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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 10:26

Sortie : Février 2012 (première sortie : 1996)

Label : Type

Genre : Dub-techno, techno organique

Note : 8,5/10

 

Toi, l’ami autiste qui ne prend son plaisir que sur une musique sourde et omnisciente, prépare toi à prendre une leçon de dub-techno. Te voilà prévenu. L’exigeant label Type a cherché à taper fort, très fort, pour sa 100ème release. Au lieu de faire appel à une tête de gondole, le label a préféré exhumer un album méconnu de Porter Ricks, Biokinetics, sorti en 1996 sur le séminal Chain Reaction.

 

Mais comment un tel album a-t-il pu passer les années sans jamais être cité comme une référence absolue du genre ? Moi le premier, je dois bien avouer être un inconnu de Porter Ricks et lorsque j’ai écouté Biokinetics pour la première fois, j’ai cru avoir entre les oreilles un album de 2012. L’étonnement est total quand on apprend qu’il a plus de 15 ans et la leçon d’humilité est grande quand on se rend compte que Biokinetics renvoie dans la cour d’école des labels actuels de référence comme Ostgut Ton, Stroboscopic Artefacts ou encore Echochord.

D’ailleurs, c’est qui ce foutu Porter Ricks ? Il s’agit des allemands Thomas Köner et Andy Mellwig. Nos deux gaziers ont sorti trois albums à la fin des 90’s et puis rideau. Mais, non content d’avoir emprunté l’entité de Porter Ricks à Flipper le dauphin, ils ont aussi puisé leur son dans l’univers aquatique.

Pourtant, il est impossible de prédire le fait que l’on va boire la tasse alors que l’ouverture nous promet le contraire. Les 12 minutes inaugural de Port Gentil nous malaxent les neurones avec un gant de velours en imposant un rythmique métronomique tout droit sorti d’une locomotive lointaine. La lancinance s’installe avec docilité, vous prenant ainsi à revers pour le reste de l’album.

Biokinetics est un album vivant dont chaque respiration semble humaine. Implacablement, il étend son voile sur tout l’espace sonore, s’accaparant la moindre parcelle d’oxygène restante. Vous vous retrouvez la tête sous l’eau, sans échappatoire possible. La noyade étant assurée, il ne vous reste plus qu’à accepter la défaite et vous laisser couler. Les sons se répercutent sur votre corps, tentent de pénétrer votre organisme. Ne lutter pas, vous pourriez souffrir. Ainsi, de Nautical Dub à Nautical Nuba, vous vous retrouvez à errer au fond de l’eau, sans lumière pour vous guider. Etrangement, vous vous sentez bien. Cela est dû au fort pouvoir hypnotique des créations du duo.

Mais là où le duo subjugue davantage c’est dans son aspect précurseur. La techno organique et rampante n’a pas été inventée avec le Berghain, loin de là. Port Of Call ou Port Of Nuba vont vous faire gratter votre épiderme jusqu’au sang pour stopper ce putain d’eczéma qui n’en finit plus de proliférer. Si en plus, l’appel du vide se fait sentir à coups de puissantes rafales de vents, vous n’avez plus rien à faire, si ce n’est subir votre lente déliquescence.

 

Soyons clair, à l’écoute de ce Biokinetics, vous allez prendre une fulgurante leçon de dub-techno organique dans la tronche. L’album n’est pas à mettre entre toutes les oreilles, il demande une implication totale de la part de l’auditeur. On n’écoute pas Porter Ricks en dilettante, il faut vivre le trip totalement, le casque sur les oreilles, le volume au maximum. Si au bout du voyage, vous avez l’impression que vos jambes se dérobent et que votre cerveau fait de la mousseline, c’est tout à fait normal, vous venez de découvrir un chef d’œuvre.

 

http://images.hhv.de/catalog/detail_big/00264/264226.jpg

 

par B2B

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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