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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 21:54

Sortie : novembre 2010

Label : Impulsive Art

Genre : IDM, Glitch & Melancholy

Note : 8,5/10

 

Ceux qui suivent mes chroniques depuis longtemps savent toute l'admiration et le respect que je voue à Pleq, musicien polonais aujourd'hui établi à Varsovie que ses amis appellent aussi Bartosz Dziadosz. Depuis quelque temps, il semble que certains esprits aigris me le reproche. Peut-on sérieusement blâmer un artiste qui est un insatiable bourreau de travail sans jamais céder à la dispersion ? D'être plus à l'aise face au laptop ou au piano pour s'exprimer ? Certes, Pleq sort un nombre incalculable de disques par an. Pourtant, jamais la qualité ne s'en est ressentie. Je dois avouer que parmi ceux-là, je retiendrais plus particulièrement Lucid Dream, The Metamorphosis et The Fallen Love, même si My Life Begins Today paru cette année laisse entrevoir les même promesses sur le long terme. Lors de nos nombreuses conversations virtuelles et nocturnes, Pleq m'avouait récemment que Sound Of Rebirth serait sa dernière réalisation orientée vers l'IDM et l'appellation unique "Glitch and Melancholy". Il souhaite désormais se concentrer sur des projets plus axé sur le drone et des édifices encore plus expérimentaux et acousmatiques. Je suis la tristesse de Jack. En tous cas, l'excellent label Impulsive Art donne enfin l'occasion au Polonais de s'exprimer sur un label jeune mais déjà bien majeur. Souvenons nous de l'inégalable compilation Thesis, de la ré-edition en vinyle des premiers travaux d'Igorrr et des albums d'Atmogat et d'IP Neva.

 

Les aigris ne seront pas surpris si je dis que ce nouvel album est un cru exceptionnel. Jamais, Pleq n'avait bénéficié d'un tel niveau de production. Avec cette minutie et ce style si mélancolique qui le caractérise, Pleq érige des mélodies sensibles comme seul un natif de l'Europe de l'Est peut en créer. De la grisaille s'élève un coeur transi par le froid du monde, spectateur cynique des espaces décharnés. L'espoir en l'illusoire quête du bonheur est pourtant là. La musique de Pleq s'adresse plus que jamais à ceux qui ont connu l'errance et la désillusion, sentimentale ou non. A ceux qui ne se sentent pas encore assez vivants pour avoir pleinement peur de la mort. A cette génération d'hommes et de femmes qui n'a trouvé que l'art comme seul refuge à son angoisse et à son malaise. Pleq est un de ces poètes là. Poussant cette fois-ci encore plus loin l'alchimie entre compositions classiques modernes et musiques électroniques, un souffle chaud très tourné vers le jazz fait aussi régulièrement son apparition. On avait déjà constaté sur Maus (issu de The Metamorphosis) que Pleq savait de temps en temps s'adjoindre les services de voix qui prennent aux tripes. Sur les superbes Black Dog et Raindrop, Hiiro-Tent et Natalia Grosiak posent un timbre et des mots simples sur des mélodies qui n'attendaient que ça. Il y aussi des titres plus froids et plus techniques qu'on n'attendaient pas de Pleq. Comme les magistraux Hackneyed Words, The Ribbon mais surtout Integral, où aucun bleep n'est là par hasard. Que dire des trajectoires joliment naïves de I Saw Some Pretty Flowers Today ? Et de cette collaboration avec Magnitophono (The Robot Can't Swim) où le piano (si cher à Pleq) réchaufferait même le coeur de celui qui ne croit plus en rien. Nul ne s'étonnera de me voir donner ma préférence à A Very Gentle Death, dans un registre plus classique et plus convenu de la part de Pleq mais dont l'excellence inégalée dans le genre jette même à terre le plus sceptique. Tout comme le dramatique morceau qui donne son nom à l'opus, lamenti faussement répétitif où les cordes, le piano, le glitch et des éléments discrets de batterie unissent leurs larmes. Si cet album est idéal (car plus immédiat) pour se plonger dans l'oeuvre complète de Pleq, le casting au niveau des remixs est lui aussi impressionnant. Tapage apporte sa relecture de Sound Of Rebirth an ayant l'intelligence de ne jamais dénaturer l'original et de rester dans la ligne directrice et cohérente de l'album. Nebulo offre forcément un lifting bluffant et très expérimental de The Ribbon. Le génie des deux artistes pré-cités n'est plus à prouver. On est donc pas surpris de les voir apporter leur participation avec maestria. C'est pourquoi je donnerais sans doute ma préférence au splendide Raindrop du bien trop rare Spyweirdos et de son cuivre.

 

Pleq signe là un chef d'oeuvre absolu qui fera forcément partie des toutes meilleures oeuvres de l'année, n'en déplaise à certains. De par son caractère plus immédiat et grâce à une production qui rend simple à l'écoute les aspects les plus complexes, Sound Of Rebirth se doit d'être le compagnon nocturne des mélomanes mélancoliques. Bien au delà de la seule sphère électronique. Indispensable.

 

http://www.impulart.com/images/pleq1.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Neo 25/12/2010 11:00


A ce rythme là, Pleq n'est plus un artiste mais un artisan..


marc 16/12/2010 19:28


Et bien j'en salive d'avance !^^ étant déjà fan de ses travaux précédents... et merci de la découverte.


simsim 16/12/2010 10:57


Pleq fait partie des artistes que j'ai découvert grâce à ce blog et je suis vraiment fan maintenant (de Pleq ET du blog), donc merci !


Did 16/12/2010 10:17


Salut,
Merci pour cette chronique et pour nous faire découvrir des artistes!
J'adore ton site et j'y passe tous les jours.

Bonne continuation