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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 16:05

Date : Lundi 31 octobre 2011

Lieu : New Morning, Paris

 

Lorsque l'emblématique club de jazz parisien ouvre ses portes au Moritz Von Oswald Trio, on peut imaginer l'expérience feutrée que représente la fusion des deux univers. Ce pionnier de la dub-techno, derrière le nom de Maurizio et comme partie intégrante des légendaires Basic Channel ou Rhythm & Sound, s'est entouré, dans le cadre de ce projet, de musiciens aux casquettes tout aussi nombreuses, Max Loderbauer (NSI, Sun Electric) et Sasu Ripatti (Vladislav Delay, Luomo). Leur concert est précédé d'une première partie, celle des poulains du jeune label Dement3d, qui organise cette soirée en collaboration avec l'équipe de Sonotown. Ainsi le Pingouin et moi-même pénétrons le lieu en ce début de soirée pour la prestation de DSCRD (prononcez discordance).

 

Les places assises, autour de petites tables de bar, représentent des positions d'écoutes idéalement commodes. Les groupe qui s'installe est composé de cinq jeunes types, lunettes à monture épaisse et chemises à carreaux pour quatre d'entre eux (j'ai rien contre les carreaux). Chacun s'installe derrière un laptop et le groupe commence par emplir la salle de crissements et claquements en tous genres. Un mec semble en charge de la caution Nature & Découvertes, assumant les interventions d'une flute, d'une cymbale, d'un bol tibétain, avec une concentration contrastant avec l'apport sonore, si bien qu'on puisse en questionner furtivement l'utilité. En attendant, DSCRD évolue vers un son à mi-chemin entre une électronica moite et répétitive et une techno organique, bancale, se réclamant de textures noise et d'infiltrations de dub. Une fois sur deux cela fonctionne. Le reste du temps, les schémas ne cessent ne se reproduire, les tracks pèchent par manque d'évolution et la vision des membres du groupe, headbanguant à qui mieux mieux sur des sons qui se voudraient immersifs ébranle d'un poil leur crédibilité. La première partie durera autant de temps (1h30) que la prestation du Trio, que l'on commence à attendre de pied ferme. 

Enfin, Von Oswald et Loderbauer se placent aux machines, tandis que Ripatti se range derrière ses percussions, un ensemble auquel s'ajoute un mobile de lames de métal et de ressorts dont les résonances insufflent à la musique du Trio ces vibrations si particulières. Dès les premières minutes l'alchimie opère et l'engourdissement gagne. Il est impressionnant de juger un live à l'envie qu'il vous donne de fermer les yeux. Improvisée, fusion d'électro-acoustique, d'électronica et de free-jazz, la musique des trois hommes libère des fluides narcotiques et hypnotisants. J'ai la sensation d'être scotchée à mon siège, et l'impression me gagne que les vapeurs s'échappant de la scène m'endommagent réellement le cerveau. A la fois euphorisantes, cotonneuses et complètement aléatoires, les manipulations du Trio sont des berceuses cabalistiques qui plongent l'auditoire dans une transe immobile et ouatée. En live et sur disque, le Moritz Von Oswald Trio n'a rien a voir, aucune des Horizontal Stucture de leur dernier opus (chroniqué ici) n'est ici re-crée. Après une heure qui dura 10 minutes, les Allemands et le Finlandais reviennent pour un rappel. Sous une intro dubby, le Pingouin se réjouira d'entendre enfin un peu de dub-techno. Raté, le Trio s'attache une nouvelle fois à découdre tous les fils tissés et nous accordent une dernière perle carillonante. Un type est chargé d'achever la soirée (sur une Roland TR-808, quelqu'un dira dans la salle « au moins c'est plus rock'n'roll »), mais pour vos dévoués chroniqueurs, l'intérêt n'est plus.

 

Un live du Moritz Von Oswald a donc des effets de drogue tranquillisante, c'est bon à savoir. Dommage pour DSCRD qui, sans être indigne d'intérêt, ne constituaient pas exactement le warm-up adéquat. Quand bien même, la qualité du lieu et de la prestation du Trio ont fait de ce concert une expérience à part.

 

                                     181f-moritz-von-oswald-trio-au-new-morning-lundi-31-octobre

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
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