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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 20:11

Sortie : avril 2010

Label : Mad Decent

 

Si le dubstep était une grande fête, le gars Rusko serait forcément tête d’affiche. Depuis 2006 Christophert Mercer abreuve les clubs de ses turbines, avec un quasi statut de "super star". On lui doit une bonne part de la diffusion et de la vulgarisation du genre, et il impose dès le début un point de vue "wobble" et vrombissant du dubstep, gorgé de références roots. Il sort notamment les Babylon vol. 1 & 2 ainsi que la fracassante compil’ Frabriclive 37 avec Caspa, et marque les esprits à coups de Action Dread, Mr Chips, Love Is Real ou l’anthémique Cockney Thug. L’appréhension est donc de taille face au premier album de celui qu’on adorait… il y a trois ans.

 

Après écoute, dans un soupir, une seule question s’impose : grands dieux, pourquoi sont-ils tous obligés de se prostituer ? Comme Starkey, qui s’était allègrement ramassé avec son Ear Drums And Black Holes (ici), Rusko a fait le choix de lustrer ses basslines avec du plaqué or bien west coast. Face aux quelques previews et à sa signature sur Mad Decent, le label de Diplo, le constat était pourtant prévisible. O.M.G.! multiplie les featurings, donnant ainsi la parole à Amber Coffman, Rod Azlan, Redlight, Ben Westbeech, Gucci Mane et Crookers (!). Participations qui semblent n'avoir pour but que de dissimuler une production édulcorée. Difficile en effet pour Rusko de masquer sa volonté de toucher le grand public. Les beats, qui n’ont plus rien de sauvage, sont dilués dans une soupe mêlant chants r’n’bisants, sirènes, synthés criards, vocoders et autres références du meilleur goût. La dimension FM de O.M.G.! paraît, quant à elle, évidente. Rusko pourrait bien être le premier à avoir tenté d’injecter de la pop au dubstep, avec entre autres l’intolérable Feels So Right avec Ben Westbeech, qui flirte en terme de qualité avec un tube de David Guetta. Lorsqu’il ne copule pas avec une chanteuse de r’n’b, Rusko s’essaye au dancehall digital (Rubadub Shakedown), nous sert du ronflement de basses au kilomètre (I Love You), ou s’entoure de grands méchants gangsters (Scareware avec Redlight). Il n’y a que le dernier titre pour nous rappeler le bon vieux temps, ce génial District Line, qui apparaît comme le digne descendant d’Action Dread, me ferait presque verser une petite larme.

 

Rusko lâche ainsi un disque gras comme un Big Mac de trois jours. Avec sa production racoleuse et ses effets ignominieux, cet album s’affiche comme le meilleur exemple d’un dubstep de pacotille, corrompu par les diam’s, les chaînes dorées et les billets verts.


                                                                                                                                  par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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damien 19/05/2010 13:56


Mmmm... je suis content de lire qu'on casse un peu le dubstep. J'ai quand meme le sentiment qu'il ne reste plus que deux voies ouvertes à cette musique (les deux me font aussi chier l'une que
l'autre): "cérébrale" (comme on dit d'une musique chiante mais avec des beaux sons et des sortes d'atmosphère, mais qui ne fout pas la patate ni ne donne l'envie de danser) ou grasse, c'est à dire
qui ne donnera envie de danser qu'à ceux à qui la musique gueulera dans les oreilles "danse ducon!!!". Mais aucune légèreté, aucun humour (surtout pas), aucune finesse ne pourra plus rentrer dans
les productions dubstep, comme pourtant meme les producteurs d'n'b parmi les plus décadents (lemon d et dillinja) avaient su garder jusqu'au bout. En meme temps, si certains mecs ne font pas de
productions pourries et ne finissent pas par tuer un genre, ça n'avance pas. Merci à eux, dans un sens.


Chroniques électroniques 19/05/2010 18:18



Cher damien


Simple précision je ne "casse" pas le dubstep, je descends juste la bouse que Rusko a eu l'aplomb de nous servir. Tu trouveras en revanche dans nos lignes une multitude d'excellents albums, qui
prouveront peut-être aux pseudo désabusés que, eh bah non, c'est con, le dubstep n'est pas mort. Il suffit de se pencher un tout petit peu sur les sorties d'un label comme Echodub (et tant
d'autres) pour en avoir de la finesse et de la qualité, et à ne plus savoir quoi en faire.


 


Manolito.



YyrkoOn 18/05/2010 03:15


Tous ces groupes ont surtout en commun la capacitée d'avoir un son propre et plutot efficace qui les a amené a sortir de bons maxis et ils essaient tous de capitaliser sur un long format alors
qu'ils n'ont rien a y dire et que leur musique ne s'y prete pas. Pour remplir le CD et attirer le chaland on y met du R'n'B autotuné merdique mais il y a rarement plus qu'un maxi a ce mettre sous
la dent une fois trié.

Pour le coup Rusko aura reussi a nous sortir un album encore pire que celui de son comparse Caspa (qui avait au moins eu le merite de nous épargner les miauleuses a joli fessier). C'est simple a
part l'efficace premier morceau et la derniere piste je n'es rien trouvé a sauver.

Pas vraiment decu car j'en attendais pas grand chose, mais ca fait toujours mal de voire un mecs capable de sortir des petites bombes en format court nous servir ca. Pourtant j'aime rusko, la
"turbine", mad descent et la musique hype et putassiere.

Doit tres vite nous sortir un excellent maxi sous peine de ringardisation rapide.


Artyslash 17/05/2010 15:45


Pas vraiment surpris que vous descendiez l'album après ce que vous avez infligé aux crookers, major lazer et à presque tout ce qui est affilié à la "hype putassière".

J'ai pour ma part trouvé l'album plaisant et divertissant et je pense pas qu'il y ai eu ici la prétention de faire autre chose. Il s'est peut être vendu pour vouloir sonner plus commercial il n'en
reste pas moins que c'est pas encore trop mal foutu.
Bon ok c'est pas transcendant mais je pense qu'une ouverture ainsi fait n'est pas une mauvaise chose...

Au pire arrêtez de chroniquer les sorties mad decent et tout ce qui touche de prêt ou de loin à la turbine que vous haissez tant ! A moins que ça vous fasse un plaisir vous d'écoutez des choses qui
vous insupportent.


Chroniques électroniques 17/05/2010 17:39



Cher Artyslash,


On va juste continuer à descendre ce genre de disques de la même manière que tu continueras de les écouter. Et pas parce que c'est hype ou parce que c'est putassier. Simplement parce que c'est
mauvais. Bien à toi et salutations admiratives à ton O.R.L.


Ed Loxapac.



D 16/05/2010 20:44


Merci!


Paad 16/05/2010 20:38


J'ai ressenti ça aussi. Du dubstep de supermarché...