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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 19:15

Sortie : juin 2012

Label : Ad Noiseam

Genre : Breakcore, IDM, Hip-Hop

Note : 8/10

 

Une french connection est désormais en train de se former autour du label berlinois Ad Noiseam. Il était temps. Après l'épopée intraçable de Raoul Sinier, le "baroquecore" qui surbute des perdreaux de Igorrr (et son projet bien death et guttural Whourkr), le dubstep digne d'une partouse pour un réveillon 2012 de Niveau Zero, voilà que déboule Ruby My Dear. Julien Chastagnol, de son nom véritable, avait déjà fait les belles heures de labels confidentiels et férus de vinyls tels que Peace Off ou Acroplane. Tout comme Access To Arasaka ou Tim Ballista, il était lui aussi allé faire un tour du côté de Illphabetik en 2010, avec sa Mort du Colibri. Inutile de dire que pour un lascar comme ça, une sortie sur Ad Noiseam relève de l'aboutissement. Voyons voir si une visibilité plus importante, offerte par un label référence, suffit à raviver les cendres pas tout à fait froides d'un breakcore créatif.

 

Pas sûr d'ailleurs que ceci fut l'ambition du français. Mais auquel cas, il a plutôt bien réussi. Renouant avec la spontanéité et la puissance des classiques du genre, il ne s'est pourtant pas contenté d'amonceler les "drifts" et les "snare drums". On peut cataloguer Remains Of Shapes To Come de breakcore car il en contient définitivement. Mais le cantonner à cette étiquette serait à mon avis bien réducteur, tant les mélodies craquelées, urbaines mais aventureuses du français sont inspirées. Certains titres, comme le court Maiden d'ouverture ou le remarquable Pannonica, iront aussi chercher du côté d'un hip-hop instrumental, sépulcral et voilé. L'héritage de Bboy qu'il porte probablement, se révélera plus vénéneux encore en aval, comme sur l'excellent Chazz. On trouvera ça et là, des effluves qui pourront même être qualifiées d'IDM par les adeptes de l'étiquetage en règle absolu (l'excellent Hawa, et sa nébuleuse nocturne en un seul acte pour cantatrice chauve et damnée).

Le breakcore n'est pour moi jamais aussi pertinent et jubilatoire que lorsqu'il singe le mainstream et les monuments musicaux. Le français a eu la brillante idée de commettre les deux. Avec tout d'abord, Uken, cette boucherie digitale autour du World A Music de Ini Kamoze, repris sur le Welcome To Jamrock de Damian Marley, qui semble être définitivement une référence pour qui est hébergé chez Ad Noiseam (Mobthrow l'avait également samplé, avec un résultat bien plus discutable). Je crois que l'aversion que j'éprouve à l'égard de l'original n'a d'égal que mon profond ressenti envers le dubstep, c'est dire. Mais là, ce défouloir spontané et nihiliste, extrêmement technique quoi qu'on en dise, fait figure de coup de maître. Que ceux qui y trouvent des influences Kelissiennes se fassent connaître, ne serait-ce que pour que je puisse me sentir moins seul.

Et il y a l'hommage bouillant, car c'en est un, au rêve d'un Thelonious pianiste, mais pas moine pour deux ronds. Encore une fois, la belle technique est étalée, jamais de manière trop ostentatoire pour ne pas que ça devienne chiant. Alors citons aussi les très belles et pointilleuses séquences de Knit For Snow, faisant la part belle aux drums et à ceux qui savent les faire parler, même au beau milieu de gargarismes digitaux. Alors même si les pizzicatis (pas vraiment naturels) et les franches et sauvages vrilles de Karoshi ne trouveront rien à leur très élevé niveau, citons malgré tout l'univers oblique et burlesque de L.O.M. du côté des excellentes surprises.

 

Loin des pures volontés strictement dévastatrices du breakcore, Ruby My Dear livre ici un opus extrêmement abouti et varié. Preuve qu'on peut soigner la prod même quand on est fan de trucs bien crades. Rien entendu de mieux dans le genre cette année. Donc hautement recommandé.

 

http://f0.bcbits.com/z/51/70/517083460-1.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Flo 14/08/2012 23:15

Pour la petite histoire, c'est en faisant écouter Uken à un pote que je me suis pris la même remarque sur le sample de Marley, et que j'ai fait la recherche pour découvrir la réelle provenance de
ce sample ;)

Flo 14/08/2012 22:26

Le sample "Out in the streets they call it murder" vient de ça http://www.youtube.com/watch?v=hpivgO3QFbo
Damian Marley n'avait fait que repomper intégralement cette chanson 20 ans plus tard.

Chroniques électroniques 14/08/2012 23:08



C'est corrigé. Mais je suis pas plus fan de celle-ci que de celle du batard Marley. Le roots de cet acabit, qui plus est après 1978, surtout quand il est estampillé Chris Blackwell, je le
conchie. Mais merci beaucoup tout de même.