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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 11:02

Sortie : 14 juin 2010

Label : Highpoint Lowlife

Genre : Ambient & Expérimental Dubstep

Note : 8/10

 

L’Anglais Gareth Munday, de son avatar Roof Light, s’est illustré en 2009 avec In Your Hands, un EP sorti sur Styrax Records. Il avait également fait une apparition sur la première compilation d’Echodub, label hautement estimé en ces lieux, et s’est prêté à deux reprises cette année, à l’exercice du maxi. Voilà pour les acquis de celui qui livre un premier album chez les Londoniens de Highpoint Lowlife.

 

Downtempo, bancal, et frotté de séquences parasitées, Kirkwood Gaps ouvre sur un milieu paisible sans être accueillant, où la quiétude ambiante contraste avec les détails fourmillants et les variations complètement aléatoires des couches sonores. Des basses boiteuses empruntent des sentiers semés d’ornières, et les beats se prennent à ralentir brusquement, comme s’ils traversaient des écrans d’une matière visqueuse. Le dubstep expérimental de Roof Light convoque par ailleurs de nobles influences. Comment, je vous le demande, ne pas penser à Boards Of Canada devant ce délicat et aérien Kite Tails & Redwings ? De même la voix récurrente de Losing My Mind convoque sans appel des échos de la house de Detroit, tandis que le 2-step de Taro, avec son agréable basse ronflante, fait allusion à Burial.

Mais Kirkwood Gaps possède bien une identité qui lui est propre. Il engourdit l’auditeur dans des nappes cotonneuses, et disperse une multitude de sons organiques, tels que le bruit du ressac, d’une flûte de pan ou du vent dans les feuilles, versant souvent vers l’ambient. La forêt luxuriante dans laquelle Roof Light vous convie peut plonger l’oreille dans un état extatique, chauffé de la lumière qui perce à travers les feuillages, comme l’entraîner vers des chemins plus sombres et trébuchants, où les bosquets deviennent des présences inquiétantes qui scrutent votre marche. Des bribes de chants – pas toujours subtils – ou des éclats de voix peuplent les titres, comme des échos de nymphettes moqueuses. Le très expérimental et excellent Drawing Near To The Printed décrit un état perpétuellement changeant, passant d’une arythmie dense en sonorités en tous genres, à un garage minimaliste et entêtant. Si on regrettera les synthés poussifs de Hold It Back, on se délectera du scintillant et très ambient Late Into The Evening, de Marrying Maidens Fair Of Willow, et bien sûr du Boc-esque Kite Tails & Redwings.

 

Malgré de toutes légères fautes de goûts et sans être évident d’accès, Kirkwood Gaps dispose du pouvoir d’envoûter l’auditeur averti et opiniâtre. L’univers végétal que brosse Roof Light apparaît comme incertain et emprunt de mystique. Les fans de 2562, Mount Kimbie, Clubroot ou James Blake sont priés de s'y coller.

rrr 

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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