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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 16:58

Sortie : 29 avril 2011

Label : Rump Recordings

Genre : Dubstep, Electronica, Soul

Note : 5,5/10

 

Rumpistol n'a rien d'un arriviste. Depuis 2003, le Danois Jens Berents Christiansen a réalisé trois albums, tout en assurant la gestion de son label Rump Recordings, qui accueille des personnages aussi sympathiques que System ou Karsten Pflum. Ce qu'il y a d'intéressant dans la musique de Rumpistol, c'est cette fusion d'électronica abstraite et de dub sous-jacent, de glitch et de délicates résonances acoustiques. Dynamo, son dernier opus en date, sonnait comme une merveille de downtempo vrillé et bancal. Mais sur ce nouvel EP, cet originaire de Copenhague a choisi d'emprunter une voie un tantinet différente.

 

Il semble indiscutable que le sieur Christiansen fut influencé à un moment ou à un autre par la vague que certains s'amusent à qualifier de post-dubstep, et qui charria des Mount Kimbie, Sepalcure et autres James Blake. Mais que ceux qui se délectent de mariage de soul et de beats syncopés délaissent donc ce blanc-bec de Blake et s'essayent aux divagations pulsées de Rumpistol. Elles sont d'un tout autre niveau. Certes le bonhomme n'invente rien et ne renouvelle en aucun cas le genre, mais lorsque tant d'autres déçoivent et que l'un fait cela bien, il serait regrettable de ne pas le mentionner. Sur Talk To You, Rumpistol greffe des échantillons de sa voix, trafiquée mais pas de façon désagréable, pointes de soul qui ondulent en surplombant les boucles rêveuses et oscillantes des tracks. De la qualité mélodique et des textures voilées transpirent ses qualités de compositeur, et il semble avoir refoulé derrière ses morceaux certains sentiments ambigus de solitude et de détresse. Ne pourront qu'en attester la progression lente et désespérée du superbe Through All This Madness et de ses étouffantes sub bass. L'introductif Talk To You verse dans une électronica plus suave, auréolée de nappes épaisses et de la prière nostalgique de l'auteur, qui a sans conteste grand besoin de parler à quelqu'un. Sa supplique prendra des tons encore plus graves et douloureux sur le très bon Don't Go, dont la démarche boiteuse et les souffles sombres accréditent le mal-être du musicien. Paradoxalement, We're Not Gonna Make It se teinte peu à peu de lueurs d'espoir. System appose au final une relecture plus concassée de Talk To You, proche de la veine creusée par le groupe sur leur excellent album B (chroniqué ici). Il y a donc de bonnes choses dans cet EP, pour peu que l'on passe outre le trop 8-bit In This Song et l'artwork à la So Me.

 

Même si l'on préférait ses fouilles du côté de l'IDM craquelée et entachée de dub et de jazz, les nouveaux travaux de Rumpistol méritent plus que d'y jeter une oreille inattentive. Ce qu'il qualifie de "broken soul" n'est certainement pas loin de ce qui se fait de mieux dans le dubstep actuel, tourné vers l'ambient et le futur.   

 

original talk 500px

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

YyrkoOn 22/04/2011 12:26


Je me suis jeté dessus en pensant trouver un paliatif a Mount Kimbie, mais non.

J'ais plus de mal que toi avec les voix. J'aurais préféré des samples, ca leur aurait donné plus de "cachet". La s'est trop propret et elle me remene malheureusement trop vers James Blake.


Chroniques électroniques 22/04/2011 13:34



C'est moins bien que Mount Kimbie... mais mieux que James Blake. Je comprends qu'on puisse bloquer sur les voix. C'est surtout face à l'enlisement du genre que ce Ep peut relativement ressortir.
Mais ça reste très anecdotique, d'autant plus que ce qu'il faisait avant était mieux...