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9 septembre 2012 7 09 /09 /septembre /2012 02:25

Sortie : septembre 2012

Label : Audiotrauma/ant-zen

Genre : Indus inspiré

Note : 8/10

 

Que ce soit en compagnie de son frère au sein de Chrysalide, avec Punish Yourself ou seul, Arnaud Coeffic a traîné ses guêtres d'éternel rebel sur les scènes de toute l'Europe. Bien qu'un peu en marge, son label Audiotrauma et son side project Sonic Area, ont toujours reçu le respect de la scène industrielle, et des labels majeurs qui constituent cette niche alternative. Je ne suis personnellement pas vraiment fan du côté "riot" et des postures un peu adolescentes pas toujours crédibles de Chrysalide, mais il faut reconnaître que le travail de Arnaud autour du son est énorme. Presque autant que sa vision de la musique industrielle et sa culture musicale au sens large. Qualités aussi rares qu'immenses, qui lui donnent toujours un coup d'avance (en matière de textures, de son brut et de puissance live), au sein d'une scène industrielle qui compte trop peu de Empusae, de Kirdec ou de Philipp Munsch. Ceux qui ont pu le voir au Noxious (autre fait d'arme d'Audiotrauma), à la Halle des Chars à Strasbourg ou au festival de la musique électro-industrielle de Paris, s'en souviennent encore. L'art de la mise en scène, associé à la puissance brutale, engendre même des comparaisons avec les regrettés X Makeena. Il fait de plus partie des artistes qui savent ne pas s'éparpiller. Sa discographie compte en douze ans : six albums dont une collaboration. Music for Ghosts jouit donc d'une certaine attente. C'est l'occasion d'une nouvelle association entre les strasbourgeois d'Audiotrauma et les bavarois de chez ant-zen.

 

Si cette Music for Ghosts est bien hantée de spectres plus ou moins flippants, on y préférera les moments teintés de romantisme sombre, où les poitrines opulentes des âmes déchues dégueulent littéralement de leurs cellules corsetées. Ou quand l'univers opaque de Lynch rencontre celui de Dario Argento. On ne saurait dire si les instrumentations classiques relèvent du pur sampling ou de compositions personnelles. Même si je pencherais pour ma part, pour la première hypothèse, il n'empêche que ces aspects classiques grandiloquents apportent un réel actif esthétique à l' ensemble de l'oeuvre. Ce qui pourrait laisser penser que l'album est aussi, hanté par les névroses, les fantasmes et les hallucinations de son auteur.

La palette rythmique et sonore est impressionnante, comme souvent. Il n'y a qu'à constater les premières secondes très "sound design" de Never Ever More, les breaks de The Endless Staircase, ou cette habileté à cisailler la mélodie de blasts abrasifs sur l'excellent The Infernal Clockwork, pour se convertir au constat. On n'est pas là dans la bête et méchante enluminure, Arco est un véritable orfèvre du son. Même quand on persiste à dire qu'en général, les interludes ont peu d'intérêt ainsi qu'un définitif côté old-school, le voile craquelé autour du piano de Dead Muse a le don de poser le doute. Que dire de l'intraçable Eureka, entre déflagrations noise, mélopées Mozartiennes et inspirations baroques. Ceci doit en live, gagner encore en puissance et en maîtrise.

J'avais pourtant eu un peu peur, à l'écoute du néanmoins sympathique The Living Caroussel, qu'il se prenne les pieds dans le tapis en oscillant de la sorte, entre ses postures de chef d'orchestre et de Monsieur Loyal. Ce sursaut ré-apparaîtra au son des voix trafiquées de clôture, du pourtant très bon jusque là Middle Night Ballet, qui me rappellent un peu trop celles entendues sur le 2010 de Chrysalide, et qui confirme que n'est pas Atari Teenage Riot qui veut.

La deuxième partie de l'ensemble laissera la place à des titres extrêmement ambitieux, pour ne pas dire pharaoniques, dans la recherche des accointances entre l'Indus et les sphères classiques. L'oreille un peu trop critique, constatera peut-être que certains passages connaissent la lourdeur et les excès de certains vieux peplums italiens. Les autres ne retrouveront rien à redire aux imposants Inframonde et Haunted Hall Motel Ballade. Pour le deuxième cité, accueillons avec bonheur ce saxo venu de nul part, et ses drums un peu plus naturelles. Tout comme les vrilles improbables et la sans haleine épopée rythmique de The Magic Storytellers. L'album se fermera au son de la martiale et tragiquement sollenelle Funeral March Of An Empire.

 

Bien que souffrant à de très rares moments des excès de ses ambitions, Music For Ghosts est un bordel maîtrisé mais inétiquetable, et demeure une oeuvre aboutie et originale. Un album qui fait du bien aux sphères industrielles et à une certaine idée de l'indépendance. Bien loin donc, de ce qu'on peut parfois reprocher, plus ou moins honnêtement, à certaines facettes du label Audiotrauma. Un album recommandé, qui ne peut que profiter d'une seconde vie en live.

 

http://www.arcotrauma.com/wp-content/uploads/2012/03/MUSIC-FOR-GHOSTS-promo-fly-webfly-2.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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