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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 23:26

Sortie : Avril 2012

Label : Self-release

Genre : Electro, Pop, Classifiable ?

Note : 8/10

 

Raoul Sinier est un compositeur hors-pair et artiste accompli dans tous les domaines. Même après avoir arrêté de sampler, il crée toujours à partir d'oeuvres déjà existantes. Sa dernière release est, comme le nom l'indique, un album de covers dans la lignée esthétique de Guilty Cloaks. Tout avait pourtant été détaillé sur son style dans la chronique (ici) de ce dernier chef-d'oeuvre qui s'est révélé être un des disques indispensables de l'année dernière. L'artiste en remet une couche, affichant de nouveau ses couleurs rouges et noires dans un exercice de reprise qui affiche chaque morceau dans sa nébuleuse artistique.

 

N'ayant pas été élevé par une culture musicale Rock, je connaissais l'origine de seulement 6 morceaux sur 11. Ce n'est pas un handicap mais l'appréciation se décuple une fois les références acquises pour pouvoir se prêter au jeu des reprises. La première claque arrive avec Jöga. C'est un acte téméraire de vouloir reprendre la voix de Björk et son morceau surpuissant, et pourtant la production du français laisse penser que le combat est à armes égales. Le souffle de la voix de Raoul est impressionant, son timbre est doux et contraste ses synthés aux arpèges diaboliques. Ce n'est que le deuxième morceau et je ne suis pas encore au bout de mes surprises. Je reste assez neutre sur les tracks dont je n'aime pas assez l'original pensant qu'il y a peut-être une limite à l'exercice, comme sur le morceau Riders on the Storms. Je n'ai jamais compris la passion planant autour de cette chanson, pourtant je suis fan des Doors. Un changement radical d'esprit a lieu sur Street Spirit (Fade Out) par rapport au morceau d'origine. Comme au théâtre, en changeant la mise en scène, on en change parfois l’interprétation. L'original berçait n'importe qui dans son sommeil avec la mélancolie de Radiohead. On retourne le morceau face verso et nous obtenons ainsi une chanson plus énergique, me faisant carrément penser aux sonorités de The Streets.

Si Metronomy a pourri votre été l'année dernière, il y a peut-être moyen de racheter votre avis sur la reprise de The Bay, bien plus pêchu que l'original, avec une vrai montée mélodique et progressive comme le fait si bien Raoul à l'accoutumée. Pour ma part, je sélectionnerai aussi le onzième et dernier morceau de l'album, The Rip de Portishead, qui est parfaitement adapté au style de Raoul Sinier. Je préfère sa version à celui du groupe anglais. Les comparaisons avec les originaux de chaque artiste respectif sont vraiment intéressantes. Nous assistons plus à une opération chirurgicale qu'une défiguration. C'est un véritable travail de maître que certains fans décortiqueront pour trouver les variantes et touches propres aux nouvelles versions que nous propose Raoul Sinier. On peut parler d'album au sens noble du terme, toutes les reprises sont dans la continuité de ses derniers travaux et elles dégagent toutes l'atmosphère toujours aussi ambiguë de l'artiste dans chacune de leurs mesures. Retoucher des artistes "Pop" avec tant de pertinence, relève forcément d'une volonté artistique déterminée, dont l'intuition créatrice est une illumination divine. Respect.

 

Raoul Sinier est un artiste auquel nous pouvons accorder toute notre confiance à l'avenir. Cette sortie propose des morceaux plus accessibles méritant d'être écoutés par tous, et surtout par ceux qui ont hiberné ces quelques dernières années et qui n'ont pas pu prêter un brin d'attention à un artiste qui avance depuis longtemps, doucement mais sûrement. Raoul Sinier vous sert en personne Covers sur un plateau, téléchargez gratuitement l'album ici.

 

http://www.chroniquesautomatiques.com/wp-content/uploads/2012/04/RS-Covers-Artwork.jpg

par Pneu Rouillé

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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Philippe 22/04/2012 04:22

J'ai eu beaucoup de difficulté avec cet album. J'étais emballé lorsque j'ai vu les groupes qu'il remixait, mais après quelques écoutes, je fus déçu. Je suis un fervent invétéré de Radiohead et de
Portishead, mais malheureusement, à mon humble avis, la dimension qu'il a tenté d'apporter à ces morceaux est loin d'être à la hauteur et n'apporte rien au morceau, au contraire. Merci tout de même
d'avoir pris le temps de partager.

Acapja 21/04/2012 21:13

Au contraire je trouve qu'il a su dépasser les codes de la musique électronique et sublimer ce qu'il avait déjà mis en place (surtout et avec son chant).

Oualak 17/04/2012 11:44

Suis-je le seul à trouver que le chant n'est vraiment pas à la hauteur ? Déjà sur l'album précédent j'étais presque gêné pour lui... C'est vraiment dommage il possède vraiment un univers béton.

WTF 15/04/2012 23:08

Lol le chroniqueur qui écrit son papelard en citant Metronomy, tout en assumant ne pas connaître Bauhaus, Siouxie... Hendrix tu connais ? Nan parce qu'elles sont vraiment géniales ces reprises.

JJ 14/04/2012 12:36

"travaille" ? Je connais quelqu'un qui n'a as relu sa chronique :)

Sinon pour le Raoul Sinier, je n'ai pas vraiment adoré...d'un autre côté, je n'ai jamais été un grand fan des CD de reprise de classiques.