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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 02:03

Sortie : mars 2010

Label : Glacial Movements

Genre : Ambient, Glitch

Note : 8/10

 

Pjusk est un duo norvégien, composé de Jostein Dahl Gjelsvik et Rune Andre Sagevik, qui a fait ses premières armes sur le label 12k de Taylor Deupree. Pas des moindres, car Sart et Sval sont des pépites ambient givrées comme il en existe peu. On les retrouve aujourd'hui sur le label italien Glacial Movements, à l'identité aussi parlante que marquée. La rencontre ne pouvait donc que se faire, tant les univers respectifs creusent le même sillon : hermétique et glacé. Si la chronique ne paraît qu'aujourd'hui, c'est parce qu'il a fallu longtemps à cet album pour arriver dans nos mains dans son enveloppe physique et glacée . Tele veut dire en norvégien "eaux souterraines gelées". Vaste programme peu adapté à la période presque estivale. Encore que.

 

Si Fnugg et surtout Gneis semblent entamer une descente sans cordes ni baudrier vers les profondeurs d'un glacier, l'ensemble à venir sera loin de se montrer aussi isolationniste et claustrophobique qu'on voudrait bien le croire. Avant tout parce que cet album est habitée d'une lumière blanche et aveuglante, comme on en trouve aux abord des glaciers qu'abritent les montagnes norvégiennes. L'atmosphère et les textures sont friables et suintantes. Il est recommandé de se jeter les poumons grands ouverts vers l'air pur hébergé dans ces sous-terrains. De s'abreuver des eaux qui ruissellent au creux des noeuds de stalagmites.

L'ambient pur, si il ne veut pas sombrer dans la chienlit rythmique absolue, se doit de déployer un soundscaping enivrant et enchanteur. Il peut alors s'appuyer sur des drones rugueux et massifs ou un sound design "cryogénisant" en clair obscur, comme sur le radical et oppressant Flint.

Si on pouvait déceler certaines ombres opaques d'un jazz abstrait sur Sart ou Sval, on note cette fois-ci que le duo a opté pour des echos plus dubbés, et pour une démarche gentiment psychédélique, comparable à celle de certaines oeuvres d'une autre référence ambient : le label lyonnais Ultimae.

Si les infra-basses vertigineuses de Skifer installent un climat plus déséquilibré, ce titre signe aussi dans les glaces l'épitaphe des textures oppressantes de la première moitié de l'album, pour asseoir un peu plus la dominante immaculée des textures à venir. Comme pour Krystall, où une pulsation quasi cardiaque, fera office de beat qui respire au milieu du dédale spéléologique au pays des fjords.

Granitt, et son beat inquisiteur induit une fausse piste mais ouvre la voie du contraste et des atmosphères fragiles et friables qui font la beauté de cet album, rappelant ainsi une autre réussite ambient de cette année : Floods de James Murray (ici).

Le souffle terrestre de Kram, agrémenté de guitares traitées, se joue des silences et rappelle le goût des contrées sauvages à notre bon souvenir. Il est temps de revenir à la surface ou de succomber à la sauvagerie des profondeurs comme le Jacques Mayol interprété par le sémillant Jean Marc Barr dans Le Grand Bleu. Un interlude de 2'13 suffira pour que vous fassiez votre propre choix. Le somptueux Polar, à s'y ensevelir pour une hibernation éternelle et sereine au sond des drones échappés d'un sémaphore, sur un lit de percussions exotiques et digitales. Un nectar pour l'esprit et le corps, aux vertus curatives pour ceux qui souhaitent traiter leur claustrophobie potentielle.

 

Si je devais faire un maigre reproche à cet album où rien n'est à jeter, je dirais que le mastering trop harmonieux ne laisse pas suffisamment de place à des micros éléments du second plan, qui auraient ajouté un certain contraste à l'ensemble. Pjusk signe ici une oeuvre limpide et radicale qui comptera parmi les plus belles réussites ambient de l'année. De quoi surveiller également de près les prochaines sorties de Glacial Movements. C'est pour très bientôt, avec la chronique du tout aussi abouti Descending Into Crevasse des italiens de Retina.it

 

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par Ed Loxapac

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Published by Chroniques électroniques - dans disque
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