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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 12:39

Date : 9 novembre 2011

Lieu : La Machine du Moulin Rouge (Paris)

 

Hier soir, la Machine était le lieu de convergence hip-hop incontournable de la capitale puisque tout le gratin du collectif Rhymesayers était de sortie. Rhymesayers reste un des bastions du hip-hop indépendant, le label de Minneapolis n’en finit plus depuis 1995 d’enchaîner les sorties de qualités au profit d’un rap autant classique d’audacieux. Dans le cadre du Rhymesayers European Tour, c’est plus de 5 entités qui vont se suivre sur scène : Grieves & Budo, Blueprint, Brother Ali, Evidence et Atmosphère.

Il est un peu plus de 22h lorsque nous pénétrons dans le labyrinthe de la Machine. La soirée est sold-out mais le public a déjà pris largement possession des lieux. Nous tentons de franchir le mur humain qui empêche de s’approcher à moins de 15m de la scène. Une ouverture se profile, nous plongeons. En descendant les marches, l’impression d’être dans un putain de film se fait sentir. Le son est massif, la scène vibre et le public est en ébullition. L’ambiance est impressionnante et confirme le fait que le meilleur public reste le public hip-hop. Grieves & Budo se chargent d’haranguer la foule avec leur hip-hop ludique. Budo s’éclate comme un môme à la guitare pendant que Grieves squatte le micro. Sans être brillant, le rap du duo n’en demeure pas moins remuant et sympathique et fait figure de warm-up idéal.

La soirée étant bien calibrée (pour ça, les rappeurs américains sont balaises mais c’est aussi une des limites du genre), il suffit d’attendre à peine 10 minutes pour que Blueprint déboule sur scène. Le rappeur de l’Ohio dévisage la foule avant de s’engouffrer dans un hip-hop plus abrasif. Changement total d’ambiance. Accompagné par une guitare massive, le rap de Blueprint y va à la machette. Cela est renforcé par la présence du DJ qui n’hésite pas à s’engouffrer dans un abstract hip-hop rêche. Les morceaux sont progressifs, prennent à la gorge et font monter la tension. Mais au bout de 15 min, Blueprint s’égare dans une électro tristement dansante, tristement inconsistante, tristement laide. Radio-Inactive se retrouve ainsi bloqué entre deux morceaux de seconde zone. Dommage.

Une bière à 5 euros plus tard, c’est au tour de Brother Ali de squatter la scène. Le public est chauffé à blanc. Exit l’abstract, retour aux sources avec un hip-hop plus direct dans les samples et plus engagé dans les lyrics. Le flow de Jason Newman met tout le monde d’accord. Il s’en sert avec malice pour dynamiter totalement le public. Tous les codes du hip-hop sont exploités avec justesse. Alors même si les samples sont répétitifs, force est de reconnaitre le talent de conteur de Brother Ali (notamment sur un Truth Is prenant) et sa propension à transformer la Machine en arène.

Mais si le public s’est massivement tassé près de la scène c’est pour mieux vivre l’expérience Evidence. Exilé des mythiques Dilated Peoples, Evidence est une machine de guerre sur scène. Le niveau monte d’un cran à tous points de vue. Le concert s'ouvre sur un It wasn't me harangueur. Le flow nonchalant du MC et son jeu de scène sont principalement portés par un rap aux samples brillants. Misant principalement sur des samples vocaux et sur des standards (des Beastie aux Beatles), il y a une réelle volonté de créer à partir d’un objet déjà parfait. En plus d’être d’une efficacité redoutable, c’est d’une intelligence folle. Le public connaît ses classiques sur le bout des doigts, ce qui propulse le concert au rang des moments mythiques, de Chase The Clouds Away à The Layover, tout s'enchaîne très vite, trop vite.

Il n’est pas loin d’1h du mat’, et comme un parisien docile, je prends le dernier métro sans attendre la prestation d’Atmosphère (qui aurait livré un concert inégal, entre rap tendu et digressions sirupeuses). Honte à moi sans doute mais ce que j’ai vécu fait plus que me contenter et me conforte dans l’idée que rien ne vaut un putain de concert de hip-hop.

 

http://www.abcdrduson.com/images/news/illustint/20111103_rhymesayers_int.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
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commentaires

paw 10/11/2011 16:55


Pour etre rester jusqu'a 2h, Atmosphere c'etait fat, frais mais pas sirupeux, intense mais pas tendu


Chroniques électroniques 10/11/2011 21:07



Je ne fait que relayer les propos de ma chère collègue Manolito. Et je me dis que j'aurais mieux fait de rester jusqu'au bout d'ailleurs.