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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 23:49

Sortie : juillet 2012

Label : Nomadic Kids Republic

Genre : Ambient, Drone, Glitch

Note : 8,5/10

 

Certains contesteront probablement le fait qu'on ne parle ici jamais assez de Pleq. Après avoir déroulé jusqu'à plus soif son concept de "glitch & melancholy", le polonais Bartosz Dziadosz a évolué vers des territoires sonores plus acousmatiques et bien plus expérimentaux. Son excellente collaboration avec la virtuose et jeune protégée de Nils Frahm : Anna Rose Carter, lui a donné une toute autre visibilité auprès d'un public plus mélomane et surtout, plus éloigné de la stricte "computer music". D'autres, avec le toujours excellent Spheruleus, Lauki ou Quinn Walker, ont également retenu l'attention. Les mieux informés évoquent même une réalisation probable et future avec la géniale Strïe. De quoi maintenir en éveil et en appétit ceux qui ne sauraient se satisfaire de l'insatiable créativité du prince du glitch polonais. La maison japonaise Nomadic Kids Republic, propriété de Ian Hawgood (encore lui), accueille aujourd'hui le travail réalisé en commun avec l'encore plus prolifique Hakobune (près de 20 albums en 2 ans). Takahiro Yorifuji jouit déjà d'une très belle assise au Japon et en Grande Bretagne, lui qui a déjà posé pour un temps ses valises chez des gens aussi respectables que Hibernate, Symbolic Interaction, Rural Colours, Somehow recordings ou encore Constellation Tatsu. Comme souvent avec NKR ou Home Normal, la réalisation est déjà presque introuvable. Une nouvelle presse est annoncée pour septembre, même si certains exemplaires sont encore chopables chez le pas trop cher et britannique mailorder Norman Records (chez qui je dépense un fric monstre actuellement).

 

Si les recettes de fabrication n'ont nul besoin d'être connues pour apprécier à sa juste valeur le résultat, on peut sans prendre trop de risques affirmer que Hakobune s'est chargé de concocter de bonnes et grasses nappes tapissées de drones pastoraux, tandis que Pleq trouvait d'improbables textures de glitch, les mystérieux field recordings métalliques et certaines basses dont il a le secret.

Adrift est réservé aux plus contemplatifs des amateurs d'ambient. S'éloignant des simples ambitions purement musicales, il doit être envisagé comme une colossale vague de lumière, comme un bain de vapeur facilitant la fixation béate d'un horizon faussement statique, pour qui saura reconnaître ce désarmant souci du détail. Car si l'ambient et le drone sont des genres linéaires par essence, ce type de soudscaping n'a pour autre volonté que d'immerger l'auditeur dans son écrin vaporeux et bienfaisant, de l'isoler du monde réel et de ses tumultes. Alors peu importe si la variété du souffle et les micro-sursauts sur la couche, prendront tout leur temps pour faire leur office.

Si The Beginning et Adrift évoquent le calme, la luxuriance et la volupté de lieux enfouis dans les airs, les vents de Storm s'acoquinent avec des intentions plus défavorables. Les ondulations se font plus amples, le climat un peu plus ambivalent même si nul ne viendra encore cette fois-ci tronçonner la lame de fond. L'éclatement du glitch introductif sur Depths of Immersion secouera l'anévrisme de l'auditeur plus absorbé qu'attentif, l'oscillo-battement des drones se fait plus nette et agglomérant. Si l'atmosphère sur ce titre se révèle plus pastorale que jamais, elle est pourtant habitée d'un nerf rongé et de vertus définitivement isolationnistes. On aura alors compris que le crescendo, vers les sentiers venteux de l'ambivalence et des flux spectraux, ne se perdra pas en route céleste. Mouvement qui trouvera son point d'orgue sur la fresque Horizon Line (que n'aurait pas renié les pensionnaires du label italien Glacial Movements), où la vision se dégrade peu à peu, révélant des mouchetis pastellisés de variation autour du blanc, jusqu'à liquéfier complètement la perception visuelle et auditive. Le collyre antihistaminique absolu pour qui souahiterait se lancer dans l'hibernation de ses propres pensées les plus gelées. Ce titre, exceptionnel, mérite à lui seul l'achat de l'ensemble. Le dosage adéquat entre isolation et hermétisme est ténu. Les deux lascars ont trouvé le point de limite.

Etrangement, ou pas d'ailleurs, l'album se refermera (The Land Unknown) sur une jungle sonore plus indomptable et donc plus sauvage, d'où s'élève une faune volatile et grillonnante. Pas forcément des plus rassurante. Les lignes de basses magnétiques et abyssales de Pleq trouveront ici un écho tout particulier. Le drone a des lentes mais certaines convulsions cardiaques, tant et tellement qu'on pense le myocarde à la limite de la rupture. Mais l'équilibre, précaire et abrupte pour l'oreille interne, tiendra son rang. Grand album, subtil et précis dans son sage mais sévère fracas.

 

Presque dans un rôle de contre-emploi, Pleq & Hakobune livre ici un album d'ambient majeur qui trouvera sa place entre le Floods de James Murray (ici) et le Tele de Pjusk (ici). Nul doute que les deux bougres ne vont pas s'arrêter là cette année. Une énième aventure électronique de grande qualité est à ajouter au crédit de Nomadic Kids Republic. 2012, grand millésime pour l'ambient.

 

http://25.media.tumblr.com/tumblr_m4mvwsuhUf1rwevwt_1338042125_cover.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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