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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 10:53

Date : 2 avril 2011

Lieu : Mannheim (Allemagne)

 

On ne dit pas « J’ai fait le Time Warp » mais « J’ai combattu le Time Warp ».

L’an dernier, j’avais remporté le duel au finish à 14h, sur les rotules (ici). Cette année, le fourbe m’a achevé au dernier round. En même temps, le vicieux m’a rué des kicks de Richie Hawtin à 10h. Les jambes n’ont plus suivi. Pour mieux comprendre, retour en arrière d’une demi-journée.

 

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Il est 22h à Mannheim, les tramways dégueulent de festivaliers venus de l’Europe entière. Le festival a définitivement acquis le statut de mythe et cela se ressent tant les nationalités se mélangent. Les 20 000 personnes s’éparpillent dans les cinq scènes du festival. Je prends possession des lieux afin d’éviter les erreurs passées. Je file récupérer un vestiaire, meilleur invention du festival, pour poser mes affaires et ainsi m’alléger. S’en suit un rapide tour du propriétaire pour observer les changements et finalement constater que les règles du jeu sont les mêmes.

Ok, c’est parti, direction Monika Kruse pour un warm-up linéaire et simple. A minuit, Dubfire prend le relais. L’énorme hangar se remplit, les lumières fusent de tous côtés et Dubfire peut balancer sa techno minimale désormais trop prévisible.  Les gimmicks inhérent à sa techno m’épuisent, je préfère me presser vers le floor 3 (celui présentant une programmation house absolument irréprochable), le temps d’apercevoir furtivement la fin du set des Français de Masomenos. Ricardo Villalobos apparaît alors et, avec sa nonchalance habituelle, balance un petit signe de la main au public. En moins de 3 minutes, la salle est blindée, sursaturée. Impossible de bouger et donc de danser. Une hérésie pour un set de Ricardo. Dégouté, je me tire de la salle et, une fois dans l’allée centrale, constate que le festival est noir de monde. Je prends sur moi et file voir le live de Barem. Excellent choix puisque la techno minimal de l’Argentin groove sérieusement. Mais pourquoi cette mise en scène du floor 4 qui veut que le DJ soit caché derrière un mur de diodes donnant ainsi l’impression que le public danse devant un totem futuriste ? Cela empêche l’échange avec l’artiste et c’est bien dommage d’autant plus que le petit prodige berlinois, Seth Troxler, prend le relais. Il démarre brillamment, installant finement son set deep-house. Malheureusement, on saisit vite les limites. Seth Troxler enchaîne bien trop maladroitement les morceaux en faisant trainer les transitions. C’est indansable et finit par me fait fuir. Je passe rapidement voir la fin du live techno un peu trop plat de Slam.

 

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2h du mat’, c’est l’heure du premier arrêt au stand. Direction le chill-out et surprise, c’est ici que je vais vivre un des meilleurs lives de la soirée avec Pulshar et leur dub-techno hypnotique. Pendant près d’1h, ma tête vacillera sur les lourdes basses des Barcelonais. Mais il est temps de retourner aux choses sérieuses. C’est l’heure de pointe, le gros Carl Cox balance sa hard-house de supermarché pendant que l’enfant du pays, Sven Väth, est parti pour un set autoroutier de plus de 4h. Heureusement pour moi, la foule suit comme des moutons. Je n’ai plus qu’à me diriger vers le battle entre Luciano et Carl Craig. Les deux univers des DJ cohabitent à la perfection. Luciano renforce sa house latine pendant que Carl Craig dilue sa techno de Detroit. Le mélange est absolument parfait, le public exulte et les sourires commencent à se figer. Je vais faire un tour à Magda, qui livre un set comme elle en a l’habitude, minimale et moite, mais le son de la salle 4 est trop faible et a du mal à couvrir le public.

5h du mat’, deuxième arrêt au stand. Il est temps de s’allonger pour reposer les jambes. La fatigue arrive par grandes vagues, je ne l’avais pas vu venir. Dans un élan soudain, je file à la scène 1. Et c’est à ce moment là que je vais prendre un uppercut en pleine gueule. Len Faki va me retourner comme rarement un DJ l’aura fait. Le taulier du Berghain est au charbon et balance une techno d’une puissance dévastatrice. Les portes de l’enfer s’ouvrent devant moi. Ca bastonne sévèrement mais intelligemment. Len Faki est d’une précision diabolique. Il enchaîne les morceaux vicieux retournant le cerveau. Ce mec est une machine de guerre ! Dehors, il fait désormais jour. Les rayons du soleil transpercent ma peau et le public erre en tee-shirt. Je file faire un tour rapide au dôme où Laurent Garnier joue en formation live pour la tournée L.B.S. Le public est complètement conquis mais je ne m’éternise pas et rejoint le roi d’Ibiza, Loco Dice, qui distille une house musclée pour un public bodybuildé. Pendant ce temps, Mathias Kaden maintient éveillé en douceur et Chris Liebing avec violence un public qui commence à se réduire. J’ai juste le temps d’écouter furtivement la fin du nouveau live techno d’Henrik Schwarz dont il me semble que l’horaire était mal adapté.

 

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8h, c’est là qu’on jauge les "vrais". A partir de cette heure là, il ne reste que les guerriers. Le public est plus âgé, on sent qu’il sait se gérer. Les jeunes ont depuis longtemps déserté le site, ils n’ont pas compris que le Time Warp n’est pas un sprint mais un marathon, que les forces doivent s’entretenir sous peine de foncer illico dans le mur. C’est au pape Richie Hawtin de prendre les commandes pour son fameux set légendaire de 6h. Le début sera du petit lait. Aux confins de l’IDM et de la techno organique, Richie fait monter la pression. Quand arrive la première basse, le public recule de 10 mètres tant la déflagration est monstrueuse. Et c’est parti pour un set infini dont l’unique but est d’achever les survivants par la seule force du mental. Ce con m’aura en 2h. Je ne tiens plus. Je préfère capituler maintenant que mourir sur le champ de bataille.

 

Une fois n’est pas coutume, cette édition 2011 du Time Warp fut exceptionnelle tout en demeurant cette incomparable expérience des limites physiques. Il faut avant tout retenir le profond respect qui s’observe entre le public et les DJ. Le foutage de gueule n’existe pas et jamais le public n’est pris pour une vache à lait. Tout le monde est là pour faire la fête sans embrouille, ni baston. Tout au plus peut-on regretter un site complètement saturé en plein cœur de la nuit. Mais quoi qu’il en soit, quand on voit la qualité du line-up (tous les meilleurs DJ du monde étaient là, sans exception), on ne peut que s’incliner et attendre avec impatience la prochaine édition.

 

par B2B


(photos : Time Warp website)

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Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
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commentaires

Benk2000 18/04/2011 10:54


Après beaucoup de recherche et d'attente ...
le set de Len Faki@Timewarp 2011 !!!
http://livesets.in/2011/04/11/len-faki-%E2%80%93-live-time-warp-2011-%E2%80%93-03-04-2011/


dilene 06/04/2011 00:14


jai presque eu envie de pleurer en lisant ton mémo tellement j'aurai envie d'y retourner !!!!
on a pas fait exactement le même parcours
Monica Kruse m'a mise en bouche
Masomenos m'a satisfaite (meme s'il me manquait certains de leurs morceaux fétiches)
Ricardo villalobos pareil, j'suis pas restée longtemps, trop de monde et son pas assez fort à mon goût (besoin d'être devant la scène :)))=)
Direction Sven Svath qui m'a totalement régalée
Gros son de Planetary Assault Systems qui a envoyé de la techno lourde mais toujours bien rythmée
Et là pareil, grosse claque de Len Faki, j'étais devant la scène, subjuguée, sourire aux lèvres à chaque bon enchainement :)
Chris Liebing a fait un bon set, mais je garde les deux derniers en tête :)
puis richie, ahhh richie
épatée par la qualité du son sur ces 6h !
les 2/3 dernieres heures sont lourdes, mais parfois, juste obligée de me relever pour profiter du savoureux tambourin de l'artiste
mon 1er time warp
après avoir écouté depuis si longtemps des sets de tous ces artistes, ça été juste l'orgasme pendant 18h !
jai qu'une envie
y retourner !!!

je note en regret d'avoir loupé
KAROTTE !!! (écouté auj 1h de son set)
Olivier Koletzki (idem)
Luciano & Carl Graig
bon et quelques autres sûrement

mais je ne regrette absolument pas mes choix de la soirée !!!
vive TIME WARP
vivement l'année prochaine :)

** temps magnifique en plus ^^


Nicolas Dermen 05/04/2011 22:00


Hello,

Très sympa comme article, ça m'a fait revivre un petit peu ma soirée, même si je n'ai pas eu tout à fait le même parcours.
Pour rajouter un tout petit truc, le live de Gaiser était sublime, le tout premier live techno d'Henrik Schwarz était aussi d'une qualité impressionnante à la fois puissant et précieux.
Je confirme que Laurent Garnier en L.B.S à conquit la floor 5, avec un finish à 9h sous le soleil complètement inoubliable. Le parfait coup de fouet qu'il me fallait pour me diriger ensuite vers
Marco Carola pendant une petite heure, avant d'aller rejoindre les "guerriers" comme tu les appelle dans l'antre de notre cher Richie, dont le final était, à l'image de son closing set : grandiose
! Oui, j'ai la vingtaine, je suis donc un jeune, et pourtant je suis arrivé à l'ouverture pour partir...à 14h, et le chil out ? connait pas ! hihi, (je ne t'étonnerais pas en te disant qu'en
sortant de la floor à 14h, mes jambes m'ont totalement lachées, les paresseuses !

RDV en 2012 pour une nouvelle bataille, sans oublier à venir le Sonar, Love Family Park, Monegros, et bien d'autres...

Musicalement!

Niko


Chroniques électroniques 05/04/2011 22:33



Belle prouesse.



Rouss 05/04/2011 18:17


Cela fait au moins 4 fois depuis hier que je relis cet article et à chaque fois les mêmes sensations : je tremble comme une merde et je suis pas loin de tomber la goutte en repensant à tous sa
tellement c'été bon !!! Ayant fait les deux éditions précédentes, je peux affirmer que cette cuvée 2011 est de loin la meilleure !


Mathgon 05/04/2011 17:28


"Je préfère capituler maintenant que mourir sur le champ de bataille."
=> honte à vous :P


Chroniques électroniques 05/04/2011 17:33



Ahah... sincèrement, je n'en pouvais plus. Arrive un moment où il faut mieux savoir s'arrêter (à contre coeur quoi qu'il en soit).


Mais l'an prochain, j'aurai ma revanche.


 


B2B