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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 11:16

Lieu : Turbinenhalle (Oberhausen, Allemagne)

Date : 5, 6 et 7 novembre 2010

 

Jour 1 :

Oberhausen, ville dortoir lugubre de la Westphalie, à peine à deux heures de Paris en passant par l'aéroport de Dusseldorf. L'architecture et la couleur des bâtiments ne laissent que très peu de choix aux autochtones. Tout donne envie ici d'écouter du rap hardcore ou du post metal. Seul notre hôtel laisse entrevoir un soupçon de vie. Bien sûr on se laisse tenter par les bratwurst de la Marktstrasse, notre intestin s'en souviendra. Trouver la Turbinenhalle relève de l'exploit quand on est vierge de tout Maschinenfest. Entre une voie de chemin de fer, un McDo et un gigantesque club de sport, la Turbinenhalle est là, quelque part. Manolito prend son courage (et son anglais) à deux mains pour solliciter un imposant culturiste qui se restaure à coup de junk food sur un parking.

- "Où est la Turbinenhalle s'il vous plaît ?

- La Turbinenhalle ? C'est une usine désaffectée reconvertie en salle de spectacles. Il faut prendre l'escalier derrière le parking et longer les usines fermées. Mais faites attention mademoiselle, il y a une faune étrange et suspecte qui rôde par là."

Ok, ça tombe bien, c'est pour ça qu'on est venu. Dès les portes, l'accueil est chaleureux, même les colosses qui font office de videurs ont le sourire. A l'intérieur, des stands aux couleurs d'Ad Noiseam, Ant-Zen, Hands Productions et Spectre. Chacun en profite pour remplir ses caisses. Beaucoup s'agglutinent autour des dernières sorties, pas forcément pour acheter, mais surtout pour parler musique avec les différentes têtes pensantes des labels. Tous très sympathiques pour la plupart. 13th Monkey finit son set devant une foule clairsemée. On croise Nicolas de Ad Noiseam pour solliciter une interview, mais à dix minutes du concert de Matta, ce n'est pas l'idéal. Seul le plus jeune des frères Matta est là. Il rendra une copie extrêmement sérieuse. Même si je ne suis pas un fan de dubstep, force est de reconnaître que le set costaud et burné du Britannique ne peut que remporter l'adhésion. Il a d'ailleurs conquis un public de soldats de l'indus, de goths, de punks et de nerds pas venus pour le voir à la base.

Débute alors la lente transhumance vers le stand d'Ad Noiseam, où beaucoup veulent acquérir l'objet de la surprise, qu'ils qualifient pour la plupart de breakcore. A peine le temps de reprendre son souffle (il n'y a qu'une seule scène au MF), que les déflagrations électriques et industrielles du trio Chrysalide résonnent jusque dans les reins. Les trois Français ont l'air plus que content d'être là, même si ils sont tous trois maculés d'une peinture noire qui leur donne l'allure d'oiseaux mazoutés. Rapidement ils envoient le bois, entre sonorités et rythmiques industrielles écorchées, tempo hardcore et énergie punk. Ils se donnent du mal et dépensent une énergie folle. L'effet visuel est indéniable. Je n'irai pas acheter le disque mais la prestation scénique est abrasive.

Très bonne surprise. C'est ensuite au tour de l'Allemand Andreas Brinkert, alias Bipol, de truster la scène. Entre indus et IDM, il jouera principalement des titres issus de son dernier album, Fritter Away, sorti en début d'année sur Ant-Zen. Excellent live, même si je suis moins client quand son pote vient beugler avec un succès relatif dans un micro mal réglé. Les premières minutes de Config.Sys me gonflent sévèrement. Nos errances aéroportuaires et l'ensemble de la journée ont eu raison de nous. Comme des hérétiques, on se casse en ayant loupé Ambassador21, Asche et Sonar.

 

Jour 2 :

Après une bonne nuit de sommeil et un sandwich douteux, nous sommes presque frais et dispos, prêt à enchaîner neuf heures de musique non stop. Simon Schall ouvre les hostilités avec un set pas inintéressant mais assez convenu dans l'ensemble. Le noise teinté d'indus des régionaux de l'étape Swanika m'hérisse les poils. Il est donc temps de se rafraîchir à coup de bières au goût de métal. Les choses sérieuses commencent avec Zero Degree. Sa musique, spatiale et minimaliste, hypnotise la foule un peu plus importante que la veille. Ses gestes sont éparses mais précis. Chacun a les yeux grands ouverts, on sent un bouillonnement interne indescriptible. Énorme claque. Le seul membre du duo quittera l'estrade sous les applaudissements d'un public groggy, avec une discrétion et une timidité plus que touchante.

L'album Probe (Ant-Zen) fera très bientôt l'objet d'une chronique, tout comme le nouvel album de celui qui s'avance alors : le suisse Abs6. Comme un DJ hip-hop, il gesticule au gré des déflagrations et s'escrime sur son laptop comme si sa vie en dépendait. Il livrera lui aussi un concert admirable, entre IDM, indus aux relents technoides et dustep. Très varié et très maîtrisé.

C'est alors qu'apparaît un de ceux qui a motivé ma venue au MF, le Grec Subheim. Nicolas d'Ad Noiseam m'avait prévenu au préalable : "Tu verras son nouvel album est très organique et beaucoup plus adulte que Approach. Il y a beaucoup de voix et un côté aérien et jazzy assez surprenant."

Le petit Grec s'avance et ouvre son set par Hush, la magnifique introduction du précédent album. La chanteuse Katja le rejoint alors. Tout n'est que beauté et volupté à partir de là. Certains auditeurs se cassent car il semble que ça manque de violence à leur goût. Mais un ballet langoureux de gothiques débute alors dans la fosse, donnant une dimension féerique au concert. Un baril d'essence se substitue aux boites à rythme. Subheim demande une bière qui tardera à venir. Ceux qui sont restés sont subjugués et tardent à réagir. Très très beau live, qui donne plus que jamais envie de se plonger littéralement dans son nouvel album : No Land Called Home (publié par Ad Noiseam).

On loupera le live d'Edgey pour se remettre de nos émotions, avant que le rythmic noise surpuissant des Canadiens d'Iszoloscope ne nous terrasse littéralement. Nous raterons Ah Cama-Sotz et Winterkälte, comblés par ce deuxième jour époustouflant. Nous avons d'ailleurs rencontré Dirk Geiger, seul représentant de Tympanik Audio, qui a récemment fait parler de lui avec son superbe album Autumn Fields (chroniqué ici). Manolito n'a depuis plus lavé ses mains, troublée à tout jamais par le charme de ce beau germain.

 

Jour 3 :

Nicolas Chevreux, de Ad Noiseam répond enfin favorablement à notre demande d'interview (retrouvez là  ici) dès l'ouverture des portes. Nous raterons donc les prestations de Horque et de Killer. Le dernier cité aura, parait-il, réalisé une prestation impressionnante, masqué et placé devant la régie face à un vieil écran de télé pourri. Le set breakcore du Français Lingouf fut ébouriffant et impressionnant de technique. Énorme baffe. Le trio Frl.Linientreu rendit lui aussi une excellente copie, troublante de maîtrise. C'est alors au tour du dready français Niveau Zero, et son dubstep de partouzeur de faire chavirer une foule surprise mais entièrement acquise à sa cause. La Manolito perd tout sens des réalités sous les coups de butoir de First.

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Les goths et les cyberpunks dansent le mia sur le dubstep. Hallucinant. Dès la fin du set, le stand d'Ad Noiseam annonce immédiatement la couleur. Albums de Matta et de Niveau Zero épuisés. On ira causer avec l'heureuse attraction du moment, qui s'est entre temps séparé de son éternelle cravate. On parle du site, de l'ouverture des gens au Maschinenfest, de son actualité. Un costaud accompagné de deux petites emo en goguette demande alors s'il est possible de prendre une photo et de se faire dédicacer un album. Ce n'est qu'en fin de soirée que nous comprendrons que ce colosse vaguement groupie n'était autre que... Architect. Une hallucination de plus. On loupe la prestation de Sonic Area, qui avait elle aussi tout l'air de valoir son pesant de peanuts. On va se restaurer légitimement pendant Null Vektor et Mono No Aware. Le power noise c'est définitivement pas notre truc. Qui d'autre qu'Architect pouvait mieux clore ces trois jours de festivités ? Son set, accompagné d'un visuel dispensable, fut absolument époustouflant. IDM, breakbeat, drum'n bass, dubstep... le gars sait tout faire. Son récent album, Consume Adapt Create, avait déjà planté le décor de cette illustre prestation. Sonnés par tant de bonheur, on s'aperçoit vers la sortie que personne ne souhaite en rester là. Les habitués se lancent alors dans une danse martiale bluffante sous des sonorités noisy et hardcore.

C'est ça le Maschinenfest. Un festival où on rencontre des personnalités aussi variées que bigarrées. Il y a même des spécimens, pour la plupart féminins, capables de terraser de par leur aura et leurs courbes les plus fervents cartésiens de la beauté. Tout le monde est ici très gentil et très ouvert. Prêt à s'isoler pendant trois jours dans cet ilôt entre deux frontières imaginaires qu'est la Turbinenhalle. Des Belges, des Allemands et des Britanniques, mais très peu de Français. Voilà qui nous renforce dans l'idée que la France est en retard sur ses voisins pour ce qui est de ce genre de sons. Ce festival qui n'affiche jamais complet est pourtant prêt à les accueillir. Une chose est sûre, l'année prochaine, au moins deux membres de Chronqiues électroniques y retourneront.

 

par Ed Loxapac

photos 2,3,4,5 et 6 par GAndy / ektroanschlag

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Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
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commentaires

shift. 17/11/2010 05:53


Super retour... bravo les gars d'avoir bougé vos ptites fesses la bas. Content d'avoir un retour sur les live de Zero Degree, Architect, Niveau Zero et surtout Subheim. Je viens de finir de bosser
avec lui pour son design de tshirt, ce mec est une creme et est franchement talentueux.
Dommage que vous finissiez votre article sur une petite coquille : "Ce festival qui n'affiche jamais complet est pourtant prêt à les auccueillir."


Chroniques électroniques 17/11/2010 18:52



Coquille rectifiée. Merci Tim, c'est toujours un plaisir et un honneur de te voir réagir à nos lignes. Peut-être bien qu'on se croisera au MF l'an prochain. La bise.


Ed Loxapac.