 et 2010 (le 3 et le 6 pour ceux qui peinent à suivre la chronologie). Les respirations naturelles du beat sont parfois préférables aux convulsions complexes et vaines. Surtout lorsqu'on précise qu'on a pensé cet album comme une expérience mentale. Même si personnellement, j'ai trouvé que les moments propices à la méditation étaient aussi nombreux que les oasis à Charleroi, ou les charcuteries fines à Kandahar.

L'autre ombre planante ici est est le dubstep. Certains de ces apparats en tous cas. Précisons que l'ombre peut paraître aussi volatile qu'évidente, en fonction de l'angle sous lequel on écoute l'oeuvre mais, surtout en fonction de l'éventuelle aversion qu'on peut avoir pour le genre en lui même. Ne nions pas que certains voudraient voir l'ombre du dubstep actuellement un peu partout, et déclenchent une chasse au sorcières plus épidermique que justifiée sur le fond. N'empêche que voilà, y a des moments où les graves régurgitent des volutes de glichts somptueux, mais là où l'enluminure broken beat et downtempo pouvait suffire, surgissent parfois les cuts cinglants du sheitan musical des années 2000. Sheitan bien sûr pour ceux qui agitent le bon goût et le purisme comme marotte superficielle.  The Carapace tire surtout son épingle du jeu dans les différentes sensations qu'ils propose. Même si les coulisses de l'angoisse sont peut-être les plus perceptibles à l'oreille nue.

 

Car pour être enfin clair, les descriptions ou comparaisons étalées ici rassembleront autant qu'elles disperseront les éventuels clients de ce genre de son. Pour être tout à fait honnête, il faut donc préciser que si le fond peut éventuellement prêter à comparaison, la forme est quant à elle aussi admirable qu'originale. The Carapace se sort de l'ornière haut la main pendant que les pâles copies de Hecq pullulent et que la question de l'absence totale du dubstep se pose dans la création électronique moderne. On regrettera simplement l'ambiguïté peut-être dispensable des directions ici rencontrées, la cohérence entre les différents titres et la possible absence de concept. La nuance appellerait à dire que l'absence de concept peut aujourd'hui en être un. Toujours est-il que le temps ici proposé contient de bons moments et que The Carapace pourrait à l'avenir faire très très mal. La chronique plus élogieuse (à mon avis excessive) d'un nouveau très bon blog traitant de musiques électroniques sombres et tortueuses vous aidera peut-être à vous faire un avis plus définitif (ici). Même si l'écoute est le meilleur des jugements.

 

http://www.signifieronline.com/sites/signifier.indiemade.com/files/imagecache/im_clientsite_product_detail/the_carapace_-_moments_in_time_album_front.jpg?th=austin&bg=FDFDFCpar Ed Loxapac

Partager cet article

Published by Chroniques électroniques - dans disque
commenter cet article

commentaires

daymo 24/03/2012 02:54

pouahhhhh c'est bon, c'est bon ...
Sur certains morceaux j'aurai approfondi le travail des basses notamment le titre 5.
Bon début de soirée de vendredi

Rabbit 22/03/2012 10:05

Si le concept me paraît trop évident pour être absent, il y a deux mois j'étais du même avis que toi sur la cohérence du bouzin. Quelques écoutes plus tard c'est mon album d'IDM préféré depuis le
dernier Tapage - dont la construction vantée par les uns et contestée par les autres avait fait l'objet des mêmes divergences l'an passé. Je ne peux donc qu'approuver l'ultime conclusion de cette
chronique.