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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 17:14

Sortie : février 2011

Label : Ad Noiseam

Genre : B.O d'un film qui n'existe malheureusement pas.

Note : 9/10

 

Nombreux sont ceux qui ont connu Noel Wessels au milieu des années 1990, époque où il sévissait dans l'underground scène hardcore et où ses sets endiablés ont atomisé des raves dans le monde entier. Le Hollandais est également la moitié de The Outside Agency, projet hardcore surfant parfois sur le gabber mais qui a eu l'intelligence de ne pas succomber à des sirènes trop régressives et trop "stade anal". Ceci n'est pas une dédicace aux fans de Somatic Responses. En tant que DJ Hidden, il fait partie des rares à être parvenu à sortir la D&B d'une ornière kilométrique et galvaudée. Son récent et admirable dernier album, The Words Below (ici), fait partie définitivement des références du genre, même si certains jusqu'au-boutistes lui reprochent d'être trop propret dans son approche des sonorités et textures urbaines. Le premier long format de son projet Semiomime est attendu de longue date par les fans de ses précédents projets, mais pourrait bien ravir aussi un public qui n'avait jusqu'ici jamais entendu parler de lui. Qui d'autre que le label Ad Noiseam pouvait avoir légitimité à sortir un tel projet ? Lui qui n'a pas eu peur de publier des albums de musiques électroniques adultes, comme le subtilement anarchique mais définitivement émotionnel No Land Called Home de Subheim (ici).

 

Pour le commun des mortels, sortir la musique électronique des formats club est une gageure. Pourtant, des aigris coutumiers du genre et des autistes adeptes des micro scènes vont probablement reprocher à From Memory une prétention totalement fictive. Car oui, cet album vient rompre avec toutes les conventions et les étiquettes. C'est un album de musiques électroniques certes, mais ce genre est bien trop étroit pour lui céder toute la place qu'il mérite. Ne soyons pas réducteur, From Memory est une oeuvre époustouflante.

Il faut prendre un métro souterrain pour plonger dans la mémoire de Semiomime. Et dès les premières minutes de Unveiled, une glorieuse révélation vient se soumettre à notre esprit. Noel Wessels aurait-il réalisé le disque de musicien dont nous le savions capable mais dont nous n'osions rêver ? Oui, et plus encore. Car From Memory est la bande originale d'un film muet qui n'existera sans doute jamais. Qu'il souligne des heures et des heures de travail titanesques en matière d'arrangements. Parce qu'il y a ici une approche de la composition et une manière d'envisager les orchestrations qu'on ne trouve la plupart du temps que dans les musiques classiques, modernes ou non. Volontairement, je n'énumérerais pas la somme impressionnante d'instruments naturels rencontrés ici. Je dirais juste qu'il y a du hautbois (Parade). Pas parce que ça a quelque chose d'exceptionnel en soi, mais parce qu'en moi réside encore des vestiges de l'enfant qui fut bercé en écoutant Pierre et le Loup. Vous l'aurez compris, au coeur de cette percée introspective, cinématographique et urbaine résident des compositions qu'on pourrait qualifier de classiques. Citons Parade (et ses crins balkaniques virevoltant), The Mole Children (où des notes de piano troublantes courent et s'agitent pour ne pas être absorbées par un blast ambient et industriel planqué au second plan) et le sublime, épique et indescriptible The Exquisites (conclu par des drums hip-hop du plus bel effet). Voici autant de titres, éclaboussant de classe et de maîtrise, que seul un mélomane ouvert sur la musique dans son ensemble peut concevoir. Mais Semiomime n'est pas à dissocier complètement de DJ Hidden. Car oui, From Memory est aussi un album de DJ. Parler ici de beatmaker serait même plus noble et plus approprié. Il ne renonce pas au saint breakbeat, celui qui cisèle comme un chirurgien les séquences mélodiques. Sur Stalactite, Gnosis, Transistor et Proceeder, on retrouve celui qui sait saillir et gifler vivement les courbes opulentes de splendides mélodies. Souvenons nous d'ailleurs de certains titres de The Words Below, comme The Dreamer ou No Notice qui étaient peut-être déjà les esquisses réussies de ce nouveau projet pharaonique. Retenons aussi The Remembering, faux interlude au piano qui relève furtivement nos synapses hors de ces eaux sombres et troublées pour nous rappeler que ce disque est une invitation au souvenir. Créé de toutes pièces ou inconscient ? L'histoire emportera avec elle ses secrets et c'est sans doute mieux comme ça.

 

From Memory est une éclatante oeuvre sombre qui se révèle déjà comme une des réussites absolues de cette année. Il ne peut en être autrement. Elle mérite de fédérer des auditeurs qui nagent de près ou de loin dans la sphère des musiques électroniques. Sauf ceux qui souffriraient peut-être d'un rachitisme émotionnel incurable. Et ça aussi, il ne peut en être autrement. Précisons comme nous le faisons souvent que le shuffle est le Mal et que le mp3 est un format définitivement obsolète pour envisager de tels chefs d'oeuvre à leur juste valeur. Cordialement, bisou, même aux fans de Somatic Responses.

 

http://www.adnoiseam.net/store/images/adn139.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

WeirdLittleMan 28/04/2011 20:57


Je suis juste en train de l'écouter, et c'est absolument sublime ! Je découvre grâce à vous que c'est donc DJ Hidden qui est derrière ça. Je ne suis pas plus intéressé que ça par son travail même
si je respecte beaucoup, mais du coup, je vais retourner voir sa discographie ! POur moi "From Memory" me fait penser à une déambulation dans une ville cousine de Silent Hill, mais avec son propre
langage, sa propre personnalité ! En un mot, époustouflant, je vais de ce pas me ruer sur le CD !


Dave 23/02/2011 12:00


J'ai écouté l'album hier soir et j'ai été scotché. Excellent disque !


Pierre 23/02/2011 01:21


J'suis pas sensible a la flatterie espèce de lâche !..., il n'en demeure pas moins que mon meilleur com reste celui qui me valu une fatwa des mola III smith et niveau zero !

+


Pierre 23/02/2011 00:57


Ça va merci :)

Sinon ouais je trouve ça sans intérêt particulier, d'une manière générale. J'ai encore le droit? (moi aussi je fais ma petite chatte, j'aime bien).
J'ai lu ta chroniques pas excessive du tout, les comms pas excessifs du tout et je me suis dis : "tiens, peut être que c'est vraiment bon (et en plus comme j'aime dj hidden ainsi que Prokofiev ça
devrais le faire d'une manière ou d'une autre)".
Mal m'en a pris.
Je me suis ennuyé, vraiment, moi, perso.
Alors soit je dis rien, comme je le fais depuis le début de l'année quand je n'aime pas, soit je dis, de manière mi badine mi sérieuse, ce que je pense, moi, perso ; et lui pense que c'est
inutile... (pourtant je ne souffre pas de "rachitisme émotionnel incurable" et je connais un peu, je pense, le sujet (qui est, je le rappelle, non pas Hidden ni Ad noise, mais la MUSIQUE).
Est-ce à dire que je suis un abrutis, un aigris, ou un autiste?

Voilà tout (encore une fois, c facile de taper sur le jumpstyle ou le gabber (style autrement moins surfait et autrement plus sain que le dubstep par exemple qui est, tiens le toi pour dis, que et
uniquement que du marketing (je développe sur demande quand tu veux) : comme il est facile de séparer le bon du mauvais : tout l'intérêt de la critique, est, je pense, dans la mesure on ne peut pas
prétendre raisonnablement a l'objectivité absolu, de séparer le bon du bon, en l'occurrence ça, ça dégage. Mais je dois en être au stade anal...

Nul mauvaise fois et encore moins de théorie du complot (!) (je ne sais pas ou t'es partis chercher ca sérieux)

Bon voila pas la peine d'en faire une histoire ni de publier ce com qui ne sert a rien, je pense.

+


Chroniques électroniques 23/02/2011 01:04



Voilà qui se confirme, je préfère quand tu te pares de ton avatar Pierre. Post plus vindicatif, plus ombrageux et donc plus personnel. Ton meilleur à ce jour et ne serait-ce que pour ça, il faut
qu'on le publie.



l 22/02/2011 20:57


Je l'avais noté très sévèrement, comme il faut savoir le faire - (dédicace a Pleq qui ne trouve rien de mieux a faire que de se "venger", preuve que pour lui la Musique n'est pas une affaire
sérieuse (y'en a deux de nouveaux, pour cette année... (oui, des albums...))) - , mais c'est quand même pas n'importe qui, même si c'est personne (ce qui n'est pas du tout une tare en soit et que
ça ne veux pas dire grand chose). Je l'ai donc réécouté.
Outre le fait que je le trouve effectivement prétentieux (pas fictive la prétention. Entendons nous bien : je ne dis pas que le gars il fait le kéké ou se prend pour un autre, je dis juste qu'il,
en changeant de bassin, fraye avec d'autres sortes de poissons, et que cet album a du mal a supporter la comparaison, objectivement, ce que tu sais très bien d'ailleurs (pour quoi tu te mens à toi
même, c'est une autre question).
Comme ce n'est pas non plus une tare en soit, je l'ai donc réécouté. Je trouve ça trop délié (les 9 premières sont "trop utiles" a la suite de l'album pour être réellement intrinsèquement
intéressantes : on a l'impression que le gars il nous narre - à posteriori -, le long et essentiel processus qui l'a amené a aborder ça musique différemment : c'est lourd. Très. La 10 pas besoin de
revenir dessus, et après c'est le grand bassins avec les autres poissons..., jusqu'à la 15 qui ne vaut pas The Stones de Defrag, si vous voyez ce que je veux dire ; la 16 qui est le "résumé" de
l'album, comme j'aime à le dire ; et la 17 qui tombe un peu a plat, de facto.



Dj Hidden ne me dérange pas, mais je suis déçu par cet album, non pas que j'en attendais quelques chose, comprenons nous bien, mais parce qu'il est décevant, je trouve (lol --> je vais pas tenir
encore longtemps!)



+

l


Chroniques électroniques 22/02/2011 23:43



Je préférais quand tu signais sous le nom de Pierre, ta mauvaise foi et tes théories du complot étaient moins grossière. Comment ça va depuis que t'es sous zyprexa ?