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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 19:16

Date : 1er juin 2011

Lieu : Batofar (Paris)

 

Ad Noiseam à Paris, voilà qui sentait bon. Ceux qui nous lisent savent avec quelle assiduité nous suivons les sorties du label berlinois de Nicolas Chevreux (interview ici). Voilà dix ans que le français se consacre au breakcore, à l'abstract jazz, à l'électronica mutante et au dubstep carnassier. Une décennie de défrichage sonore que le label célèbre à coup de cinq évènements, de Berlin à Beirut, en passant par Paris. Avec Matta, Raoul Sinier, Igorrr, Balkansky & Loop Stepwalker, Niveau Zero et Nicolas lui-même, la soirée s'annonce riche en sensations et en courbatures le lendemain (mais quand on pense au line-up de Berlin.. non en fait on ne préfère pas y penser). La nuit de mercredi dernier a lieu sur la péniche du Batofar. C'est avec des fourmis dans les jambes que je me pointe Quai François Mauriac, avec une avance plus ou moins respectable, les entrées ne se vendant que sur place.

 

On parvient à pénétrer le lieu à la moitié du live de Raoul Sinier, que j'attendais tout particulièrement. Insolite, iconoclaste et toujours inspirée, sa musique peut faire figure d'ovni. En live, le rendu est enfumé, fourmillant de rythmiques à limite du hip-hop et du broken beat, et traversé de son chant nébuleux. Car depuis son dernier EP (chroniqué ici), le sieur Sinier a libéré sa voix, qui se marie non sans harmonie à ses mélodies vrillées. Il s'arme à l'occasion d'une guitare électrique et jouera maints morceaux inédits (un nouvel album est prévu, comptant 50% de voix, nous apprend-il). Seule une qualité sonore légèrement brouillée est à regretter. L'arrivée d'Igorrr signe la mise à feu de l'embarcation. La tension ne se relâchera plus, la sueur trempe peu à peu les murs, et la foule compacte se démène, faisant osciller la péniche.

 

 

igorrr

 

 

Mais Gautier Serre sait faire progressivement monter la sauce. Le début de son live est lourd et puissant, les beats collent, tabassent, et piquent parfois quelques crises de furie. Le « baroquecore » d'Igorrr se révèle absolument délicieux en live, et sa prestation une des plus ébouriffantes. L'atmosphère passe du côté hard, son breakcore cisaille la foule à coup de lames supersoniques, et tandis que les notes de banjo de l'épique et jouissif Tendon s'égrènent, une honnête partie de la salle hurle en coeur « Vomi !! ». J'étais plutôt curieuse de voir à quoi s'apparenterait le public parisien. La réponse est jeune, éclectique, très capuché et franchement bon enfant. Une minorité de soldats de l'indus, tout de noir vêtus, rappelle la trempe sans concession de cette scène. On ne peut en tout cas reprocher au public sa motivation. Lors d'une pause du côté du stand Ad Noiseam, Frédéric Garcia (aka Niveau Zero) apprend à Nicolas que des mecs ont fait la queue durant une heure et demi, détermination sans faille. Conclusion : « C'est rock'n'roll ». Sur scène, c'est au tour des deux jeunes prodiges du dubstep, les frères Matta, d'enflammer la cale. Il est rare d'assister à du dubstep live à la fois destructeur et subtil, massif et aiguisé. Les vibrations serpentent le long du sol, les nappes mélodiques vous enfument le crâne, et les lignes de basse ont cet aspect rampant qui vous fait friser l'apoplexie lorsqu'elles vous explosent au visage. Surtout face au niveau de certaines soirées dubstep parisiennes, ce genre de performance parait terrassante, et juste classe. L'unique déception de la soirée viendra de Balkansky & Loop Stepwalker. Quoique bien lourd, leur dubstep souffre de structures un peu faciles et de bribes de voix telles le cheveu sur la soupe. Je ne cracherai certainement pas dedans par contre, lorsqu'ils lâchent quelques bombes issues de Fraktals (chroniqué ici). Tales From The Crypt bordel !

 

 

salle

 

 

Le petit matin n'est plus très loin, Niveau Zero se charge alors d'achever l'assistance, toujours embrasée. Même pour la quatrième fois, le live du Parisien ne cesse de captiver. D'autant plus que celui-ci est particulièrement ardent et bien construit. Matraquage de beats, basses en forme de coup de point américain, il est difficile pour moi de ne pas faire références aux armes en parlant de la musique de Fred Garcia. Le jour va pointer, on quitte le Batofar fourbu mais béat, avec le regret de louper le set du patron de la maison.

 

Les 10 ans d'Ad Noiseam ont laissé des séquelles physiques. Nicolas Chevreux et ses artistes ont livré un événement à la hauteur des exigences du label. La bonne nouvelle c'est que de nouvelles soirées de ce type sont prévues en France à l'automne. En attendant souhaitons bien du plaisir aux Libanais qui y auront droit début juillet. Paris a brulé, les poissons de la Seine s'en souviennent encore.

 

par Manolito

(photographies par svarta.pl)

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Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
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