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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 09:00

Sortie : juillet 2011

Label : Anticon

Genre : rap

Note : 7/10

 

Serengeti pourrait être un pseudo pris par Joaquin Phoenix pour se lancer dans le rap. L'acteur, qui présente sa nouvelle carrière dans le film (canulard ?) I'm Still Here, se pose en défenseur d'une démarche honnête et indépendante, même s'il essaie de faire produire son disque par un P. Diddy dont le dépit à l'écoute de sa musique ne cesse de faire rire. Si Serengeti a sans aucun doute un flow plus maîtrisé et des textes mieux écrits, le son lo-fi sur lequel il pose et ses paroles franches peuvent rappeler la démarche de Phoenix. Le MC de Chicago nous entraîne dans son univers introspectif et sans prétention, dans la droite ligne du label qui sort ce Family & Friends, Anticon, après de nombreux disques publiés chez d'autres depuis 2002.

 

Yoni Wolf (de WHY?) et Advance Base ont totalement compris comment il fallait accompagner la voix de Serengeti. Ils ont donc bâti des instrumentaux fait de bric et de broc, jouant la musique sans forcément faire des boucles, collant des lignes de guitares discrètes à côté de batterie sobres, plaçant quelques rares parties chantées sans fioriture et ainsi parfaitement dans le ton. Ce choix donne une impression d'intimité et de sincérité. En effet, ces sons plein d'humilité poussent le rappeur à se livrer, raconter ses histoires avec franchise et simplicité. Et si l'ambiance n'est généralement pas très festive, un sommet de mélancolie est atteint sur The Whip, le seul titre de plus de trois minutes, dont le clavier poignant et lunaire vous hypnotise, vous mettant à la merci du texte. La force de ce Family & Friends est en effet la clarté de la voix qui permet de saisir facilement les propos de Serengeti. Dès le Tracks d'ouverture, sur lequel le MC dresse le portrait d'un homme qui n'a rien à perdre, l'attention se focalise sur le récit de l'Américain qui nous tient ainsi assez facilement en haleine.

Les morceaux peuvent alors défiler, le flow sera un repère. Entre passages profonds ou plus ironiques, l'album semble intégrer l'auditeur dans un cercle de proches et donne un sentiment de proximité avec son auteur. Un certain minimalisme prévaut et si quelques sons peuvent paraître un peu cheap, comme les joyeuses arpèges de ARP, tout est calibré pour rester sans prétention aucune. Des sons 8-bit de Godamit à la guitare faussement dansante de California, les deux producteurs incarnent parfaitement l'esprit lo-fi adapté à l'artiste. Au terme des onze titres, après un Dwight à la tension palpable, il nous semble faire partie de la famille ou des amis de Serengeti, de bien le connaître, et même de partager quelques souvenirs communs.

 

La simplicité et la sincérité du MC de Chicago font la réussite de cet album qui, par sa sobriété, parvient à se révéler touchant et original... une marque de fabrique chez Anticon.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/61R2QT1jD4L._SL500_AA300_.jpg

par Tahiti Raph

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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