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  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 10:29

Date : 23 octobre 2011

Lieu : Les Abattoirs (Toulouse)

 

Toulouse souffre depuis trop longtemps d’un manque d’accès à la musique électronique actuelle de qualité. Ville pourtant promise à toutes les ouvertures de part son étourdissante population étudiante, elle s’échine à rester bloquée sur une vision passéiste des musiques actuelles. On observe pourtant un renouveau intéressant ces derniers temps grâce aux structures associatives telles La Petite, Les Siestes Electroniques ou Callforth. Ce sont plusieurs festivals à la programmation enfin audacieuse qui tentent d’insuffler cet indispensable nécessité de nouveautés. Fait paradoxale, à côté de cela, Toulouse arrive à proposer des lieux difficilement imaginables ailleurs tel ce squat institutionnalisé qu’est Mix'art Myrys, endroit prônant un esprit libertaire frondeur.

Hier, les Abattoirs, le musée des arts contemporains de Toulouse, proposaient dans le cadre du festival pluridisciplinaire Novela, une soirée électronique futée, en plein air et surtout gratuite. La jeunesse s’est massée devant les grilles dès 20h, dans l’espoir de pouvoir entendre Planningtorock, Modeselektor et Pierre Henry.

 

L’anglaise de Planningtorock ouvre les hostilités avec une musique aux contours flous, de prime abord hermétique et limite pédante dans son approche artistique. Le son est pourtant d’une grande qualité, fait trop rare pour un concert extérieur, et les visuels captivants. La première demi-heure oscille entre cold-wave électro minimaliste et cheesy-pop techno. Il faudra attendre le dernier quart d’heure pour enfin trouver matière à plonger les yeux fermés dans un trip plus ésotérique. En laissant parler un synthétiseur caverneux sur une rythmique downtempo lancinante c’est toute la vague witch-house actuelle qui s’immisce dans notre cerveau.

Le légendaire Pierre Henry prend la suite, s’installant à la sono afin de pouvoir directement spatialiser lui-même le lieu. Car toute la magie qui va suivre vient de là, de cette installation sonore démesurée, à l’acoustique exceptionnelle, proposant une cinquantaine d’enceintes dispersées sur le site ainsi qu’un mur sur la scène. Et Pierre Henry de commencer son live en forme de best-of improbable. Entre musique concrète, techno organique, ambient, acid-house, musique classique et j’en passe, le géniteur des musiques électroniques va foutre la branlée à tous les petits jeunes. On ne parle plus de musique mais d’expérience totale. Les sons virevoltent, nient la stagnation. Au bout d’une demi-heure, le volume sonore est décuplé et Monsieur Henry installe une dark-ambient absolument sidérante, clouant la foule sur place puisque de toute façon aucune échappatoire n’est possible. Le public timide restera d’ailleurs excessivement respectueux et lorsque Pierre Henry achève son concert sur un remix techno de son « tube » Psyché Rock, il a droit à de longs applaudissements. A 84 ans, il a encore tout à apprendre aux musiciens actuels et démontre que la musique électronique n’est pas qu’une histoire de beats sans âmes.

Modeselektor vient achever la soirée avec un live que le public espère remuant. Moi aussi d’ailleurs car même si on n’a pas aimé le dernier album ici, Modeselektor reste une machine assez massive en live. Et bien ce fut loin d’être le cas ce soir, pire, Modeselektor fut insignifiant. On pourra toujours rejeter la faute sur l’absence d’un support visuel (Pfadfinderei annulant à cause du vent), on ne m’ôtera pas l’idée que Modeselektor est un groupe gadget. Le groupe s’en sort pourtant quand il décide de faire durer ses morceaux comme sur ce Grillwalker inaugurale ou sur un Blue Clouds enivrant. Pour le reste, les deux berlinois sont tombés dans l’écueil de la démonstration aussi offensive qu’inconsistante. Entre techno monolithique, euro-crunk vieillissant mal et hip-hop crétin, difficile de rester sur une idée plus de 2 minutes. On finit par se dire que Modeselektor est bien plus chiant que Pierre Henry.

 

L’écart était sans doute trop grand entre tous ces artistes mais au final, il aura permis de vivre un moment unique grâce à Pierre Henry. Retenons surtout le fait que c’était un évènement gratuit audacieux se soldant par une véritable réussite en terme d’affluence. Toulouse continue de poursuivre intelligemment sa lente mutation.

 

http://www.culture31.com/images/Affiche/visuel_Novela_240x352.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Regarts 28/10/2011 17:57


Salut Merci pour ta réponse et tes excuses ! Sur ce , penche toi sur la programmation des années précédentes et tu verras que l'on a fait plein d'artistes avant qu'ils deviennent hype et hors de
prix comme Dj Plastician ou Milanese encore inconnu du public toulousain.Cette année on a chiam, modestep,Zeller, luke viber...et surtout on aime tous les styles d'electro et rares sont les
festivals qui ne bannis pas les styles trop underground ou pas assez intello à leur gout... On a a souvent reprocher de ne pas faire assez de monde, de pas mettre des noms assez tendances sachant
que contrairement aux autres nous sommes pas subventionnés pour se payer des artistes hors de prix venant des pays lointains ! Notre festival ne fait aucun bénéfice,nous travaillons toute l'année
pour boucher le déficit annuel donc on fait ce qu'on aime dans l'espoir de faire plaisir au public Toulousain dont la majorité préfèrent les free parties payantes en boite de nuit ou les clubs
version "Guetta" ! "Keta" ou "Guetta" , difficile de trouver un juste milieu !!! A suivre...


Chroniques électroniques 28/10/2011 18:01



Merci pour la réponse. D'ailleurs, j'ai déjà assisté à quelques éditions de l'Electro Alternativ (j'ai un excellent souvenir d'un set de The Bug, encore méconnu, devant 20 personnes). On voit
bien que vous faites votre boulot en total indépendance et cela reste primordial d'ailleurs.


On aura sans doute l'occasion de se croiser pour discuter de tout cela.



Regarts 27/10/2011 00:43


Electro Alternativ tu connais ? Car cela fait 7 ans que l'on fait un festival independant 100% musique électronique à Toulouse! Tu as la critique facile mais ton travail d'investigation semble
encore loin de la realité du terrain ! Ah désole, niveau programmation le festival est loin des stéréotypes parisien ou "lyonnais" comme tu sembles apprécier..Quand à Mix art Myrys, tu ne
t'imagines pas à quel point tu es loin de l'esprit libertaire prôné ! Quand à Modeselektor cela reste une bande de mecs sympas dont nous aimons la musique comme celle de Pierre Henry d'ailleurs (
dont certains adeptes de musiques electroniques née en 1990, on découvert l’existence ce soir la !) et que nous avons l’occasion de programmer sur un festival dont le prix d'entrée est de Zero
euros TTC ! Donc merci à Novela et au public de s être déplacé en masse un dimanche soir !


Chroniques électroniques 27/10/2011 09:31



Merci de souligner aussi la présence de Regarts et d'Electro Alternativ. Maintenant, même si j'avoue que la programmation du festival Electro Alternativ est loin d'être ma came, cela reste une
proposition à chaque fois pertinente et votre travail est bien entendu indispensable sur Toulouse. J'aurai du mentionner Regarts dans la chronique, cela aurait été parfaitement logique et tu m'en
excuseras. En tout cas, ne pas voir dans mon article un quelconque travail d'investigation car je ne suis aucunnement journaliste.


Par contre, pour la programmation non stéréotypée et le renvoi vers Paris, on repassera. Certes, une bonne partie de la prog n'était pas "formatée" mais il y avait aussi pas mal de choses
calibrés (soirée BPitch, Beataucue, Teenage Bad Girl,...). Le fait de renvoyer à des stéréotypes parisiens ou lyonnais est des plus mals venus car si on trouve dans ces villes des soirées de
merdes (mais comme partout d'ailleurs), il y a aussi des putains de propositions (habitant Paris, je peux te garantir qu'on peut trouver chaque soir au moins une soirée échappant à toute
catégorisation).



Benjamin 24/10/2011 21:14


Je suis indigné par de tel propos vis à vis de modeselektor... Ils etaient enorme... Modeselektor possede les plus belle basse du marché.... Ils ont été d'une efficacité redoutable sans jamais etre
putassier.... Le son etaint tres bon, le cadre magique bref un merveilleux concert gratuit.... Je soupconne l'auteur de ce billet de pas avoir pu assister a ce concert et de le dezinguer par
depit... C'est la seule explication vraiment...


Chroniques électroniques 24/10/2011 22:07



J'ai vu Modeselektor de nombreuses fois. A Toulouse qui plus est. En 2004 (me semble-t-il) à l'hotel d'Azzezat et en 2005 (je crois) au regretté Liquid Club. A l'époque, le duo possédait cette
énergie punk permettant de mettre de côté les limites de leur son.


Aujourd'hui en 2011, l'euro-crunk du groupe sonne mal. Ok, les basses sont toujours aussi puissantes, je ne le cache pas. Mais est ce suffisant ?


On est bien loin de l'époque de Rapanthem ou encore du monstrueux Hasir. Déjà à l'époque on sentait poindre les limites du groupes avec les featurings avec les ignobles TTC (la honte du hip-hop
français). Le dernier album est d'ailleurs une merde, oui, une merde. Ca sonne comme de la musique de supermarché, calibré pour les clubs de secondes zones (ça marchera bien à l'Inox tiens). Si
en plus le groupe n'arrive pas à tenir un live, enchaînements baclés et encore quand il y en a, ça finit par m'exaspérer. Mais ne crois pas non plus que je place Modeselektor au même niveau que
les merdes inaudibles de chez EdBanger, Marble et j'en passe.


Maintenant, ne viens pas me dire que je n'argumente pas. Tu fais preuve de mauvaise foi. Tu as aimé le concert, c'est bien. Les gouts et les couleurs, je respecte. Mais dire que je n'ai pas
assisté à ce concert est bas. Chez Chroniques Electroniques, les concerts ont les vit, et pas dans un foutu espace VIP, mais bel et bien au coeur du public.



Epohi 24/10/2011 15:03


Étant Toulousain j'ai toujours envié les autres villes étudiantes de France (tout particulièrement Bordeaux) pour les événements concernant la musique électronique. Car il ne lui manque que ça (+
une vrai école d'art) pour devenir LE paradis étudiant de France.


Chroniques électroniques 24/10/2011 16:06



Il y a du retard pour rattraper Lyon, Bordeaux, Nantes, Montpellier, Rennes, Lille ou Strasbourg.


Si j'en suis parti (j'ai vécu 5 ans à Toulouse), c'est en grande partie pour cela.


Pire, j'ai tendance à penser que le public toulousain est, en parti, responsable de ce constat. Mais j'ai comme l'impression que c'est en train de changer, lentement (comme toujours à Toulouse,
tout va trop lentement).