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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 09:41

Sortie : 29 avril 2010

Label : Hadra

 

Phillip Contamin, ou Sysyphe, fut d'abord membre de plusieurs groupes de rock (bassiste et chanteur) avant d'être un des fers de lance de la scène trance psychédélique dans la région de Grenoble. C'est au début des années 1990 qu'il rencontre la musique électronique, plus particulièrement par l'intermédiaire de The Orb. En 97, il co-fonde l'association Le Manège Enchanté, à la base de soirées orientées trance et ambient en Isère. C'est dans l'antre lyonnaise du studio Ultimae que fut conçu Running Up That Hill, ce qui nous pousse à y jeter bien plus qu'une oreille distraite.

 

Tout laisse à penser que le pseudonyme de l'artiste et le titre de l'album ne sont pas choisis par hasard. Personnage controversé de la mythologie grecque, Sysyphe est mentionné dans L'Iliade et L'Odyssée. Même Albert Camus et Robert Merle ont écrit au sujet de ce destin atypique. Fis d'Eole, il défia les dieux et revint d'entre les morts de par un subterfuge machiavélique infligé à Hadès. Pour cette ignominie, il fut condamné à errer dans le Tartare et à gravir une colline en traînant un immense rocher. La légende dit qu'il ne parvint jamais au sommet. Vous comprendrez maintenant mieux pourquoi, l'album se nomme Running Up That Hill. Vu que les bases de données en matière de sons issus de la mythologie grecque sont un peu pauvres (ahahaha), le sieur Contamin préfère puiser dans le dub, les sonorités orientales et la trance psychédélique pour retranscrire l'errance de Sysyphe. Mystique et aérienne, sa musique est extrêmement bien produite. Le choix des lignes de basses et l'insertion des guitares rappellent que Sysyphe fut musicien avant d'être assisté par les ordinateurs. On ne saurait dire si la colline qu'il tente de gravir est enchantée ou maléfique. Il semble qu'on y rencontre d'autres âmes damnées, des fées bipolaires et des trolls pas si méchants. Les sentiers venteux qui mènent au sommet ont l'air semés d'embûches et de rencontres chimériques. Les morceaux sont longs, variés et organiques. La première partie de l'album est enivrante, grâce aux fresques Hade et Missing Time, l'inquiétant Spellbound ou l'onirique Legend Of Winter. C'est à partir de l'intéressant Handfasing que les sentiments s'inversent. Ce qui se trouvait être très séduisant commence à se montrer peu à peu rébarbatif. Le dub prend l'ascendant sur le côté psyché et on peine à faire les liens avec les trames dépeintes dans la première partie. Il y a même presque un sentiment de surcharge quasi inexplicable. On perd le fil d'Arianne malgré les intéressants Ashes, Sinking ou le très bon Pandora. Dommage.

 

On ne peut néanmoins pas parler d'album en demi-teinte tant la démarche est singulière, indépendante et rafraîchissante. L'aspect mystique et la filiation mythologique contribuent à rendre cet opus très séduisant. On passera donc aisément l'éponge sur les passages un peu moins réussis. Distribué dans sa version physique par Ultimae, Running Up That Hill est également disponible en digital et à un prix attractif sur le site de Hadra Records.

 

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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