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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 00:23

Sortie : juin 2012

Label : Ultimae

Genre : Ambient, Acid, Downtempo

Note : 8/10

 

Ce n'est pas la première fois que le scandinave Sync24 s'accorde une escapade en solo, jamais vraiment très loin de sa formation de prédilection : Carbon Based Lifeforms. Daniel Ringström (ou Segerstad, les paris sont ouverts) a en effet fait les beaux jours du label lyonnais Ultimae, avec son camarade Johannes Hedberg aux machines et l'apparition vocale régulière de Karin My Andersson. Après son Source de 2007, il a sorti le mois dernier Comfortable Void, ôde à une certaine acidité (TB-303 for life) et révélant une palette rythmique qui manque parfois à la certes magnifique harmonie linéaire de CBL.

 

Enveloppée dans un voile effervescent, la musique de Sync24 déploie sa narcotique répétition pour fondre sur sa proie sans prévenir, l'hypnotiser avant de la saillir. Comme un phasme Bacilus arrivé sur Terre par erreur. Les basses, angulaires et monolithiques, associées à ces baignades en contrées acides, définissent des fondements presque rétro-futuristes et sont aptes à sortir l'auditeur de son errance comateuse. Ce qu'il y a de plus frappant, et c'est assez récurrent sur les releases Ultimae, c'est cet art de planter des décors oniriques en début d'oeuvre, aux confins d'un psychédélisme sage et d'un soundscaping prononcé,  pour mieux préparer l'initiative midtempo à venir. C'est sûrement aussi pour ça, que les amateurs de techno mentale apprécient les releases du label, avant tout par cette troublante habileté à raconter des histoires sans fin réelle. 

Mais Comfortable Void est aussi un album qui ravira les fans de la première heure de CBL, surtout dans son premier tiers et cette si particulière utilisation des synthés immortels (mais chatoyants), quand le ciel et la terre se toise tout en respectant la symétrie qui leur incombe, avant de tout redéfinir, flouter la vision et brouiller les lois de la gravitation. C'est presque curieux d'y trouver Dance Of Droids à cet emplacement. Les robots ont eux aussi, droit à leur marche des fiertés, en terre aride où ils sont probablement persécutés pour leur moeurs inversés. Le titre suivant, dont le code enfantin est aisément déchiffrable, se révélera comme un symbole ambient dans la plus pure tradition des scandinaves, comme quand les vagues viennent s'abattre sur d'électriques épaves. Avec Nanites et Sequor, c'est probablement le titre le plus riche, avant tout parce qu'ils interviennent en charnière, en éléments perturbateurs. Les gaz et les guitares traitées (on dirait pour le dernier cité, en moins indalouse, celle de Hol Baumann sur Radio Bombay) créent les ondulations du futur bouleversement. Un peu plus loin, les kicks et les basses faussement apaisées, affûtent un peu plus loin leurs appétits de canidés.

Vient alors l'heure des tubes potentiels (nouvel avertissement dans l'oreillette pour inviter à la nuance) qui font lever les bras au ciel pour implorer la pluie, et s'humecter les labiales avant de succomber à la danse toute la nuit. Pas forcément à l'orée de l'excellent Something Something (qui ressemble beaucoup, dans l'utilisation d'un certain clavier, au meilleur d'Anklebiter) mais définitivement à l'invitation du capturé en live Wave et de l'ascensionnel Oomph, que j'aurais bien aimé me prendre en pleine gueule lors de la Nuit Hypnotique l'année dernière à la Filature de Mulhouse. Il fallait bien un titre ambient, nébuleux et contemplatif digne de ce nom pour amorcer le de-crescendo. Celui qui porte le titre un peu facile de There Is No Spoon érigera une fin à la taille de l'album, onctueuse et pénétrante malgré son léger côté 80's (les synthés, encore et toujours).

 

Après le radicalement dancefloor et déstabilisant album uptempo de Solar Fields, Ultimae, en la personne de Sync24, ravive la flamme d'un ambient psyché un peu trop discret cette année. Un très bon album donc, qu'il convient sans peine de recommander.

 

http://f0.bcbits.com/z/40/95/4095256905-1.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

P.L 24/07/2012 19:04

Magnifique album. Gros coup de coeur. Me donnerait envie de rejouer à Deux Ex...