Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • Chroniques électroniques - Chroniques de disques, de concerts, de festivals, de soirées de musiques électroniques, rap et bien d'autres...
  • : Au confluent des musiques électroniques, du rap et des autres styles, ce blog, ouvert et curieux. Chroniques de l'actualité des sorties IDM, électronica, ambient, techno, house, dubstep, rap et bien d'autres encore...
  • Contact

Recherche

Archives

Catégories

24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 08:12

Date : 1 octobre 2011

Lieu : Parking de la Turbinenhalle (Oberhausen, Allemagne)

Occasion : Maschinenfest 2011

 

C'était maintenant il y a plus de six mois. C'est très intéressant de vouloir faire des interviews, mais leurs retranscriptions est tellement chiante et longue, que la procrastination prend bien souvent le pas sur l'engagement et le sérieux. Mais ceci est un autre débat...

Le Maschinenfest maintient vivantes depuis 1999 les flammes du flambeau des musiques industrielles en Allemagne. Les labels ant-zen/Hymen, Ad Noiseam, Hands Productions et quelques autres en profitent pour donner une visibilité scénique aux artistes qui gonflent toujours un peu plus leurs rangs. On y croise une faune bigarrée et plus ouverte qu'on pourrait le croire, composée de goths, de soldats de l'indus et de créatures finalement plus emo que cyberpunks. La plupart des artistes qui comptent dans la sphère en profitent aussi pour faire le déplacement et allier plaisir, mais aussi parfois le business. Il est donc possible de converser aisément avec Dirk Geiger, Empusae ou Kirdek, de se gaver de burgers à la même table que Flint Glass (autre moitié de Tzolk'in) et d'entrevoir Lustmord s'essayer au breakdance pendant un dj set vintage de Nicolas Chevreux (Ad Noiseam). Tout un programme qu'on vous dit.

Se rendre en Allemagne sans aller bouffer au Burger King relève de l'infamie, surtout quand on est un demi gros, et qu'on est accompagné d'un ventre sur patte déguisé en sylphide et d'un webdesigner hippie récemment converti à Ableton Live. Le temple de la junk food de Oberhausen prend alors des allures de café de Flore, quand il réunit tout ce que la chronique électronique franco-belge a de plus sacré. Ben et Raoul du webzine à l'arrache tentent un marathon gastronomique entre deux échanges éclairés sur l'avant-garde du porno animalier. C'est en leur compagnie et en ces lieus saints, que fut planifiée sérieusement l'hypothétique rencontre avec Näo du soir.

http://a7.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/321275_10150350526319483_125282399482_7761021_911012669_n.jpg

Car honnêtement, même si  Picture This If You Will avait laissé un bon souvenir, avec ses mélodies abstract hip-hop de yakusas composées dans la chambre de Pierre André Pernin, j'ai du mal à imaginer ça en live au Maschinenfest. Il paraît que le Bisontin est désormais accompagné d'un batteur et d'un gratteux, et que l'ingé son qui les suit est loin d'être un manche. La sortie imminente d'un album est programmée chez ant-zen, la surprise se mêle alors au scepticisme. Pourtant, le nom de Näo est sur toutes les lèvres dans les travées de l'antre qui accueille d'habitude des combats de catchs. Encore plus étrange quand on sait que l'édition 2011 accueille des noms comme Mobthrow, Lustmord, This Morn'Omina, Xabec ou Synapscape. Autant d'artistes et formations autrement plus rassembleurs que la nouvelle configuration bisontine. Leur set va pourtant faire chavirer la foule. Leur premier album éponyme (chroniqué ici) est calibré pour le live, la puissance et la spontanéité de leur electro-rock fait le reste. On en oublierait presque qu'ils n'ont absolument rien inventé et que les schémas de leurs constructions se répètent inlassablement. Les riffs bien gras et les kicks lourds répondent aux délicats carillons issus du laptop de Pierre-André. Le groupe se donne à fond, en même temps que les goths sautent partout comme de jeunes cabris. Ant-zen, qui avait pressé 500 exemplaires pour la sortie officielle à venir, en écoulera plus de la moitié juste après le concert. Ben vérifie que son matos d'enregistrement marche à peu près correctement (la sauce andalouse, ça fait pas de bien aux circuits) pendant que je m'empresse de solliciter Pierre André et son batteur fou, Thibault, pour réaliser l'interview à l'arrache sur le parking.

"Chroniques Electroniques ? Ceux qui écrivent des pures chroniques ?

_ Euh, ouais. Pas toujours. Nos camarades belges ont de la jupiler pas fraîche à offrir en plus.

_ Pas de soucis, on y va.

http://a5.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/301169_10150348684559483_125282399482_7752359_57607438_n.jpg

Ce qui devait être une interview comme seuls les professionnels savent en réaliser se transforme en fait en une conversation bordélique. Je vais donc privilégier l'option narrative à l'empilage de questions réponses pas toujours des plus pertinentes.

Jordan (le gratteux mêchu) et Pierre André se connaissent déjà depuis un moment. Thibault chantait dans un groupe de neo-metal avant de se remettre à taper sur des cymbales. Ce dernier croise le premier dans un festoche de Besac, lui demande de lui envoyer très prochainement quelques samples, histoire de voir. Mais Pierre André ne le fera finalement que deux ans plus tard.

"Si t'es toujours chaud c'est maintenant, un ex-bassiste converti à la guitare fait aussi partie de l'aventure. Y a des concerts en prévision et faire un album très vite serait pas mal."

Le nouveau groupe veut tourner, peu importe où. Ils envoient des demos tout azimuts sans grandes convictions. Ils ont en même temps une prod allouée de 4000 euros pour rentrer en studio et faire leur album. Les gens de l'Elektroanschlag (festoche allemand très orienté indus et noise) leur demande de venir. Leur petite mais belle histoire est déjà en marche. Ils ne sont même pas encore au courant. Leur set est acclamé par un public peu coutumier de ce genre de trucs. On leur présente ensuite Tomas Hein (principal organisateur du Maschinenfest) qui leur propose de venir jouer quelques semaines plus tard. Puis s'avance ensuite un certain Stefan Alt (photographe, graphiste et boss de ant-zen et Hymen), qui leur dit très rapidement que son label serait ravi de les accueillir en son sein. Le plus drôle est que les membres de Näo n'ont aucune idée de qui sont ces gens, eux qui n'ont pratiquement aucune culture indus. Toujours est-il qu'ils acceptent, sans plus se poser de questions que ça. Thibault ajoute même :

"Moi j'écoute pas de musique. D'ailleurs je n'ai découvert The Doors que la semaine dernière. Alors ant-zen, le Maschinenfest, l'indus... je sais pas du tout à quoi j'ai à faire."

Rien d'anormal pour eux donc, dans la présence d'une guitare et d'une vraie batterie au MF. Quand on leur avoue que leur musique nous aurait apparue plus compatible à l'esthétique de la maison lyonnaise Jarring Effects, Pierre André avoue très rapidement admirer Hint et Ezekiel mais affiche une certaine gêne. Il avouera quelques minutes plus tard à l'abri des micros qu'un rapprochement est actuellement en cours, pour assurer l'édition française de l'album et pour les ajouter à leur catalogue d'artistes à booker. C'est aujourd'hui chose faite (officiel quelques semaines après l'interview).

http://a2.sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/333840_10150348680669483_125282399482_7752321_2109120820_o.jpg

La petite histoire commence à avoir une sacrée gueule pour ce jeune groupe. Si Pierre André affiche moins de candeur que ses deux compères, c'est surtout parce qu'il sait qu'il sera plus compliqué de convaincre le public du Riddim Collision (plus habitué et peut-être plus aigri face à leur musique). En grand fan de Tool (un concert à Lyon engendra sa révélation scénique)  et en ancien dj hardtek, il sait que c'est sur ses lives que le groupe va bâtir sa réputation, et donc asseoir une éventuelle crédibilité pour enregistrer d'autres disques. Si ils continuent de faire tourner leur usine à gaz pour se partager l'écriture et les rôles, si ils parviennet à conserver leur spontanéité et leur énergie live, il se pourrait bien que leur histoire n'en soit qu'à ses balbutiements. Tant que leur deuxième album ne s'appelle pas Indus Jah, y a pas de raisons que ça se passe mal. Je ne relaterais pas ici les échanges et débats qui ont eu lieu au sujet du dernier album de Amon Tobin, de la suprématie de la Kronenbourg sur la Jupiler. Le groupe continue de tourner et est prêt à voyager en dehors de ses frontières. Näo va même ce soir même faire les sélections francomtoises pour jouer aux Eurockéennes et se représentera cette année à l'Elektroanschlag. L'histoire continue. Soyez en les témoins. L'electro-rock c'est pas toujours pourri, surtout quand trois garçons dans le vent savent aussi bien jouer des complémentarités évidentes entre électronique et électricité.

 

propos recueillis par Manolito, Ben, Raoul et Ed Loxapac

Retranscription par Ed Loxapac

Photos de Stefan Alt

Partager cet article

Repost 0
Published by Chroniques électroniques - dans Interview
commenter cet article

commentaires

Rabbit 24/03/2012 09:18

Je confirme qu'ils ont largement convaincu, au Riddim.