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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 10:21

Sortie : janvier 2011

Label : Sandwell District

Genre : Techno

Note : 8/10

 

Comme souvent, le propre des labels de haut-vol est de vivre caché, à l’écart du moindre regard inquisiteur. Les légendes peuvent prospérer pendant que les mythes perdurent. En niant toute démarche mercantile, certains artistes arrivent à créer pour mieux nous surprendre. C’est le propre de Sandwell District, obscur label anglais à la démarche radicalement D.I.Y. et qui distille sporadiquement sa deep-techno organique depuis 2002.

 

Le passage au LP s’est fait dans la discrétion la plus totale. En éliminant toute trace personnelle, toute tentative de récupération individualiste, par le biais de la suppression des artistes pour ne laisser que le nom du label comme appel d’offre, Sandwell District fait davantage figure d’activiste. Feed-Forward passera entre peu de mains tant l’édition vinyle est limitée. Il y a la volonté de laisser une empreinte durable par des chemins de traverses. Les seules infos piochées sont un compte tumblr et l’action de Regis et Function derrière cet édifice monstrueux.

Feed-Forward est une machine redoutable, un des meilleurs albums de techno entendu depuis des lustres. C’est comme si Sandwell District avait avalé le travail organique d’Ostgut Ton (Marcel Dettmann en tête) et le façonnage sonore de Basic Channel pour nous livrer un album techno d’une puissance impressionnante.

Feed-Forward ne peut s’écouter qu’au casque, yeux fermés. Immédiatement le décor prend forme dans votre esprit. Il est 2h du mat’, vous êtes dans une usine désaffectée, glaciale, seul face à vous-même. Les frissons parcourant votre corps ne sont rien de plus que des courants d’airs chargés d’électricité statique. Les sons rampent le long de votre jambe, vous paralysant. Pour peu que vous vous focalisiez sur un son, un seul, souvent bref, et vous voilà happé dans un univers hypnotique. Pendant ce temps, le morceau se déploie, s’élargit et son emprise devient alors totale tout en étant d’une sidérante subtilité.

Pas de couleur ici, seulement le gris. Un gris brumeux démontrant que la beauté peut surgir du brouillard, de manière impalpable et indomptable. Pourtant, malgré son côté frontale, à la limite du totalitaire, Sandwell District arrive à insuffler de fines bouffées d’air à son mutant, par le biais d’amples nappes évolutives. On finit par se sentir à son avantage dans cet univers délétère.

Impossible de figer un morceau tant l’ensemble forme un tout. Chaque nouvelle écoute révèle des pistes encore non explorées et c’est quand on pense avoir saisi l’ampleur de l’édifice que celui-ci s’écroule devant vous pour mieux être reconstruit.

 

Feed-Forward est une pépite, un album de deep-techno pétri dans les interstices urbains, un no man’s land futuriste. Sandwell District vient de diffuser son poison mortel. Précipitez-vous, il n’y en aura pas pour tout le monde.

 

http://static.boomkat.com/images/401582/333.jpg

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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W.S. 28/09/2012 14:11

j'adore ce disque ! (découvert grâce à vous).
auriez-vous des trucs dans le même genre à me suggérer (hormis Basic Channel que vous citez déjà et que je connais) ; un peu sombres, hypnotiques... je cherche mais j'ai du mal à trouver : /

Chroniques électroniques 29/09/2012 11:15



Tente le Voices From The Lake, sorti cette année. Tu vas sérieusement tripper. ;)



Paranoiak 02/03/2012 05:13

Sandwell District, c'est de la pure bombe ! :) J'ai appris qu'à priori, ils n'existaient plus. (source relativement fiable)

johnnyjohn 13/02/2011 16:01


Effectivement. C'est un superbe album. Rien à dire de plus que cette chronique.
Je me permets de soulever un sujet annexe.
Car autant j'aime les prods Sandwell District autant je ne comprends pas leur politique de diffusion.

C'est parti.
"Précipitez-vous, il n’y en aura pas pour tout le monde."

Question : Si il n'y en a pas pour tout le monde,
comment ai-je fait pour découvrir cet album diffusé uniquement en vynil pressage LIMITé ?

Et oui, on est en 2011. Internet change la donne.

Tout ca pour dire que cette diffusion au compte goutte sensée apporter un "plus" n'est que de la (excusez moi le terme)foutaise.
Non seulement, cela va créer un tarif élevé sur le marché de l'occasion (plus value aux dépens du label) mais en plus
ca n'empechera personne de pouvoir l'écouter (la preuve, moi).
Dernier point, si l'envie nous prend de rémunérer les artistes, celà devient impossible (c'est mon cas aussi).

Une politique globale des dirigeants de ce label on ne peut plus idiote au final.
On serait tenté de se demander pourquoi ils produisent si ils ne veulent pas être écoutés.
(Meme réflexion à l'encontre de Donato Dozzy et son album K)

Pour conclure. Oui, ca me tue ce genre de politique. Et je prends la chose à coeur. Surtout quand ce sont des productions qui MERITENT d'etre connues comme cet album (combien de trucs fades sortent
chaque jour...).
La techno est déjà une musique de "niche". Comprendre ne touchant qu'un nombre ridiculement petit de gens. Inutile d'en rajouter une couche.


ARTY 12/02/2011 16:28


C'est assez énorme merci beaucoup pour vos découvertes sa serai cool de nous dires quand ces mecs passeront à Paris


Chroniques électroniques 12/02/2011 18:51



Ils sont passés le weekend dernier.


Dommage.