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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 19:56

Sortie : octobre 2011

Label : Tympanik Audio

Note : 8,5/10

Genre : IDM

 

Nos fidèles lecteurs éclairés, ainsi que les illustres suiveurs du label Tympanik, savent qu'une fois par an le néerlandais Tapage (Tijs Ham) lève les yeux de son laptop pour nous pondre un attendu long format. Habité par la passion, ce geek probable jouit d'une humilité et d'une sympathie à la hauteur de son talent. Son deuxième album Fallen Clouds, fait partie des albums que j'écoute le plus depuis trois ans. Sa collaboration avec Meander l'an dernier, bien qu'un brin surprenante et dansante, s'avère d'excellente facture. Au début de cette année, il apparaissait sur le label Raumklang Musik de Dirk Geiger, pour livrer un Seven (ici) cristallin et texturé à souhait. Même si l'artwork de Overgrown est des plus déconcertant, c'est avec la faim du boulimique insatiable que nos oreilles averties se sont jetées sur ce nouvel essai.

 

Quand j'ai entendu la contribution de Tapage à l'excellente compilation Emerging Organisms Vol.4 de Tympanik, j'ai pris peur et ai craint que cette dernière annonce un certin reflet de l'album à venir. J'ai même fait part de ma surprise (et de mon inquiétude) à ce cher Tijs. Il me répondit avec le recul, l'humilité et la nonchalance qui le caractérise, que Last était une tentative, un délire dansant qui n'annonçait rien de spécial. Pour lui, ce type de compilations est idéal pour surprendre et explorer de nouvelles choses. Quand on a adoré un disque et qu'à fortiori on trouve son auteur sympathique, on a tendance à vouloir anticiper (et parfois s'approprier) les travaux à venir. Le fan est con, et égoïste.

Les artistes que j'apprécie et avec qui j'ai la chance de parfois conversé sont très souvent surpris des films que je me fais à propos de leur musique. De cette quête de sens et d'images que je ne sais abandonner. Les artistes intellectualisent souvent beaucoup moins que les auditeurs. Pour eux, leur jet spontané ne saurait cautionner quelconque chronique ou interprétation. C'est bien sûr mieux comme ça. Alors inutile de rappeler que les mots qui suivent n'engagent que moi.

Overgrown semble au premier abord totalement anarchique. Les morceaux sont majoritairement courts et ne semblent pas avoir été tracklistés dans un ordre cohérent. Les textures, une fois encore, sont archi-travaillées. Tapage a une façon de concasser les glitchy beats et de leur infliger un traitement très spécifique, dont il conserve le secret avec malice, mêlant les aspects aquatiques et pneumatiques avec une facilité qui force le respect. Mais pour moi, tout l'intérêt de Overgrown réside bien ailleurs de ces considérations techniques.

Suis-je déjà venu ici. Est-ce que j'ai déjà vécu cela ? Quand était-ce ? Et avec qui ? Qui n'a jamais eu cette inexplicable impression de déjà vu, ou même de déjà vécu ? Overgrown est pour moi à l'image d'un désordre cérébral orphelin, qui torture la mémoire séquentielle avec un plaisir sadique. Chaque séquence semble renvoyer à un souvenir, réel ou froissé, fantasmé ou intact. Ce ne sont parfois que des images, furtives et nébuleuses, mais parfois la magie ou la dramaturgie de ces instants passés refont surface avec tout ce que cela comporte. C'est donc peut-être au plus profond de son cortex et (ou) de son inconscient que Tapage est allé chercher ces promenades en amnésie digitale. D'où le côté anarchique et parfois même malmenant des premières écoutes. Si les enchaînements des concassés et crépitants Xyloplax/Crab/Ethyl et Mimic/Leptoid sont ceux qui m'ont le plus touché, c'est probablement car c'est à ces endroits là que mes lésions cérébrales potentielles sont les plus poreuses. Le très groovy Unfolded avec ma logique bien à moi se révélerait donc comme le titre le plus iconoclaste de la bande. Il n'en est pas moins dénué d'intérêt. Bien au contraire.

 

Vous en avez marre de retrouver Tapage bien placé dans notre top IDM annuel ? Est-ce notre faute si comme le printemps, il revient chaque année (tout comme le bien nommé Access To Arasaka et son excellent Geosynchron à venir) avec son lot de promesses ? Il ne semble jamais se satisfaire de ce qui lui est acquis, modifie sa manière d'envisager les textures et la position du beat dans l'espace. La question est : Pourquoi ne jouit-il pas de la reconnaissance qui lui est due ? Souhaitons que cet excellent Overgrown parvienne à lui donner encore un peu plus de reconnaissance et de visibilité. Chapeau bas l'artiste.

 

tapage.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

TechNono 29/03/2012 20:01

En évoquant la "Les textures archi-travaillées" tu as mis pile le doigt sur ce qui fait que je suis totalement addict au son de cet album. Ca crépite dans tout les sens et ça fait plus que du bien
à l'oreille!!

Les enchaînements qui me parlent le plus sont Sine/Loss, Unfolded/Dresscode et surtout Pink Mist/Xyloplax. Avec une mention toute particulière pour Mortuary Beef qui m'envoie direct au 7ème
ciel.

Un truc m'intrigue sur Ethyl: La "ligne mélodique" à partir de 1'04 me fait énormément penser à Crumax Rings de Plaid (à partir de 1'22 précisement).... bref surement une simple coïncidence...

Benk2000 08/12/2011 14:51

Merci pour cette super chronique, très bien écrite.
En particulier le passage sur l'intellectualisation de l'auditeur/fan VS le musicien auquel j’adhère a 100%.
Si j’évoquai à quiconque les images qui me venaient il y a fort longtemps en écoutant FSOL, on me prendrai pour un taré (en même temps on a les auditeurs qu'on mérite ...)
Donc super chronique pour un super album !!!
Et la bonne nouvelle du jour en plus, un nouveau AtA chez Tympanik !!!
Ya des jours comme ça ... :)

Rabbit 08/12/2011 10:13

Un artiste toujours trop méconnu en effet... mais qui sera sur mon podium électro de l'année en tout cas.

bob 08/12/2011 07:19

J'avoue que pour ce que j'ai entendu du nouveau AtA, le type a encore frappé super fort...

Philippe 08/12/2011 01:01

Je suis un fan de cet artiste, grâce à votre site dois-je mentionner. Il réussit à créer des atmosphères particulières qui rendent nos quotidiens plus humains. Après une dure journée de travail,
ses arrangements sonores réussissent toujours à provoquer une certaine évasion chez moi. Ce détachement de la futilité du quotidien m'aide beaucoup à entamer la journée suivante. Merci pour cette
belle chronique.