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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 12:25

Sortie : septembre 2011

Label : Warp

Genre : IDM

Note : 6,5/10

 

Andy Turner et Ed Hanley formèrent Plaid après leur premier projet Black Dog Productions, déjà annonciateur d'un meilleur à venir. Nous sommes au début des années 90 et l'IDM se prépare à son heure de gloire. Warp fait de ce genre à part son étendard, en englobant Boards Of Canada, Aphex Twin et Autechre à l'aventure de Sheffield. Voilà pour la petite histoire, que beaucoup connaissent déjà. Pourtant, depuis toujours, Plaid fait figure de formation un rien délaissée par rapport aux autres précédemment citées. Probablement parce qu'ils n'ont jamais vraiment renoncé au "tout mélodique", aux voix venues du froid et aux instruments étranges. Trois de leurs albums, Double Figure, Rest Proof Clockwork et l'inaltérable Not For Trees font néanmoins partie des meilleures productions de l'époque.

Depuis... et bien pas grand chose. Plaid ne s'est pas renouvelé, en usant perpétuellement de très bonnes recettes forcément inchangées. Peu nombreux sont ceux qui tendirent l'oreille à leurs sorties des années 2000. Lors de l'anniversaire des 20 ans de Warp à l'auditorium de la Villette, ils furent pourtant ceux qui tirèrent le meilleur de l'installation 5.1 et du visuel associé, lors d'un live hallucinant précédant une excellente mais éreintante prestation scatologique d'AFX.

Warp, après des années d'allégresse, tente péniblement de faire croire au monde entier qu'il est encore un vrai label indépendant. Il fait des choix inquiétants en terme d'investissements pour l'avenir (exceptés Battles et peut-être l'ovniesque Gonjasufi) et amorce un virage pop un peu mou de la bite. Les vaches sacrées et béatifiées de l'époque, continuent donc de sortir des galettes chez eux, pour des raisons probablement plus contractuelles qu'humaines. Voyons donc si avec ce dernier Plaid, un soupçon de la magie d'antan peut subsister.

 

Scintilli est un bel album, et honnêtement si il était le produit d'une sombre association d'Europe de l'est, on prétendrait peut-être tenir là un soupçon de réussite. Mais cet album est juste du Plaid, pur sucre. Alors oui, Plaid c'est vachement bien. Mais vingt ans après la révélation, on s'estime en droit d'attendre plus. Un plus que beaucoup continue d'attendre de Warp alors que les vraies évolutions se trouvent ailleurs. Ceux qui lisent régulièrement ce site élitiste et moribond qui est le nôtre savent de quelles crémeries je parle.

Car oui, la dimension ouatée des textures, la customisation de l'acoustique et cette déconcertante subtilité mélodique est toujours là, comme en atteste Missing ou le très très beau 35 Summers. Ceux qui surveillent le duo depuis ses débuts auront d'ailleurs forcément un sourire narquois et amusé à l'écoute de Thank. Rien n'a changé mes bien chers frères. Mais seigneur, que tout cela résonne chiant rythmiquement aujourd'hui. Les vrilles et les sursauts de Plaid ne parviennent plus à surprendre même si ils peuvent continuer de séduire. Doit-on y voir une troublante humilité artistique ? Un souhait de ne pas se dénaturer ? Ou peut-être encore juste l'envie de continuer à faire ce qu'ils ont toujours aimé.

Le côté rugueux et écorché de Eye Robot n'est malheureusement que trop peu exploité par la suite pour laisser espérer quoi que ce soit. Que ce soit délibéré ou non, l'ensemble de l'album sonne très vintage (Unbank, Craft Nine, Founded)  même si ça et là, des preuves du fait qu'ils se sont saisis des évolutions technologies sont perceptibles à l'oreille avertie (Sömnl, Tender Hooks). Quand le rafraîchissant, cristallin, cavalier et légèrement funky African Woods pourrait nous faire légèrement dodeliner, Upgrade et ses ronronnements Edbangerien$ déjà trop périmés pour être honnêtes précipitent l'inévitable envie de passer à autre chose. Dommage, car ne fut-ce qu'un instant, l'envie d'y croire a malgré tout vécu.

 

Ne vous y trompez pas, Scintilli recèle de jolies comptines electronica majoritairement old-school. Plaid peut aujourd'hui être une vraie soupape de décompression pour les coutumiers de prods plus "harsh". Ils peuvent aussi servir de rampe de lancement vers des albums plus poussés (plus sérieux ?). Si j'étais mesquin, je dirais que Scintilli peut bénéficier du label "IDM pour les noobs". Je le suis, alors je le dis. Mais je suis aussi un grand nostalgique qui pardonne tout à ses anciennes idoles. Alors je dirais que même si ils font aujourd'hui partie des arbres cachant une forêt bien plus luxuriante qu'il n'y paraît, j'ai eu beaucoup de plaisir à avoir de leurs nouvelles.

 

images.jpg

par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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commentaires

Rabbit 11/10/2011 23:48


Tim Exile et puis surtout Leila dont le Blood, Looms & Blooms est quand-même un des plus beaux ovnis pop de ces dernières années...

Après sur Autechre ou Boards Of Canada qui continueraient de sortir des albums chez Warp par obligation contractuelle, je pense que Warp indé ou non et malgré ses réorientations douteuses reste un
label à échelle humaine, et quand on a participé à une aventureuse aussi importante pour la démocratisation de l'IDM ça crée forcément des liens d'amitié et de confiance qui dépassent ce genre de
considérations... Enfin ça n'est que mon avis.


Benk2000 11/10/2011 09:49


Ben au moins ils se sont pas mis a faire du dubstep ;)
Sinon au sujet de warp, ya aussi Tim exile dont le dernier album est quand même une réussite bizaroido-bordelique ...


Rabbit 10/10/2011 23:38


Pas mieux, d'ailleurs les plus beaux morceaux de ce Scintilli retrouvent un peu l'essence onirique de cette BO toute en mélodies troublantes (cf. Missing, Founded, Tender Hooks ou At Last).

Donc je vote pour l'humilité, ce groupe en a toujours fait preuve dans sa musique et c'est ce qui la rend aussi touchante, à l'image de ce bel album qui ne révolutionne rien mais s'avère nettement
plus intéressant et attachant qu'un Spokes.


stangrossman 10/10/2011 14:46


Bonne critique. :-) Leur coup d'éclat des années 2000 demeurera pour moi l'excellente BO de Tekkon Kinkreet...