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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 09:26

Sortie : Janvier 2012

Label : Italians Do It Better

Genre : B.O. imaginaire

Note : 8,5/10

 

Lorsque vous êtes sur la Highway 101, roulant de nuit, en provenance du Nord, et que vous dépassez la colline d’Hollywood, vous faites soudainement face à Downtown L.A. et ses buildings. Cette première vision de Los Angeles fait figure de persistance rétinienne. Désormais, plus rien ne sera comme avant, vous pénétrez dans un fantasme, le réel et l’imaginaire s’entrelacent dans un ballet de lumières urbaines. Pourtant, Los Angeles n’existe pas, si ce n’est dans l’inconscient collectif. Comment croire en une ville obligée de s’inventer des histoires pour se créer un passé ?

L.A. est la ville au plus fort potentiel d’attraction/répulsion au monde et c’est ce qu’a compris Symmetry au travers de son exceptionnel Themes For An Imaginary Film. Alors que l’on pensait que tout avait déjà été dit et écrit sur  Drive, Johnny Jewel (membre de Glass Candy et parton de Italians Do It Better) vient porter le coup de grâce avec cette B.O. mûrement réfléchie du film de Nicolas Winding Refn. Le réalisateur danois s’est longtemps entouré des services de Johnny Jewel et ce dernier avait donc prévu de composer le B.O. de Drive. Mais Refn a préféré convoquer Cliff Martinez (pour une B.O. en tout point remarquable) et a donc laissé le pauvre Jewel, seul avec ses compositions. Pas rancunier pour autant, le mec a décidé de sortir cette première monture sonore de Drive. Le résultat tient en 36 titres pour près de 2 heures de rêveries désincarnées.

Mais il ne faut surtout pas s’arrêter au film, à l’écoute de ce projet démentiel, bien au contraire. Themes For An Imaginary Film est la cartographie ultime de Los Angeles, un monstre sonore synthétisant à lui seul toute la démesure de la Cité des Anges. L’Amérique semble avoir enfantée L.A. dans le seul but de précipiter sa chute. Ville promise à un ultra-libéralisme contagieux et destructeur, cette B.O. en est son principal venin. Le potentiel paradoxal de la ville est résumé dans cette musique hésitant constamment entre le jour et la nuit, la promesse et le désenchantement.

Symmetry ne nous inflige jamais la pleine lumière puisque le soleil n’est qu’un décor. A Los Angeles, tout se joue dans les interstices, dans cet entre-deux, dans ce rempart incassable empêchant de vivre le rêve américain. Symmetry nous oblige à errer sur une musique à la rythmique alanguie, nous faisant miroiter une improbable réussite, en utilisant, avec un savant dosage, les nappes synthétiques des 80’s, laissant ainsi croire que le meilleur de L.A. est derrière elle. Les années 80 auront vu la mégalopole californienne se consumer avec mégalomanie dans un rail de coke fulgurant, stoppant le temps pour l’éternité et établissant définitivement le règne du paraître. Alors que chaque morceau pourrait aisément étendre son pouvoir d’attraction sur 10 minutes, Symmetry préfère l’exemplarité de la sobriété au racolage passif. On est alors transporté par cet univers, finissant par flotter au-dessus des buildings, le long d’un interminable travelling aérien.

Themes Of An Imaginary Film synthétise Los Angeles comme rarement. Puisque L.A. n’existe pas, autant lui fournir une B.O. imaginaire à la hauteur de son fantasme.

 

http://cdn04.cdn.gorillavsbear.net/wp-content/uploads/2011/12/SYMMETRY-575x575.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

michel 08/03/2012 19:42

C'est assez proche de l'album de kuedo aussi. Enfin ce qui est sur c'est qu'il me plait bien cet album. Je profite du double post pour vous dire merci pour cette Nieme découverte.

michel 08/03/2012 17:38

Cool, par moment un petit coté John Carpenter ( de toute façon LA + BO = forcement Carpenter ) avec des sonorités de notre époque. Simple et efficace .