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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 18:32

Sortie : juin 2012

Label : Hands Productions

Genre : Indus, Rythmic Noise

Note : 8/10

 

Le français Sylvgheist Maëlström est un artiste aussi passionnant qu'étrange. Il tente depuis plusieurs années de maintenir à flot son festival de la musique electro-industrielle à Paris. Il est apparu sur des compilations de chez Brume Records ou Signifier. Son album d'il y a deux ans, Lahar (ici), avait été mis en avant par le défunt webzine Connexion Bizarre. Ce proche de Tzolk'in et de tout ce que la scène indus comporte de créatifs, a prouvé aux logiques sceptiques que l'indus n'officiait pas seulement dans une sempiternelle répétition et pouvait être dotée d'une âme. Le label Hands Productions est adulé en terre germanique. Il faut dire que des gens comme Xabec ou Empusae y ont tenu refuge. Même si actuellement, le label peine à maintenir le même intérêt que par le passé, Skaftafell devrait à nouveau lui attirer les éloges qu'il mérite.

 

La passion du français pour les catastrophes naturelles et les lieux désertiques ou dévastés est intacte. Elle se fond à merveille dans sa musique comparable à une avalanche de violence intérieure. La violence n'est pas un problème par définition, elle est même souhaitable si on sait quoi en faire. Ici, la création la canalise, même si elle semble se jouer du caractère immuable de l'équilibre et de la hiérarchie des nobles sentiments. Souffrir pour mieux créer, ou est-ce l'inverse ? Telle est la question à laquelle, le français ne répondra qu'en musique. Dans cette fusion des éléments matériels et dans l'abdication face aux phénomènes naturels.

Ses titres me semblent plus aboutis que par le passé, malgré le fait qu'on puisse noter un certain élagage dans le temps qu'il met à installer ses hostiles climats. Je soupçonnais déjà le parisien de ne réaliser des albums que pour les présenter en live. C'est sans doute encore plus vrai cette fois-ci, car sa musique a gagné en pragmatisme et en immédiateté, surtout sur le plan rythmique. C'est même presque étrange qu'une musique autant basée sur le rythme, puisse se révéler si picturale dans sa profonde capacité à dresser des cohortes de charniers devant les yeux.

Banda-Aceh m'avait déjà alerté sur la compilation "fourre tout" et bien trop inégale These Sounds Will Have To Meet Somewhere In Between de chez Signifier. Elle prend une toute autre dimension en fausse intro de la cavalcade rugueuse et rampante à venir. Si Tlahuitoltepec ressemble un peu aux aspects tribaux de Tzolk'in, c'est sûrement avant tout parce qu'elle aborde les même sentiers sacrificiels et amérindiens.

La véritable évolution pour moi tient dans la grande place laissée aux textures plus électriques, renforçant ainsi le caractère abrasif d'un son propice à la trance sur un dancefloor habité. Il me semble même entendre une six cordes hurlante, en contre-bas de la vague interstellaire introduisant un Kuthia du plus bel effet. L'appétit des drums ne saurait s'y tarir.

Un jour, la technologie permettra sûrement d'allier à la musique odeurs et sensations. On pourrait aisément se servir de Skaftafell pour évoquer la putréfaction d'un monde en cours de lente mais certaine annihilation. Doit-on culpabiliser de céder à la danse, et aux beautés rèches de cette purge intégrale. Le point culminant sera probablement Naturby, véritable hostie de zélotes offerte aux romains dans une forteresse de Massala inondée pour l'occasion (surtout juste pour que je puisse la citer). La logique aurait voulu que la crémation du soufflé s'estompe en fin d'album. Il n'en est rien. Les trois morceaux qui ferment la marche vers les abysses, débrident les instincts de traques dans des schémas rythmiques et des saturations bien moins attendus. Du grand art.

 

Sylvgheist Mälström ne révolutionnera pas une musique industrielle qui n'a plus grand chose à offrir. Mais la force du concept et l'authenticité qui semble transpirer de sa personne rende sa musique toujours aussi passionnante. Hautement recommandé, pour les soldats de l'indus qui ont de la matière sous leur casque. A découvrir sans retenue pour les autres.

 

http://www.medienkonverter.de/images/rezensionen/5068.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

david bernard 02/08/2012 12:05

Je ne peux qu'appuyer le commentaire de kaspar.
Personnellement, vos chroniques me sont d'un grand recours quant à la constitution d'une discothèque (en médiathèque municipale) que j'espère de qualité. Et pour ma culture propre.
Merci, et continuez comme ça :).

kaspar Hauser 02/08/2012 04:03

Mortel ! Mais tu sais moi je suis un petit nouveau sur le site, j'ose pas trop encore me lâcher sur des album que j'aime pas…
Ca va venir ;) Tu connais The Haxan Cloak ? J'ai reçu l'album y'a quelques jours déjà et je l'aime bien (les liens sont dans les commentaires)
A bientôt

kaspar Hauser 02/08/2012 02:47

Je profite de cette chronique pour te dire tout le bien que je pense du travail de défrichage que vous effectuez ici .
Un véritable baume au coeur pour tout amoureux de musiques électroniques.
J'ecris et partage du son sur ce blog :
http://crocnique.wordpress.com
Peut-etre a l'occasion tu tomberas sur quelques trucs qui te plairaient…
En tout cas encore merci !

Chroniques électroniques 02/08/2012 03:43



Salut, merci beaucoup pour les encouragements. Il m'arrive de vous lire. Je suis un fervent adepte du style d'Andy Vérol.