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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 19:52

Sortie : août 2011

Label : Someone Records

Genre : Glitch, Dark Ambient, Neo-classical

Note : 8/10

 

r.roo, dit Ruga Roo, en réalité Andriy Symonovych est un compositeur ukrainien. La sortie de son deuxième album sur le netlabel argentin Abstrakt Reflections avait légitimement retenu l'attention. Into A Cloud (chroniqué ici) est un bijou d'IDM, entre puissance rugueuse et orchestration voilée. En août dernier, notre homme et deux compères, dénommés Gomzikow et Sitreus, ont monté leur label, Someone Records. Ils en célèbrent la création à coup de trois sorties consécutives (toutes livrées gratuitement), les albums d'Absurdum Essentia, de Item Caligo et ce Ache, qui révèle un pan différent de l'univers de r.roo.

 

Ache est particulier, en premier lieu de par sa structure. Sans compromettre d'un poil la cohérence des sept titres, ce court album est scindé en deux. Une première partie semble rendre hommage aux compositeurs classiques du XVIII et XIXe siècle, la seconde évoque douleur et cauchemars. Le lien entre les deux ? Une dramaturgie évidente. r.roo fait planer des ambiances crépusculaires de même qu'il déploie des chants d'opéra. Into A Cloud avait démontré son goût pour le piano et les cordes tragiques. Sur Ache leur union est omniprésente. Les nappes de violons tissent tantôt des rideaux de tulles, tantôt des brouillards terribles, et les pièces de r.roo prennent des accents néo-classiques suffocants. Outre ce choix de vous mener dans les couloirs glauques de gentilhommières tendues de rouge poussiéreux – les visions hystériques de Wendy Torrance piégée dans l'hôtel Overlook ne sont pas loin – Ruga Roo a modulé son travail rythmique. Les beats se font collants, poisseux, souvent downtempo. Le glitch y est acerbe et des textures indus corrodent le rythme jusqu'à la moelle. r.roo entrelace les couches avec une dextérité de joaillier. Ache brasse le dark ambient, l'IDM, le modern classical et une forme de noisy trip-hop. Il rejoind quelque part le dernier Klaus Kinski (ici), sur l'emphase presque théâtrale qui hante les deux albums, du moins. La singularité de l'objet provient également de ces permanentes bribes de voix, de radio ou de film, cryptées, flippantes, en ukrainien ou en russe... Quoique le dialogue sur Man Eats Girl sonne asiatique. Et qu'il ajoute un peu plus à l'atmosphère lourde et rugueuse de ce titre malade, le meilleur du disque. Alors qu'un samouraï cramé éructe, le beat se froisse et se convulse, pour finalement exploser dans de grasses saturations de guitare. Tout au long, le piano voletait, désabusé et délicat. Haven't You Seen My Brahms ? et Chaos In My Thoughts and Aria By Bach sautent de rythmiques frénétiques en phases d'ambient calmes et malsaines. L'heure est à la mélancolie trouble. Si Ache laisse toute la place à un violoncelle déchirant, A Walking Nightmare déroule une pulsation moelleuse, relevée d'une voix féminine parlée et parcourue des caresses d'une harpe. L'album s'achève sur une unique perle lumineuse, The Sun Rises Over The Ruins, qui rappelle un peu Tapage

 

Dérangeant et magnifique, Ache est une petite bombe. Il doit y avoir un truc avec la musique de r.roo, car personellement quoique qu'il fasse, ce mec me captive. Il prouve en tout cas, avec ce format court, des capacités à se renouveler sans baisser en qualité. Gardons en tête ce tout jeune label, et pour Ache, gratuit, c'est ici.

 

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par Manolito

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Stéphanie 23/09/2011 12:24


Rha..; super ce site ! :)


Heathcliff 22/09/2011 21:30


Ache (dont le seul nom suffit à résumer l'immersive ambiance de l'album) est phénoménal. Je l'ai découvert peu de temps après sa sortie, et en tant que grand fan de son premier opus, j'ai adhéré
immédiatement. C'est comme une psychanalyse d'un subconscient resté enfermé des lustres dans une cage de poussière, et qu'on expose soudainement à la lumière, enfin. Un reflet malade d'un long
extrait de vie. Au niveaux des structures, des assonances, des émotions, des styles, la liste et longue ; et l'éloge de ce bijou pourrait se continuer longtemps encore.

Mais vous l'avez déjà très bien fait, excellente chronique.