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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 19:23

Sortie : novembre 2011

Label : Raumklang Music

Genre : IDM, Néo-classical, Ambient

Note : 8/10

 

2011 fut une sacrée année pour R.Roo. Entre son album sur Abstrakt Reflections (ici), son capiteux Ache (ici) ou son projet Sound Wave Pressure (ici), s'il y a eu un artiste qui marqua ces derniers 12 mois par sa productivité et la qualité sans cesse renouvelée de ses créations, on peut sans trop de risque nommer l'Ukrainien. Quoique, niveau stakhanovisme, nul ne battra jamais Pleq, mais là n'est pas la question. C'est sur Raumklang Music que Ruga Roo délivre son troisième opus, Broken Time qui à nouveau, ressemble si peu à ses prédécesseurs.

 

R.Roo semble avoir fait table rase, balayant les fioritures et tout ce qui pourrait biaiser l'essentiel. A savoir ce qu'il reste après l'ouragan, un calme troublé seulement par la poussière qui retombe, qu'un souffle désormais pur fait voltiger. Andriy Symonovych puise au coeur de la dimension néo-classique de son art. Son perpétuel piano est la plume qui déroule son récit. Contemplatif, voué à l'introspection, Broken Time se fait ode au vide et aux silences tant l'espace paraît grand dernière la ténuité des beats. Broken Time, A Broken Clock, Laugh In Her Broken Eyes, les brisures, qui montrent la réalité brute des choses, sont le pivot de la narration de R.Roo. Cet album recouvre 18 bouts d'histoires craquelées, empruntes non pas de hargne funèbre, mais d'une noirceur assez belle, d'une tristesse tangible et claire. Broken Time n'est pas de ces albums passe-partout, il faut choisir son heure pour y sombrer. Si le désespoir fait suffoquer, l'embrasser est promesse de rémission. Sans être le premier à le faire, R.Roo montre que l'épuration est génératrice de force, qu'en allant au plus gracile, on va aussi au plus perçant. Sans jamais perdre sa subtilité, son IDM se trouve ici réduite à un échantillonnage impliquant le minimum d'éléments, accordant au glitch toute la place qu'il mérite. Certains intervenants modulent tout de même cette conception minimaliste, qu'ils soient issus de captures radio ou de complaintes féminines et balbutiantes (le superbe Her Movie). 16 titres et deux remixes composent Broken Time, celui, version dark allegretto, de Laugh In Her Broken Eyes par Tapage et la surprenante relecture de Her Movie par Cloud Roots, qui verse dans l'indus acre et crissant, véritable tâche d'huile en pleine étendue downtempo. Parmi les points d'orgue du tableau que compose R.Roo, quelque part entre chien et loup, se détachent l'enténébré My Rue, l'ambivalent et magnifique Fireflies, Drain Myself, We Play The Search, You Enderstand Me et sagte er, es war, als sollte die scham ihn uberlen. Une question demeure, pourquoi avoir sorti la version physique de ce splendide album dans une boîte de dvd...?

 

On ne peut dire que la musique de R.Roo ai gagné en maturité. Ceux qui ont poncé Into A Cloud savent que dès le début, le bonhomme avait tout d'un individu sérieux. Non, avec Broken Time, l'Ukrainien met à découvert une fibre émotionnelle neuve, magnifiquement servie par un écrin d'IDM éthérée et de compositions classiques modernes.

 

582851010-1

par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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