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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 09:40

Dates : 31 août-11 septembre 2011

Lieu : La Villette (Paris)

 

Le festival Jazz à La Villette a su construire au fil des années une réputation de qualité et d'éclectisme, avec une vision extra large de ce qu'est le jazz. Si nous aurions eu cette année envie de faire de nombreuses dates, pour voir par exemple la combinaison Tom Harrell, Roy Hargrove et Stéphane Belmondo, et que les retours ont été très bons pour Abdullah Ibrahim et Archie Shepp accompagné du MC Napoleon Maddox, ce sont quatre autres soirs que nous vous rapportons.

 

Zu + The Ex (Dimanche 4 septembre - Cabaret Sauvage)

par Pingouin Anonyme 

C’est dans un Cabaret sauvage à moitié rempli que le trio italien Zu (basse, saxo baryton, batterie) ouvre la soirée. Coqueluche de la scène metal intello depuis quelques temps grâce à son excellent album Carboniferous en 2009, Zu aura pourtant bien du mal à s’imposer. Mélange hybride de drone, de math-rock et de free-jazz, le magma sonore déjà touffu et complexe du groupe se trouve desservi par un son ingrat, incapable d’en restituer les subtilités réelles. Quelques morceaux enchaînés sans temps mort en 30 petites minutes, et Zu remballe ses instruments sous l'accueil finalement chaleureux d’un public respectueux, mais un peu déçu d’en avoir si peu entendu.

Une petite demi-heure plus tard, et les Hollandais de The Ex débarquent sur scène sourire aux lèvres, accompagnés du Brass Unbound, soit un sympathique quatuor de cuivres (deux saxos, une trompette, un trombone). La rencontre des deux formations est une aubaine, le Brass Unbound relevant les compos classiques de The Ex, puisées dans leur interminable discographie : tour à tour festif, latino ou franchement free, c’est un relief nouveau que prend le post-rock noisy des bataves grâce à cet apport musical rafraîchissant. Le trio de guitares de The Ex fonctionne à la perfection, la qualité du son s’étant nettement relevée, et le chant très typé d'Arnold de Boer fait mouche, rappelant souvent le style, tant physique que vocal, de feu Ian Curtis de Joy Division. Mention spéciale à Katherina Bornefeld, à la batterie et parfois au chant, qui parvient à communiquer à un public enthousiaste une énergie solaire. Une heure quarante-cinq et trois rappels plus tard, les huit musiciens quittent la scène visiblement lessivés, mais laissant un parterre de fans conquis et heureux.

 

Poni Hoax + ESG (Jeudi 8 septembre - Cabaret Sauvage)

par B2B

Ca m’apprendra à arriver en retard, même de 20 minutes. J’aurai pourtant du me douter que les horaires d’un festival de jazz sont toujours respectés. Poni Hoax est en pleine représentation lorsque je pénêtre dans le Cabaret Sauvage. Le public ne bronche pas devant la cold-wave abrasive de la bande de Nicolas Ker. Alternant envolées rock viscérales et rythmique robotique, le chanteur balaie l’espace scénique avec gravité avant d’achever le concert par un Antibodies rageur.

A peine le temps de reprendre son souffle, d’observer le public se masser devant la scène (le concert est sold-out) que la bande d’ESG déboule sur scène. La famille Scroggins va littéralement emporter le public dans un punk-funk dansant en diable. En quelques minutes, les cries se multiplient, les corps se contorsionnent. La rythmique se fait autant animal qu’urbaine donnant l’impression d’assister à un concert dans la jungle new-yorkaise. Le batteur est impressionnant de maitrise, la basse de Nicole Nicholas parle directement aux tripes pendant que les percus des Scroggins provoquent les jambes. La répétitivité devient alors une arme provoquant une transe extatique. Les danses ultras sexuelles font monter dangereusement le taux d’hormones de la salle, les paroles mi-chantés, mi-scandés n’en finissent plus de résonner dans les têtes. L’aspect minimaliste des chansons d’ESG prend alors une vertigineuse proportion en live et leur musique devient imparable. 1h de concert plus tard, le public peut aller s’essorer dehors, conquis.

 

Brad Mehldau (Vendredi 9 septembre - Cité de la Musique)

par Tahiti Raph

La parfaite salle de la Cité de la musique accueille quelques jours plus tard un Américain à la fois pianiste classique virtuose, au swing jazz et à la culture pop. Après l'avoir vu au Châtelet en novembre dernier pour jouer, largement accompagné, son dernier et magnifique album Highway Rider, Brad Mehldau est seul cette fois ci. Il se présente sobrement au public, attitude respectueuse et costume discret. Les mains sont placés, le jeu peut commencer.

Car le garçon est joueur. Il s'amuse à débuter lentement puis à densifier ses morceaux. La main gauche pose les bases, déroule, entretient le feu, tandis que la main droite se promène, enrichie, voire intensifie la mesure en doublant la mise. Sa musique est faite de ruptures, de moments de grâce et de crispations. Le tempo peut s'accélérer ou se complexifier en fonction de l'humeur des aigüs. l'Américain ne joue pas vraiment du jazz au sens propre du terme. Même s'il répond à l'idée de musique improvisée et bien qu'il parte d'un thème auquel il revient généralement après de longues minutes de pérégrinations, le ton est plus libre, plus large que le jazz.

Habitué des reprises pop, il ne faut attendre que trois titres pour un hommage à Radiohead, groupe qu'il place très souvent dans son répertoire en solo (Paranoïd Androïd dans son Live à Tokyo) ou en trio (Exit Music (For A Film) ou Knives Out dans sa série Art Of The Trio). Il s'attaque pour l'occasion à Jigsaw Falling Into Place issu d'In Rainbows, morceau qui correspond à sa facilité à marteler nerveusement son clavier avec une grande finesse. La guitare de Johnny Greenwood fait vibrer sa main gauche quand la voix de Thom Yorke anime la droite. Le thème est tricoté, détricoté, puis ne sert que de prétexte à l'improvisation de plus en plus lointaine. Après un passage moins en rondeur, Mehldau se lance dans un Teardrop de Massive Attack hypnotisant et langoureux. Avec le risque que le concert tourne au blindtest, la pianiste assume son goût de la musique moderne et démontre comment elle peut sonner autre. Pas jazz pour autant.

Encore complétement dans cette réflexion sur ces nombreux emprunts au répertoire pop, le premier rappel enfonce le clou avec le Blackbird du duo Lennon/Mc Cartney qu'il jouait déjà sur le premier Art Of The Trio. Un retour sur scène relativement court par rapport à ce qu'il avait montré jusque-là. Trois autres suivront, plus longs. Même si les ritournelles de sa main droite lassent parfois, qu'il semble combattre le trop de technique par des morceaux grands publics, le public est conquis par sa sincérité et son inventivité.

 

Questlove's Afro Picks (Dimanche 11 septembre - Grande Halle de la Villette)

par B2B

Le voilà le fameux évènement du festival, la soirée au line-up en forme de all-star game. Il faut réussir à s’imaginer une escouade de l’afro-beat venu frapper votre cul le temps d’un unique concert. 20 musiciens prennent ainsi place sur scène pour la Questlove's Afro Picks, gigantesque projet mis en place par RBMA (Red Bull Music Academy).

Le début est pourtant poussif, la soul prend l’ascendant avec une Macy Gray par forcément adaptée pour ce projet. Les premiers solos de cuivres des membres d'Antibalas tentent de réveiller difficilement une hall de la Villette au son trop plat, à l’architecture froide (c’est à vous faire regretter un Zénith, c’est vous dire). Si en plus le public devient chiant et braillard, ça n’arrange rien. Puis, au bout de 40 minutes, le Love Is Natural Feeling de Tony Allen, tout sourire sur scène du début à la fin, devient élastique. Macy Gray s’oppose à un Amp Fiddler de classe internationale. Questlove, le légendaire batteur des Roots et le chef d'orchestre de ce projet, entame alors un battle avec Tony Allen annonçant une suite explosive.

L’afro-beat reprend ses droits, la foule peut commencer à bouger, il était temps. David Murray dirige les cuivres tout en se permettant des solos de saxos euphorisant. Quand retenti Sorrow Tears and Blood de Fela Kuti, la foule qui connait ses gammes se laisse prendre au jeu. Black Thought (MC des Roots) prend le timbre de Fela tout en imposant un flow hip-hop actuel. Les paroles militantes de ces morceaux africains des 70’s commencent à prendre sens. Malgré la longueur des morceaux, tout semble s’enchaîner vite. Questlove accentue ses frappes, le son prend du relief pour mieux capter l'attention. Le Peace de Bongi Makeka interprété par Mamani Keita et ses choristes annonce la fin alors qu’on a tout juste l’impression de commencer à vivre quelque chose. 11 morceaux et 1h50 plus tard, le combo quitte la scène sous une longue ovation. On en aurait voulu plus, bien plus.

 

 

http://www.parisetudiant.com/uploads/assets/evenements/recto_fiche/57466_jazz-a-la-villette.jpg

par Pingouin Anonyme, Tahiti Raph et B2B 

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Published by Chroniques électroniques - dans concert-soirée-festival
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commentaires

Ceibe 26/09/2011 22:01


Vous avez raté le magique concert de rh factor, le magnifique mulatu astatke qui a transcendé la grande halle. En revanche oubliez le concert sans âme de cinematic orchestra. Quant à Zu, le groupe
est en reconstruction, le batteur s'est barré dans les bloody beetroots. Ils ont joué 40 minutes d'impro.


Chroniques électroniques 26/09/2011 23:31



Les Bloody Beetroots : la descente est rude.